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Plan social chez Akka : "Cette stratégie me désole" (Joseph Carles, maire de Blagnac)

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Par , France Bleu Occitanie

INTERVIEW - Le maire de Blagnac, dans l'agglomération de Toulouse, réagit à l'annonce du groupe d'ingénierie aéronautique Akka qui prévoit 900 suppressions de postes. La plupart sont situés en Occitanie et sur le site de sa commune.

Joseph Carles, maire de Blagnac, dans le studio de France Bleu Occitanie
Joseph Carles, maire de Blagnac, dans le studio de France Bleu Occitanie © Radio France -

En confirmant la suppression de près d'un millier de postes en France, le groupe d'ingénierie Akka, côté en bourse et qui affiche un chiffre d'affaire annuel de plus de deux milliards d'euros, a jeté un nouveau coup de froid sur le secteur aéronautique toulousain, et plus largement sur toute l'économie d'Occitanie. Le plan de restructuration annoncé est justifié par une chute du chiffre d'affaire de plus de 20% sur l'année 2020. Mais il ne passe pas auprès des syndicats qui ne comprennent pas que la direction ait refusé les mesures d'accompagnement de longue durée proposée par l'État. Un sentiment partagé par le maire de Blagnac, Joseph Carles, surtout qu'un projet de doublement du site était en cours. Au lieu de créer un millier d'emploi d'ici cinq ans, la groupe Akka va presque en supprimer autant à Toulouse. Pour Joseph Carles, Akka n'a pas l'attitude responsable qu'a pu avoir Airbus.

M. le maire, comment réagissez-vous aux annonces d'Akka ?

Cette position me gêne un petit peu parce qu'on va perdre une partie du savoir-faire. Il me semble que ce qui est important, dans cette période, c'est de faire le dos-rond en ne perdant pas de savoir-faire. Lorsqu'Airbus met en place son plan social, il n'y a pas de départs contraints. Certes ils perdent un peu de la capacité d'innovation qu'ils avaient antérieurement, mais on ne perd pas la capacité de rebond et de production. Ce ne sera pas le cas de Akka et je le regrette.

Avez-vous discuté avec les dirigeants de ce groupe ?

Non. Akka était sur un trajectoire, avant la pandémie, de croissance. Avec un objectif de création d'un deuxième site au côté du premier qu'ils avaient créé. Ils avaient réservé le terrain pour pouvoir faire une extension de leur activité. Et finalement ils ont été "décanillés" en plein vol. Donc non je n'ai pas eu l'occasion de discuter avec eux. Autant j'ai eu l'occasion d'avoir eu quelques échanges avec les responsables d'Airbus, ça n'a pas été le cas pour Akka.

Le maire de Blagnac désapprouve la stratégie financière du groupe Akka

On imagine que vous aviez facilité l'acquisition de ce terrain pour l'agrandissement du site d'Akka ?

Nous, on a aménagé la zone Andromède sur laquelle on a effectivement réservé une part importante des bureaux le long de la voie rapide. Akka avait pris une première partie et mis une option sur une deuxième partie. On était parmi ceux qui sont en accompagnement sur l'accueil d'entreprises de ce type.

Vous vous sentez abandonnés par Akka ?

Non, parce que je pense qu'il ne faut pas en rajouter. Pour les dirigeants, c'est extrêmement compliqué. Ce que je déplore, pour Akka comme pour d'autres, c'est que la dimension financière prenne le pas sur la dimension stratégique. Je comprends les actionnaires qui disent "il faut arrêter, faisons plutôt un PSE qu'une démarche qui vise  à reconstruire ultérieurement". Mais le court-termisme l'emporte sur la dimension stratégique et la vision. Ça, ça me dérange un peu. C'est pas vrai que pour Akka, mais chaque fois qu'on a une réflexion financière qui l'emporte sur une réflexion stratégique, ça me désole un peu.

Vous regrettez cette stratégie de l'immédiateté ?

Voilà, moi je pense que le PSE (ndlr : plan de de sauvegarde de l'emploi) aurait pu venir à un autre moment. Akka aurait pu essayer d'optimiser en se basant sur toutes les mesures d'accompagnement qui sont proposées avant de décider ce PSE et la perte de 900 emplois. Et je le répète : 900 emplois certes, mais surtout 900 compétences qui risquent de faire défaut au moment du rebond. Que vont faire les investisseurs par-rapport aux potentialités aussi bien des états que des entreprises ? Ils vont regarder leurs capacités futures à se réinventer. Or, pour se réinventer, il faut conserver les compétences.

Vous dites qu'Airbus a une attitude plus responsable qu'Akka ?

Tout à fait. D'abord parce que parmi les compétences conservées par Airbus, il y a celles de l'innovation et de la recherche. Airbus a compris qu'il fallait retrouver un certain nombre d'autres dispositions sur l'avion écologique par exemple. Mais aussi qu'il y a probablement d'autres débouchés que l'aéronautique stricto-sensu à trouver. Et donc ils conservent pour partie une capacité à rebondir. Je pense qu'Akka aurait pu avoir cela.

Ce sont quelque 800 postes qui seraient supprimés à Blagnac. L'intersyndicale espère obtenir des garanties et de nouveaux engagements sur la formation avant une nouvelle réunion de négociation mi-janvier.

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