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Économie – Social

Pénurie de saisonniers sur le littoral de Charente-Maritime

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Par , France Bleu La Rochelle

Où sont passés les étudiants ? De nombreux professionnels du tourisme des deux Charentes se posent la question, obligés d'affronter la saison sans la totalité du personnel nécessaire. Illustration à Ronce-les-Bains dans la presqu'île d'Arvert.

"Recherche serveurs pour la saison". Des affichettes comme celle-ci fleurissent sur les devantures de nombreux établissements de la Charente-Maritime. "On ne reçoit même pas de CV" se désolent les professionnels.
"Recherche serveurs pour la saison". Des affichettes comme celle-ci fleurissent sur les devantures de nombreux établissements de la Charente-Maritime. "On ne reçoit même pas de CV" se désolent les professionnels. © Radio France - Julien Fleury

Ronce-les-Bains, La Tremblade, France

"Recherche désespérément du personnel motivé!" Le SOS figure dans une publicité publiée dans le journal Sud-Ouest par les commerçants de Ronce-les-Bains. L'opération de la dernière chance, alors que la saison débute en fanfare. A Ronce, l'association des commerçants a recensé 35 postes vacants sur une vingtaine d'établissements de cette petite station balnéaire de la presqu’île d'Arvert.

"Ici dans ce bar, il y a quatre postes à pourvoir au minimum, décrit Julien Varachaud, loueur de vélos à Ronce-les-Bains. Dans le restaurant à côté, il leur faut deux personnes. Dans un autre restaurant, ils cherchent quatre personnes. A l'hôtel du bout de la rue, il leur en faut cinq." Une pénurie de saisonniers généralisée sur notre littoral, mais ici à Ronce-les-Bains, ça n'a jamais été aussi grave.

Julien Varachaud a fait le compte parmi ses voisins de Ronce-les-Bains : sur une vingtaine d'établissements, 35 emplois saisonniers son vacants. Du jamais vu dans la petite station balnéaire. - Radio France
Julien Varachaud a fait le compte parmi ses voisins de Ronce-les-Bains : sur une vingtaine d'établissements, 35 emplois saisonniers son vacants. Du jamais vu dans la petite station balnéaire. © Radio France - Julien Fleury

"On est dans un système d'assistanat"

"Avant, les gens se battaient pour pouvoir travailler quelque part, maintenant on se bat pour pouvoir trouver du monde" constate Julien Varachaud qui pointe un phénomène de société : "C'est une réflexion personnelle mais je trouve qu'on est dans un système d'assistanat. Est-ce que les gens ont vraiment envie de sortir de chez eux pour 300 euros de plus que s'ils restent à la maison avec les indemnités de Pôle emploi ?"

Pour Julien Varachaud, ce n'est pas seulement un problème de logement : "on ne reçoit même pas de CV !" Au restaurant La Grallée, c'est un poste de serveur et un autre de plongeur qui n'ont pas trouvé preneurs. Manon et Sylvain, les patrons se débrouillent comme ils peuvent: "Mes serveurs font de la plonge, explique Manon. Moi je suis en salle et en cuisine. Mon mari qui normalement est en cuisine, passe en salle et à la plonge. On est tous très polyvalents ! Après, il faut que la saison se fasse..."

Manon et Sylvain tiennent la Grallée, restaurant de Ronce-les-Bains. Ils peuvent compter sur Chloé, saisonnière fidèle. Mais deux postes, à la plonge et au service, restent vacants. "On est obligés d'être hyper polyvalents !" - Radio France
Manon et Sylvain tiennent la Grallée, restaurant de Ronce-les-Bains. Ils peuvent compter sur Chloé, saisonnière fidèle. Mais deux postes, à la plonge et au service, restent vacants. "On est obligés d'être hyper polyvalents !" © Radio France - Julien Fleury

Du chiffre d'affaires en moins

Le problème, ce sont aussi des temps d'attente allongés pour les clients. Chez Fabrice, qui tient un snack dans la rue piétonne, c'est le poste de pizzaïolo qui saute : "au lieu de faire des pizzas pendant cinq heures le soir, on en fait que pendant deux heures" peste Fabrice qui voit s'envoler une partie de son chiffre d'affaires.

Il y a aussi la fatigue physique des patrons : "On commence à sept heures et demie le matin, précise Fabrice, et on ferme à trois heures du matin après le ménage. J'ai 59 balais. A un moment donné, moi ça ne va pas le faire" prévient celui qui cherche déjà une reconversion dans un autre secteur plus reposant. "C'est dommage parce que Ronce est une station balnéaire super, avec un passage extraordinaire."

"Où sont les jeunes ?" se désole Fabrice, patron du snack de la rue piétonne de Ronce-les-Bains. Il cherche toujours deux saisonniers. En attendant, les fours à pizza tournent au ralenti. Et l'homme de 59 ans enchaîne les journées de 18 heures. - Radio France
"Où sont les jeunes ?" se désole Fabrice, patron du snack de la rue piétonne de Ronce-les-Bains. Il cherche toujours deux saisonniers. En attendant, les fours à pizza tournent au ralenti. Et l'homme de 59 ans enchaîne les journées de 18 heures. © Radio France - Julien Fleury

"Où sont les jeunes ?"

"Où sont les jeunes ?" se désole Fabrice, qui reconnaît proposer des emplois pénibles. Mais accessibles à tous, même sans aucune formation. Si vous êtes intéressé par un emploi saisonnier à Ronce-les-Bains, il faut envoyer son CV à Fest'Ronce, l'association de commerçants : (festronce@free.fr). Le secteur du tourisme emploie 16.700 personnes dans les deux Charentes, selon une récente étude de l'Insee.

Ronce-les-Bains, petite station balnéaire bien fréquentée par les familles. "C'est super, mais on n'a personne pour travaille" se désole un restaurateur. - Radio France
Ronce-les-Bains, petite station balnéaire bien fréquentée par les familles. "C'est super, mais on n'a personne pour travaille" se désole un restaurateur. © Radio France - Julien Fleury