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"On peut perdre 40% du chiffre d'affaires annuel" : les parcs animaliers de la région sont à la peine

Les parcs animaliers du Centre-Val-de-Loire demeurent fermés pendant le confinement. Aucun visiteur, donc, pendant ces vacances de Pâques qui étaient supposées faire venir beaucoup de public. Face au manque à gagner, comment les parcs s'en sortent-ils ?

Un couple de lions au zoo de Beauval (Loir-et-Cher)
Un couple de lions au zoo de Beauval (Loir-et-Cher) © Radio France - Cyrille Ardaud

C’est le site touristique le plus visité de notre région : le Zooparc de Beauval attendait des milliers de visiteurs au printemps, et les pertes sont déjà colossales, explique le PDG, Rodolphe Delord. "Au 1er mai, les pertes seront déjà de l’ordre de 15 millions d’euros - au moins 12 millions sur avril et trois millions sur mars. Heureusement, on a reçu des visiteurs en février, mais si on ne rouvre pas en mai, j’estime que ce sera environ 40% du chiffre d’affaire annuel qui va manquer, un manque à gagner de pratiquement 30 millions d'euros."

Il y a 40 ans que maman a ouvert Beauval au public, ce devait être l'année de tous les records - Rodolphe Delord, PDG du Zooparc de Beauval

Un manque à gagner d’autant plus important qu’en février, le parc a inauguré en grande pompe son dôme tropical. Une structure immense pour un investissement de 40 millions d’euros. Et l'année s’annonçait très prometteuse. "Cette année est l'année de nos 40 ans. Il y a 40 ans que maman a ouvert Beauval au public. Ce devait être l’année de tous les records, mais ce ne sera pas le record que j’escomptais..."

A 50 kilomètres de là, dans l’Indre, la réserve de la Haute-Touche, elle aussi, attendait beaucoup de ce début de saison. Elle était censée rouvrir le 4 avril après sa fermeture hivernale, ce qui n'a évidemment pas été possible. "C’est sûr que c’est une perte de recettes et de visites très importantes. Arrivé mi-mai, fin-mai, on aurait dû presque faire notre tiers de visiteurs de la saison, donc quelque 20 000 entrées probablement dans cette première phase d’ouverture", détaille Roland Simon, le directeur de la réserve.

On peut s'inquiéter pour nos budgets à venir - Roland Simon, le directeur de la réserve de la Haute-Touche

Heureusement, ce n'est pas insurmontable car la réserve de la Haute-Touche dépend de financements publics, via le Muséum national d'histoire naturelle. Mais les pertes auront forcément un impact : "Bien sûr, on peut penser qu'ultérieurement, il faudra faire de grosses économies.  On peut s'inquiéter pour nos budgets à venir. L'avenir nous le dira."

De son côté, le Zooparc de Beauval peut compter sur une solide trésorerie : "nous sommes une structure aux reins solides", assure Rodolphe Delord. Mais il le sait : il devra aussi se serrer la ceinture. "Je ne voudrais pas être obligé de freiner nos soutiens aux programmes de conservation de la biodiversité un peu partout sur la planète, ni de freiner le développement de Beauval. Nous avons plusieurs gros projets dans le futur, et cela pourrait les décaler d'un ou deux ans."

On est presque capable de rouvrir du jour au lendemain - Roland Simon

Pour compenser, Rodolphe Delord a mis 400 de ses employés au chômage total et 175 au chômage partiel. Restent 200 personnes sur place, pour s'occuper des bêtes et des infrastructures. "Les animaux ne souffrent absolument pas de la fermeture du parc, ils reçoivent exactement les mêmes soins. C’est pour ça que nous avons environ 200 soigneurs, vétérinaires et biologistes sur place ; mais aussi des services techniques et de maintenance parce qu’il faut entretenir les installations et les espaces verts, pour pouvoir rouvrir dès qu’on le pourra."

Même schéma à la Haute-Touche, explique Roland Simon : "Nos équipes sont composées à la fois des animaliers et de l’équipe technique, on fait au mieux pour assurer l’entretien du parc, les tontes de pelouse, la mise en ordre des chemins… On est presque capable de rouvrir du jour au lendemain, il faut simplement prévoir quelques jours de formation pour nos saisonniers en caisse." Tous n'attendent que cela : la réouverture au public. Mais quand aura-t-elle lieu ? Impossible à dire pour l'heure.

Les animaux viennent me voir plus souvent - Rodolphe Delord

En attendant, la vie suit son cours parmi les pensionnaires des parcs. A la Haute-Touche, les quelque 1500 spécimens "réagissent très bien" à l'absence de visiteurs, "puisque de toutes façons le parc n'a pas rouvert. Donc c’est un continuum de tranquillité hivernale qui se poursuit. Et en ce moment, on observe pas mal de naissances. C'est le printemps !" sourit Roland Simon.

A Beauval, Rodolphe Delord évoque "une ambiance particulière : "les animaux viennent me voir un peu plus, parce que certains, comme les félins, les grands primates et les hippopotames, aiment voir du public. Je vois mes animaux différemment, je suis dans Beauval toute la journée, sans visiteurs et c’est assez étrange, c’est assez particulier."

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