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Économie – Social

« On peut appeler ça un fiasco » : Frédéric Chantrelle, ex-délégué CFDT à Whirlpool, évoque la reprise du site par WN

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Par , France Bleu Picardie

Le repreneur de l'usine, l'industriel samarien Nicolas Decayeux, est en difficulté de trésorerie. Il va déposer en début de semaine prochaine une demande de placement en redressement judiciaire auprès du Tribunal de Commerce d'Amiens.

Frédéric Chantrelle, ex-délégué CFDT à  Whirlpool (à gauche)
Frédéric Chantrelle, ex-délégué CFDT à Whirlpool (à gauche) © Maxppp - Fred Haslin

Amiens

L’usine Whirlpool d’Amiens a fermé il y a quasiment un an jour pour jour, le 31 mai 2018. Après l'annonce mardi par la préfecture de la Somme des difficultés de trésorerie de l'entreprise WN, Frédéric Chantrelle redoute le même scénario pour le repreneur et ses 160 salariés. L’ex-délégué CFDT de Whirlpool était l’invité de France Bleu Picardie.

"Il va encore y avoir de la casse sociale"

L’entreprise WN devait fabriquer des casiers réfrigérés, des batteries électriques, des voitures sans permis et des cages d’ascenseur. Mais la production serait quasiment nulle selon Fréderic Chantrelle, ex-délégué CFDT de Whirlpool : "Vu la conjoncture actuelle, on redoute de nouvelles suppressions d’emploi. Depuis la création de WN, il ne se passe rien. Aucun des produits prévus n’est sorti de l’entreprise. Sur le papier, le projet de reprise de Nicolas Decayeux était solide. On y a cru. Mais avec le recul, je me dis que les autorités n’ont peut-être pas été assez regardantes sur de dossier de reprise. Comment un repreneur peut arriver sans contrepartie ? On lui a laissé carte-blanche. Il a reçu près de 12 millions d’euros de la part de Whirlpool et de l’Etat et ça, sans aucune garantie. Je pense qu’il fallait rapidement trouver un repreneur, Whirlpool se débarrassait du dossier, les élections  présidentielles étaient passées : tout le monde s’en lavait les mains. Derrière, _il va encore y avoir de la casse sociale._"

Frédéric Chantrelle se questionne aussi sur la destination des fonds alloués au repreneur : _"Comment cet argent-là a pu être dilapidé en 12 mois ? Cet argent a payé des salaires, mais les salaires d’ouvriers ne sont pas gros chez WN. On fera les calcul à la fin : on va demander à ce que tout soit mis sur la table. Mais ce qui m’embête là-dedans, c’est que c’est encore un dossier de repreneur qui part en lambeaux."_

"Tout devient noir alors que tout était beau"

Nicolas Decayeux affirme être en négociation avec des partenaires sérieux pour développer notamment ses casiers réfrigérés. Mais Frédéric Chantrelle est sceptique : "On a tellement entendu des bonnes paroles… J’ai envie d’y croire, mais on sait que peu d’entreprises s’en sortent quand elles passent par la case tribunal de commerce. Si on avait dû s’en sortir, on s’en serait sortis avant. Pourquoi avec une telle publicité, la venue d’un président de la République, tous les médias de France et de Navarre étaient là. Pourquoi on n’a pas eu de contrats ? C’est ce qui nous inquiète avec mes collègues délégués syndicaux. Comment se fait-il qu’on n’ait pas décroché de contrat au niveau territorial ?" 

Mais Frédéric Chantrelle refuse de mettre uniquement en cause Nicolas Decayeux. "Est-ce que tout le monde a joué le jeu ? Est-ce que l’Etat et les collectivités ne lui ont pas fait croire monts et merveilles ? Selon ses dires, tout le monde le lâche. Les salariés ont l’impression de revivre ce qu’ils ont vécu il y a un an ; quand ils ont reçu leur lettre de licencient de Whirlpool.  Les salaires vont être décalés d’une semaine. Ils sont très inquiets sur leur avenir et la pérennité du site. On peut appeler ça un fiasco. Tout devient noir alors que tout était beau."

L’interview complète de Frédéric Chantrelle est à réécouter ici.

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