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Économie – Social

Frontalier franc-comtois dans l'Arc jurassien : un statut toujours enviable ?

jeudi 30 novembre 2017 à 16:46 Par Blandine Costentin, France Bleu Besançon

Environ 25.000 Francs-Comtois travaillent en Suisse. Un statut envié notamment pour les salaires élevés. Mais qui a son revers en termes de temps de travail, de transport et qui n’échappe pas à la crise.

La douane franco-suisse à La Cure.
La douane franco-suisse à La Cure. © Maxppp - Vincent Isore

Franche-Comté, France

Chaque jour, ils sont 20 à 25.000 à franchir la frontière suisse : depuis les départements du Doubs (pour près des trois quarts), du Jura et du Territoire de Belfort, les travailleurs francs-comtois gagnent les cantons de Neuchâtel, Vaud (surtout) et Jura. A l’occasion d’une journée spéciale en direct de Morteau, France Bleu Besançon s’intéresse aux enjeux de ce territoire frontalier, l’Arc jurassien.

Travailleur frontalier en Suisse : l’attrait des hauts salaires

A qualifications et autres caractéristiques égales, le salaire horaire brut moyen du travailleur frontalier est supérieur de 69% à celui du salarié franc-comtois. Ce calcul s’appuie sur des chiffres 2010 et figure dans une enquête de l’Ostaj (Observatoire statistique transfrontalier de l’arc jurassien), mais il reste globalement valable en 2017, hormis le taux de change, devenu moins favorable au franc suisse.

Toujours selon l’Ostaj, le frontalier le mieux rémunéré était en 2010 un homme, âgé de 25 à 54 ans, exerçant une profession intermédiaire, dans une entreprise d’au moins 250 salariés. Mieux payés en Suisse, les frontaliers bénéficient du niveau de vie moins cher en France, mais font grimper les prix dans leurs cantons de résidence. Belle et grande maison, voiture de grosse cylindrée, c’est une “réussite de travailler en Suisse” et ça se voit, confirme Alexandre Moine, président du Forum transfrontalier.

Des profils professionnels recherchés

Les frontaliers répondent à une demande : selon l’Insee, 60% d’entre eux exercent dans l’industrie, en particulier dans des travaux de haute précision. L’horlogerie occupe environ 10.000 personnes (sur 25.000), mais aussi la production de matériel électrique. Leur savoir-faire est reconnu et recherché. Masculine à 60 ou 70%, cette population tend à se féminiser avec la montée du tertiaire : infirmières, aides-soignantes, personnels dans des maisons de retraite, voire médecins trouvent des emplois de l’autre côté de la frontière.

Les frontaliers paient les difficultés de l’horlogerie

Le nombre de frontaliers a augmenté régulièrement dans les années 2010, mais il semble avoir atteint un pallier en 2016. L’industrie horlogère réduit ses effectifs : conséquences de la crise financière mondiale, baisse de la demande en provenance de certains pays, décalage entre une production traditionnelle et la mode de la montre connectée… En cas de licenciements, ce sont les travailleurs étrangers qui sont les premiers écartés.

Le revers de la médaille, c’est aussi un temps de travail moins favorable qu’en France : en Suisse, on travaille 42 heures par semaine pour quatre semaines de congé. Les frontaliers subissent aussi des temps de trajets très longs : parfois deux à trois heures par jour, en voiture, sur des routes dangereuses en hiver. L’immense majorité prend le volant car l’offre ferroviaire est insuffisante.

Coutumiers des embouteillages, les travailleurs frontaliers en provenance de Franche-Comté passent 2 à 3 heures par jour sur la route. - Maxppp
Coutumiers des embouteillages, les travailleurs frontaliers en provenance de Franche-Comté passent 2 à 3 heures par jour sur la route. © Maxppp - Ludovic Laude

L'image de “mercenaires” n'est pas toujours justifiée

Pas toujours bien vus côté suisse, les frontaliers ne font pourtant pas que travailler et toucher leur chèque. Une étude, publiée par la revue de géographie Belgeo, montre qu’une partie d’entre eux s’implique bel et bien dans les relations avec les collègues de travail, des activités de loisirs, voire associatives. Loin de l'image des “mercenaires” habituellement colportée, explique le président du Forum transfrontalier, Alexandre Moine.

Côté français, l’impact socio-économique des frontaliers est important, surtout dans des cantons comme ceux de Morteau, Maîche, Frasne… où ils représentent plus de 30% de la population active résidente (source Ostaj). “Ce sont des zones rurales avec des problématiques urbaines”, résume Christine Charton, responsable d'études à l'Insee Bourgogne Franche-Comté : coût des terrains élevé, urbanisation rapide et embouteillages…

Enfin, à la question "Y a-t-il des travailleurs frontaliers suisses en Franche-Comté ?", la réponse est non, en tout cas pas assez pour entrer dans les statistiques. Mais l’Insee a recensé environ 800 Suisses travaillant dans leur pays d’origine et habitant en France.

L'Arc jurassien : entre cantons suisses et départements français. - Aucun(e)
L'Arc jurassien : entre cantons suisses et départements français. - Document Conférence TransJurassienne