Économie – Social

Pas de bus sur l'agglomération de Perpignan : dépot bloqué

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Roussillon jeudi 26 mars 2015 à 8:46

Le dépôt de la CTPM bloqué depuis 4h ce jeudi matin
Le dépôt de la CTPM bloqué depuis 4h ce jeudi matin © CGT 66

Mouvement de grève ce jeudi à la CTPM à l'appel de la CGT et la CFE-CGC pour dénoncer les conditions de travail et des discriminations syndicales. Les grévistes bloquent le dépôt, aucun bus n'a pu sortir ce jeudi matin.

La CTPM, la Compagnie de Transport Perpignan Méditerranée est touchée ce jeudi par un mouvement de grève à l'appel de la CGT et la CFE-CGC. Les grévistes bloquent le dépôt des bus rue de la poudrière à Perpignan. Aucun bus n'a pu sortir . Seul 10 à 20 % du trafic est assuré par des cadres et des intérimaires avec des bus stationnés dans d'autres endroits.

"On est arrivé vers 4h30 du matin, il y a eu un mouvement de solidarité avec des salariés d'autres entreprises du département, la Poste, EAS, des cheminots... le dépôt est bloqué pour un moment. On va voir si on est reçu par la direction, on va être reçu à 11h par la préfecture. On sait que les usagers y sont pour rien, on regrette, mais on n'a pas d'autres moyens de se faire entendre par rapport à tous les problèmes dans l'entreprise" explique Franck Raynaud, délégué CGT

o k 8h CTPM Franck Raynaud

Les grévistes dénoncent l'insécurité sur le réseau (les agressions se multiplient depuis plusieurs mois), les conditions de travai l, et des sanctions disciplinaires abusives pour certains employés.Mais les syndicats dénoncent surtout une ambiance délétère au sein de la compagnie. Certains salariés seraient victimes de brimades et de sanctions "disproportionnées". La direction et le syndicat majoritaire FO sont pointés du doigt.Jean-Emile Garcia est délégué CFE-CGC à la CTPM. Selon lui les altercations et les intimidations entre employés se sont multipliées ces derniers temps. Depuis les élections professionnelles de janvier. "Ça a commencé à dégénérer il y a deux ans et ça s'est amplifié depuis janvier, il y a des règles communes à tout le monde et on demande à ce qu'elles soient appliquées à tout le monde. On a interpellé la direction, la médecine du travail, l'inspection du travail, notre direction générale, la holding, mais rien n'est fait. Ça continue, on n'a plus le choix, on est obligé de prendre nos clients en otages et on s'en excuse"

CTPM Grève 1

Aux dernières élections professionnelles de janvier, la CGT a recueilli 41% des suffrages contre 43% pour FO. Depuis les partisans des syndicats CGT et CFE-CGC sont victimes d'intimidations voire de violence de la part de leurs collègues selon Franck Ranynaud :  "On arrive au bout, les collègues sont usés psychologiquement , les arrêts de travail se multiplient, ça devient intenable. D'un côté,  nos collègues CGT ont des comptes à rendre tout le temps et de l'autre rien. On a déposé des mains courantes, pour altercations, menaces, intimidations, c'est grave ! On peut ne pas être d'accord, mais quand un salarié éprouve le besoin d'aller porte plainte contre un collègue c'est que c'est grave. On a atteint un seuil, c'est intenable "

CTPM grève 2

Du côté de Force Ouvrière, on dément toute forme de harcèlement et on affirme que l'ambiance est sereine à la CTPM.La direction de la CTPM précise de son côté qu'elle reste à la disposition des syndicats pour "poursuivre le dialogue social et maintenir la continuité du service public".

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