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Économie – Social

Plan pauvreté : l'expérience de La Fabrique à Bulligny, sans doute élargie à d'autres territoires

jeudi 13 septembre 2018 à 5:05 Par Isabelle Baudriller, France Bleu Sud Lorraine

L'expérimentation du dispositif "Territoires zéro chômeur" lancé début 2017 dans la communauté de communes de Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle) devrait figurer dans le plan pauvreté présenté ce jeudi par Emmanuel Macron. Ici, 62 chômeurs de longue durée ont retrouvé travail et sourire.

L'entreprise à but d'emploi La Fabrique compte aujourd'hui 62 salariés
L'entreprise à but d'emploi La Fabrique compte aujourd'hui 62 salariés © Radio France - Isabelle Baudriller

Bulligny, France

Le dispositif "Territoires zéro chômeur", expérimenté depuis janvier 2017 dans le pays de Colombey-les-Belles et dans 9 autres territoires de France, devrait être étendu à d'autres régions. C'est l'une des mesures attendues dans le plan pauvreté qu'Emmanuel Macron va présenter jeudi 13 septembre à Paris. Principe de ce dispositif : réaffecter le coût du chômage au financement de vrais emplois. Il s'adresse aux chômeurs de longue durée qui sont embauchés en CDI dans une "entreprise à but d'emploi" en fonction de leurs compétences et rémunérés au SMIC. 

A Bulligny, non loin de Toul, cette entreprise s'appelle La Fabrique et elle emploie aujourd'hui 62 personnes dans un territoire qui compte environ 300 chômeurs de longue durée. Les domaines d'activité ? Maraîchage, bûcheronnage, apiculture, fabrication de matelas en laine ou encore recyclerie. 

Au sein de la recyclerie, Linda Luzi, 57 ans, ancienne infographiste, rénove des fauteuils et décore des meubles. C'était son rêve depuis deux ans. "Seule, je n'aurais pas pu me lancer", explique-t-elle. "Quand on trouve un travail, on est tellement content qu'on fait un peu ce qu'on nous propose, sans pour autant adhérer. Alors que là, c'est vraiment notre projet." 

On est aidé, soutenu. C'est vraiment très bien pour ça" - Linda Luzi, salariée de La Fabrique

Yannick Vermion et son collègue Jean-Claude Depetasse, dans l'atelier menuiserie de La Fabrique - Radio France
Yannick Vermion et son collègue Jean-Claude Depetasse, dans l'atelier menuiserie de La Fabrique © Radio France - Isabelle Baudriller

A son arrivée il y a un an, Jean-Claude Depetasse, 48 ans, menuisier, a commencé par fabriquer des "caisses à patates". "On a tapé du clou !", sourit-il avant d'ajouter : "Maintenant, on est bien. On est une super bonne équipe. Ça tourne, il n'y a pas de prise de tête. On est tous sur un pied d'égalité". Un esprit que partage Yannick Vermion, 43 ans, également menuisier. "J'ai été obligé d'arrêter mon travail précédent à cause de problèmes de santé. Je ne pouvais plus donner la quantité. La qualité est là mais plus la quantité. Et je voulais rester dans le domaine de la menuiserie parce que je fais ça avec mon cœur."

Motivation et productivité

L'entreprise s'adapte à ses salariés et non l'inverse. Voilà la clé du succès selon le directeur de La Fabrique. "Il y a d'autant plus de motivation que les personnes exercent le travail qu'elles ont envie de faire", souligne Bertrand Deligny. "Du coup, on retrouve des productivités qu'on pourrait attendre d'une entreprise classique". Les salariés de La Fabrique ont une moyenne d'âge de 45 ans. Pour la plupart, ils sont passés par quatre ans et demi de chômage avant d'arriver là. 

Nul doute pour Bertrand Deligny que l'expérience "Territoires zéro chômeur" mérite d'être étendue : "On crée des activités qui sont utiles au territoire et utiles aux salariés. Petit à petit, ils se reconstruisent. Et c'est un gros avantage de partir de ce que souhaitent les gens et de leurs savoir-faire. Il y a vraiment une plus-value pour les territoires et les salariés."