Économie – Social

Plus de 2.000 CRS se mettent en arrêt maladie en pleine journée de mobilisation sociale

Par Thibaut Lehut, France Bleu jeudi 21 septembre 2017 à 14:03

Une compagnie de CRS (photo d'illustration).
Une compagnie de CRS (photo d'illustration). © Maxppp -

Alors que plusieurs manifestations sont organisées en France contre la réforme du Code du travail, 2.100 CRS se sont rendus indisponibles ce jeudi. Ils protestent contre la fiscalisation de leur indemnité d'éloignement, qui leur est versée lorsqu'ils partent en mission.

En pleine journée de mobilisation sociale, 2.100 CRS se sont rendus indisponibles ce jeudi pour leur vacation, selon un chiffre recueilli par franceinfo auprès du syndicat Unité SGP Police FO. Un chiffre non confirmé par le ministère de l'Intérieur. Les CRS veulent manifester leur colère contre une réforme qui prévoit la fiscalisation de leur indemnité d'éloignement.

Avalanche d'arrêts maladie

Sur les 60 compagnies de CRS de service général, dites compagnies maintien de l'ordre, 50 devaient être mobilisées ce jeudi, selon le syndicat, qui estime qu'entre 35 et 40 compagnies sont touchées par ce mouvement. La plupart des CRS ont consulté leur médecin pour obtenir un arrêt maladie, car ils n'ont pas le droit de grève.

Réunis en intersyndicale mercredi, Alliance, Unité et l'Unsa-police avaient appelé les CRS à "se mobiliser fortement sans délai" et réclamé l'intervention de Gérard Collomb dans cet épineux dossier. Les syndicats revendiquent que l'Ijat (indemnité journalière d'absence temporaire), versée lorsque les CRS sont en mission, soit exonérée des prélèvements sociaux et en particulier de la CSG (contribution sociale généralisée). D'un montant quotidien de 39 euros, l'Ijat constitue un important complément de revenu pour les CRS, au regard du nombre de missions effectuées. Créée dans les années 1960, cette prime fait l'objet d'une défiscalisation, ce qui lui vaut régulièrement les foudres de la Cour des Comptes.

Des compensations promises, rencontre au ministère vendredi

Dans une lettre adressée aux syndicats mercredi et que l'AFP a pu consulter, le directeur général de la police nationale, Eric Morvan, a souligné que l'exonération des contributions sociales sur l'Ijat n'était pas "possible" mais a rappelé que le gouvernement s'était engagé à ce qu'elles soient "intégralement" compensées par une augmentation de cette indemnité, qui sera portée à 42,79 euros brut au 1er janvier 2018. Le DGPN promet également le paiement de l'Ijat sur une fiche de paie spécifique et la possibilité de percevoir cette indemnité sur un compte bancaire différent de celui sur lequel est versé le salaire principal.

Pour répondre aux griefs des syndicats dénonçant l'allongement des délais de paiement de l'indemnité, le DGPN assure que ce décalage sera "très limité" dans le temps et affirme que le paiement des heures supplémentaires, aujourd'hui trimestriel, "sera définitivement mensualisé".

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb recevra vendredi matin à 7h30 les trois secrétaires généraux d'Alliance, d'Unité-SGP et de l'Unsa-Police, réunis en intersyndicale contre cette réforme.