Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Pauvreté : un ménage sur cinq accueilli par le Secours catholique vit sans aucune ressource

jeudi 9 novembre 2017 à 7:46 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le Secours catholique publie ce jeudi son rapport annuel sur la pauvreté. Les familles accueillies par l'association sont de plus en plus pauvres. En 2016, une famille sur cinq accueillie vit sans aucune ressource. De très nombreuses familles ne touchent pas les aides auxquelles elles ont droit.

Selon le Secours catholique, les familles pauvres sont de plus en plus précaires.
Selon le Secours catholique, les familles pauvres sont de plus en plus précaires. © Maxppp - Thierry Gachon

Le Secours Catholique publie ce jeudi son rapport annuel sur l'état de la pauvreté en France. Selon ce rapport, un ménage sur cinq accueilli au sein de l’association n'a aucune ressource. L'enquête révèle également que les plus pauvres sont toujours plus pauvres et victimes de préjugés. En 2016, l'association a accueilli quelque 1,5 million de personnes, dont près de la moitié sont des enfants.

Neuf millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté

L’association signale également que les personnes accueillies sont de plus en plus pauvres. Avec un revenu mensuel moyen qui a augmenté de seulement trois euros en six ans (passant à 548 euros en 2016, soit largement en-dessous du seuil de pauvreté fixé à 1.015 euros par mois), et face à une hausse constante du coût de la vie notamment du logement et de l'énergie, les plus pauvres se paupérisent toujours plus. Selon l'Insee, 9 millions de personnes vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté en France.

La proportion des ménages sans aucune ressource est en augmentation : un ménage sur cinq accueilli par le Secours catholique en 2016 est concerné. Ces ménages sont pour 53% d'entre eux des étrangers sans statut légal stable, qui n'ont pas le droit de travailler, ni de bénéficier des aides sociales.

Les familles pauvres de plus en plus précaires

"Les enfants sont désormais majoritaires dans nos accueils", souligne le secrétaire général du Secours catholique Bernard Thibaud, qui signale une "précarisation croissante des familles". La majorité de ces enfants (55%) vivent au sein de familles monoparentales, et 44% d'entre eux sont sous la responsabilité d'un adulte d'origine étrangère. Mais les enfants vivant avec leurs deux parents n'ont pas non plus été épargnés: en 2016, les couples avec enfants ont représenté 24,2% des ménages accueillis, soit une augmentation de deux points en cinq ans. "En raison de la précarisation de l'emploi et du chômage de masse, le fait d'être en couple ne protège plus autant de la pauvreté que par le passé", explique M. Thibaud.

De nombreuses familles pauvres ne connaissent pas leurs droits

Selon Bernard Thibaud, les préjugés envers les pauvres se sont aggravés au cours des deux dernières années, minant la cohésion sociale. "On dit qu'ils profitent du système mais ils sont nombreux à ne même pas connaître leurs droits", fait valoir le Secours catholique. Selon l'association, 31% des ménages français ou étrangers éligibles aux allocations familiales n'en touchent pas. Il y a également 40% de non-recours au Revenu de solidarité active (RSA) en 2016, contre 38% en 2015. Selon l'Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), pour le seul RSA, 5,3 milliards d'euros ne sont pas versés à des ayants droit. Le non-recours à la couverture maladie universelle complémentaire et à l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé représenterait 800 millions d'euros non versés. "Ces pourcentages extrêmement élevés, et préoccupants, battent en brèche les préjugés et idées reçues colportées sur les personnes en situation de précarité. Une partie d'entre elles, importante, n'a pas accès à ses droits; par méconnaissance, par difficulté d'accès à l'administration mais aussi par honte et autocensure", explique le Secours catholique.