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Payer ses impôts chez un buraliste sarthois, c'est désormais possible, au grand dam des syndicats

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Par , France Bleu Maine

Dès ce mardi 28 juillet, il est désormais possible d'aller régler ses impôts, de payer une amende ou bien une facture de crèche dans une cinquantaine de bureaux de tabac sarthois. Une diversification bienvenue pour les buralistes sarthois agréés, un abandon de l'Etat selon les syndicats des impôts.

En Sarthe, on peut désormais payer ses PV et divers impôts au bureau de tabac.
En Sarthe, on peut désormais payer ses PV et divers impôts au bureau de tabac. © Radio France - Nicolas Blanzat

Après une première vague d'expérimentation nationale, une cinquantaine de bureaux de tabac sarthois sont agréés pour recevoir, dès ce mardi 28 juillet, les paiements des impôts nationaux et locaux : amendes, avis de cantine, de crèche ou encore d'hôpital. Le service s'inscrit dans la vague de diversification d’activités menées par les buralistes, au grand dam des syndicats des Finances publiques, qui y voient une nouvelle étape dans la fin des trésoreries de proximité.

Des buralistes formés et agréés  

Ce nouveau service est assuré par des buralistes ayant reçu une formation avant, et un agrément. Tout se fera dans la plus stricte confidentialité, assure Laurence Proust, la représentant des buralistes sarthois : "le client aura un QR code, qu'il nous présente. On le scanne via le lecteur de la Française des Jeux et le client paye. Les chèques ne sont pas pris, seulement la carte bancaire ou des espèces dans la limite de 300 euros. C'est une histoire de confiance, les buralistes sont formés avant." Attention, la mise en service est progressive et dépend de la présence du "code Datamatrix" (ou QR code) présent sur les factures.

Ça va dans le sens des services qu'on rend déjà

La buraliste de Sablé-sur-Sarthe met en avant la facilité d'accès aux bureaux de tabac, grâce à des horaires d'ouverture très large, et leur rôle de proximité : "ça s'est vu pendant le confinement, les gens venaient pour tout autre chose que le tabac ! On a un maillage très solide en Sarthe, autant le mettre au service des gens." Une mission de plus, qui vient s'ajouter à une longue liste : "les timbres postes, les comptes Nickel avec la Banque de France, ou encore les relais colis, détaille Laurence Proust. Ça n'est pas une charge, loin de là ! Ça fait partie de notre ADN."

Une logique de proximité également mise en avant du côté de la DDFIP Sarthe (Direction Départementale des Finances Publiques) : "nos services seront toujours ouverts, mais avec les buralistes, on propose une offre d'une plus large amplitude horaire et territoriale."
La liste (actualisée et mise à jour) des buralistes agréés en Sarthe est disponible en cliquant sur ce lien.

Les syndicats des Finances publiques vent debout contre ce nouveau service 

La CGT des Finances publiques ne l'entend pas de cette oreille. Sa représentante, Marie-Claude Lougnon, pointe déjà une dégradation de la prise en charge des contribuables : "avec ce nouveau système, impossible de demander des délais de paiement, impossible de se faire expliquer sa feuille d'impôts. Il n'y aura plus de contacts avec des agents assermentés, qui appliquent une équité entre les contribuables." Pour elle, impossible également de préserver la confidentialité liée au paiement des impôts : "aux services des impôts, on est reçus dans des box : seul le caissier sait pourquoi on vient payer. Chez le buraliste, ça me paraît compliqué !"

Autre grief du côté du syndicat : la privatisation du recouvrement, jusque-là gratuit. "Un buraliste va recevoir 1 euros 50 hors taxes à chaque transaction. La Française des Jeux elle aussi va être rémunérée pour l'utilisation de ses terminaux, même si on ne connaît pas le montant qui lui est payé par l'Etat. D'un recouvrement gratuit, on passe à une situation où l'Etat va payer des sociétés privées pour recouvrer un impôt local ou national."

On donne au privé quelque chose qu'on faisait très bien jusqu'ici

La mesure signe, selon Marie-Claude Lougnon, une nouvelle attaque contre les services des impôts et les petites trésoreries de proximité : "Sur la Suze, et Montval-sur-Loir, où actuellement on a une trésorerie, on ne pourra plus aller payer en espèces, alors que c'est encore le cas actuellement. Ça s'appelle "l'opération zéro cash". On ne paiera plus qu'en carte bancaire. C'est une manière de vider les trésoreries de leur mission. Ils vont faire des économies de personnel, ce qui justifiera ensuite de la fermeture des trésoreries." 

Enfin, l'expérimentation de trois mois menée dans 18 départements n'est pas concluante à leur yeux. La CGT avance en effet le chiffre de1150 encaissements enregistrés dans 561 points de vente. "Ça veut dire que chaque buraliste a enregistré 2,04 paiements en 3 mois, ce qui n'est absolument pas probant", conclut Marie-Claude Lougnon.

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