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Économie – Social

Paris : quelle sanction pour les deux "éboueurs terroristes" ?

mercredi 12 septembre 2018 à 18:56 Par Nicolas Olivier, France Bleu Paris et France Bleu

Deux agents de la Ville de Paris sont convoqués ce jeudi devant le conseil de discipline de la mairie. Ils risquent la révocation pour avoir détourné un camion benne le 25 mai dans le cadre d'une action syndicale anti-Macron. La police avait cru à une attaque terroriste.

Des agents de la Propreté de la Ville de Paris, en 2017 (illustration).
Des agents de la Propreté de la Ville de Paris, en 2017 (illustration). © Maxppp - Vincent Isore

Paris, France

Leur opération commando avait mis les forces de l'ordre en alerte. Le matin du 25 mai, deux hommes masqués et grimés s'emparent d'un camion poubelle à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). L'éboueur dépossédé de son outil de travail prévient aussitôt sa hiérarchie, qui appelle la police. 

Les autorités redoutent immédiatement un attentat au camion-bélier. Le véhicule étant équipé d'un traceur GPS, il est rapidement localisé près de la place de l'Opéra à Paris. A bord, ce sont en fait deux éboueurs de la CGT qui prévoient d'aller déverser des ordures devant le siège du parti La République en Marche. Il n'en auront pas le temps. Les hommes de la BRI débarquent, les démineurs sont aussi dépêchés sur place. Interpellation musclée, garde à vue, avant que la tension ne retombe lorsque les forces de l'ordre s'aperçoivent de leur méprise.

La mairie veut faire un exemple

Pour la mairie de Paris, les faits sont graves. Mao Peninou, l'adjoint (LREM) à la Propreté demande "des sanctions sévères"."Ces deux agents et l'organisation syndicale qui les a mandatés pour le faire ont pris des risques totalement fous. A quelques secondes près cela aurait pu très mal finir. Avec le risque terroriste, on ne peut pas utiliser ce type de méthode. Le message doit être clair."

D'après la CGT FTDNEEA (Filière Traitement des Déchets, Nettoiement, Eau, Egouts, Assainissement), le directeur de la Propreté et de l'Eau réclame la révocation de ses deux agents, qui risquent donc de perdre leur travail à 56 et 58 ans, malgré une carrière sans accroc

Ils ont déjà payé pour leur bêtise

"Ce sont des piliers du garage, pas des voyous" indique Régis Vieceli, qui les défendra au conseil de discipline. "Ils ont suffisamment payé, entre l'arrestation, la journée de garde à vue, leur mise à pied depuis fin mai, et la condamnation judiciaire. Les révoquer en plus serait très grave." Devant la justice, les éboueurs ont plaidé coupable et écopé le 18 juillet d'une peine de 70 heures de travail d'intérêt général

La CGT organise un rassemblement de soutien ce jeudi à 13h30 place Saint-Gervais, derrière l'Hôtel de ville, juste avant les réunions du conseil de discipline à 14h30 et 15h30. Régis Vieceli n'hésite pas à mettre la pression sur la mairie : "s'ils décident de les révoquer, on dépose immédiatement un préavis de grève."