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Économie – Social

Paris : les soldes d'été en berne et un modèle à bout de souffle

mercredi 27 juillet 2016 à 11:43 Par Samuel Aslanoff, France Bleu Paris

Moins de touristes, un risque d'attentats omniprésent et une météo maussade ont fortement perturbé les soldes d'été 2016 selon l'étude réalisée par l'observatoire économique de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris Ile-de-France. Pire, le modèle même des soldes apparait à "bout de souffle".

Après des soldes d'hiver moroses, les commerçants parisiens trouvent que les soldes d'été ont été très mauvaises.
Après des soldes d'hiver moroses, les commerçants parisiens trouvent que les soldes d'été ont été très mauvaises. © Maxppp - Sébastien Jarry

Île-de-France, France

Ce ne sont pas seulement les prix qui ont été revus à la baisse lors de ces soldes. Le moral des commerçants parisiens aussi a nettement chuté. Selon l'étude réalisée par l'Observatoire économique régional (CROCIS) de la CCI Paris Ile-de-France, le cru 2016 des soldes d'été a été particulièrement mauvais, pour des raisons conjoncturelles mais aussi structurelles.

Dans un contexte marqué par un risque d'attentats toujours élevé, le nombre de touristes reste en berne et l'Euro de football n'a pas permis d'inverser la tendance, notent les commerçants interrogés. La météo maussade du mois de juin a également plombé ces soldes.  Une tendance de fond aussi s’affirme, le mode de commercialisation apparaît dépassé par les nouvelles pratiques de consommation. Au final, "les clients sont moins nombreux, les ventes sont en baisse" remarque le CROCIS qui avait déjà fait état d'un bilan très décevant des soldes d'hiver cette année.

Ainsi 63% des commerçants se déclarent insatisfaits du chiffre d’affaires réalisé pendant les soldes de cet été 2016. Dans le détail, 17% des commerçants n’ont observé aucun surplus de chiffre d’affaires par rapport à un mois normal et au total 66% des commerçants ont réalisé un surplus de chiffre d’affaires inférieur ou égal à 20%.

Un impact de l'Euro nul pour les commerçants

La clientèle étrangère, que les commerçants espéraient voir arriver avec l’Euro de football, semble avoir déserté la région parisienne, puisque selon 89% d’entre eux, la fréquentation touristique est en baisse. Les répercussions de l’Euro 2016 sur l’activité des commerçants auront même été faibles ou nulles selon 89% d’entre eux. « D’habitude nous faisons presque un quart de notre chiffre d’affaires avec les touristes, et cette année nous avons vraiment ressenti leur absence », déplore le gérant d’une boutique de Saint-Germain des Prés. Là encore, c’est le contexte des attentats qui semble avoir dissuadé les visiteurs étrangers de faire du shopping dans la capitale, à l’exception de certaines zones très touristiques qui ont réussi à tirer tout de même leur épingle du jeu (avenue des Champs-Elysées, rue de Rivoli…).

Les ventes privées et internet  pointés du doigt

Le modèle même des soldes est de plus concurrencé. Cette saison, 50% des commerçants parisiens ont proposé des ventes privées. Ces opérations « cannibalisent » les soldes car elles sont souvent proposées juste avant la date de démarrage des soldes : un quart des commerçants ont pratiqué ces ventes privées dans la première quinzaine de juin. « Quand arrivent les soldes, les clientes ont déjà dépensé leur budget habillement, il faut bien reconnaître qu’on récolte ce qu’on sème, on a tué les soldes avec toutes ces promotions, on ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes » indique une commerçante citée par l'étude la Chambre de commerce et d'industrie. Une autre pointe du doigt la concurrence de la vente en ligne des grandes enseignes présentes sur internet.

L'enquête a été réalisée auprès de 300 commerçants parisiens du 12 au 19 juillet 2016, complétée par une centaine d’entretiens en face-à-face rue de Rennes.