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Économie – Social

A Sablé-sur-Sarthe, la méthode Charal pour faire face à la pénurie de main d'oeuvre

lundi 14 mars 2016 à 12:40 Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine et France Bleu

Les métiers de la viande ont besoin de personnel mais ont du mal à trouver de la main d’œuvre qualifiée, dans un secteur difficile dont l’image est souvent mauvaise. Pour tenter de s'en sortir, l'abattoir Charal de Sablé-sur-Sarthe mise sur la formation d’ouvriers dans sa propre usine.

Nadège et Jérémie terminent leur formation au mois de mai
Nadège et Jérémie terminent leur formation au mois de mai © Radio France - Bertrand Hochet

Trouver du personnel pour abattre, découper et conditionner 1.500 bovins et 7.000 porcs par semaine est devenu très compliqué : « personne ne naît avec une envie de travailler dans un abattoir », résume Sandrine Guillo. La responsable des ressources humaines de l’usine Charal de Sablé-sur-Sarthe reconnait que les conditions de travail sont difficiles : « les opérateurs travaillent dans le froid, ils sont confrontés au sang, aux carcasses, aux viscères des animaux… »

C’est donc dans le but de contourner ces obstacles qu’un programme de recrutement et de formation est en cours. Après une première session l’année dernière, sept hommes et deux femmes terminent fin avril un apprentissage qui aura duré un semestre. Cette formation est encadrée notamment par un tuteur choisi parmi le personnel expérimenté de l’usine. Nadège, 39 ans, qui a auparavant travaillé dans le commerce et chez le volailler LDC est actuellement formée au conditionnement de la viande chez Charal. Elle témoigne : « maintenant, je suis seule car ça se passe très bien mais si j’ai un doute, j’appelle mon formateur et on voit ça tous les deux ».

Cet apprentissage de six mois est rémunéré. Les stagiaires touchent un peu plus qu'un SMIC brut. La formation comprend un tiers de théorie pour deux tiers de pratique avec une évaluation régulière et un examen final portant notamment sur l'hygiène et la sécurité. A la clé : la possibilité d’une embauche en CDI. C’est le souhait de Jérémie : « Je ne pensais pas travailler dans un abattoir, j’ai tout de suite aimé », explique le jeune homme de 25 ans sans diplôme.

La perspective d'un CDI

Lors de la dernière session, six des neufs stagiaires ont décroché un contrat à durée indéterminée. Ce dispositif est devenu quasiment le seul moyen de recrutement chez Charal, constate la responsable des ressources humaines de l’usine de Sablé-sur-Sarthe : « ça marche très bien. 80% des effectifs formés arrivent à être embauchés ». Cette formule assure aussi la pérennité de l’entreprise. « Elle permet de ne pas perdre les compétences au sein de l’usine dont l’effectif est vieillissant. Nos séniors sont les principaux formateurs des jeunes qui arrivent », explique Sandrine Guillo. Une prochaine session de formation est organisée à partir du mois de mai.

Sandrine Guillo: "attirer les jeunes vers la filière viande peu valorisée"

Charal – Sablé sur Sarthe en chiffres:

  • 420 salariés
  • 1.500 bovins abattus par semaine
  • 7.000 porcs abattus par semaine
  • 85% des animaux viennent d’un rayon de 150 km
  • maison mère : le groupe Bigard (présent aussi à Cherré, dans le Nord Sarthe)
  • le site existe depuis 1971 (au départ sous un autre nom)
Charal emploie plus de 400 personnes à Sablé-sur-Sarthe - Radio France
Charal emploie plus de 400 personnes à Sablé-sur-Sarthe © Radio France - Bertrand Hochet