Économie – Social

Pénurie de boulangers en Sarthe

Par Maïwenn Lamy, France Bleu Maine vendredi 21 avril 2017 à 4:32

Pour être boulanger, il faut être prêt à se lever au milieu de la nuit et à travailler les weekends et les jours fériés.
Pour être boulanger, il faut être prêt à se lever au milieu de la nuit et à travailler les weekends et les jours fériés. © Radio France - Maïwenn Lamy

Pôle Emploi ne parvient plus à recruter de boulangers-pâtissiers. En ce moment 11 offres ne trouvent pas preneur sur le site de l'agence, faute de candidats.

"Quand on a une demande de boulanger/boulangère, c'est assez difficile de satisfaire les besoins de l'entreprise parce que les candidats sont déjà en poste ou qu'ils n'acceptent plus les conditions de travail", explique Christelle Dexant, la responsable du service entreprise de l'agence Pôle Emploi Le Mans-gare qui a lancé l'alerte.

Se lever à 4 heures, même le samedi ou le dimanche.

Pour être pâtissier ou boulanger, il faut effectivement accepter beaucoup de contraintes, concède Tom, 19 ans, qui prépare un diplôme en pâtisserie au lycée Hélène Boucher au Mans : "Les horaires sont très contraignants, c'est sûr qu'on n'aura pas de Noël avec la famille". Sans parler des jours fériés, il faut également être prêt à se lever à 4 heures du matin, même le samedi ou le dimanche !

On les retrouve malheureusement dans les usines où ils ont leurs weekends et leurs jours fériés. Hervé Courtat, de la Fédération des boulangers de la Sarthe.

Hervé Courtat, président de la fédération des boulangers de la Sarthe forme de nombreux apprentis dans sa boulangerie au Mans, Le Père pain pain. Il constate que les jeunes sont nombreux à abandonner le métier après quelques années de pratique : "Le métier de la boulangerie n'est pas forcément le métier où l'on peut concilier la vie professionnelle ou la vie familiale, ce n'est pas facile. On les retrouve malheureusement dans les usines où ils ont leurs weekends et leurs jours fériés."

Un appel d'air créé par les boulangeries industrielles

Pour Hervé Courtat comme pour Christelle Dexant, l'ouverture de nombreuses chaînes de boulangeries autour du Mans comme Paul, Ange, ou Feuillet pourrait également expliquer ce manque de main d'œuvre. "Cela représente 4 ou 5 boutiques. Si elles ont toutes embauché 4 ou 5 personnes, cela représente tout de suite 25 boulangers. Ça peut faire un appel d'air", reconnaît le boulanger.

Hervé Courtat n'est pas inquiet pour autant. Selon lui il s'agit d'une pénurie temporaire. Rien qu'au CFA du Mans, une centaine de jeunes boulangers s'apprêtent à arriver sur le marché de l'emploi au mois de juin.