Économie – Social

PORTRAIT : Patrick et Isabelle Ruhant, un couple de maraichers bio

Par Eric Turpin et Anne-Claire Gauchard, France Bleu Nord mardi 25 février 2014 à 7:00

Patrick et Isabelle Ruhant, un couple de maraîchers à Pérenchies près de Lille
Patrick et Isabelle Ruhant, un couple de maraîchers à Pérenchies près de Lille © Anne-Claire Gauchard - Radio France

Patrick et Isabelle Ruhant, un couple de maraîchers installé à Pérenchies, près de Lille, ont choisi de faire du bio et ils vendent leurs produits sur les marchés. Ils privilégient la vente directe au consommateur au détriment de la grande distribution.

Quand ils ont commencé à travailler, Patrick et Isabelle Ruhant, un couple de maraîcher installé à Pérenchies près de Lille, fournissaient uniquement la grande distribution. Mais petit à petit, ils se sont mis au bio.

« On est vraiment en harmonie avec la nature, ce que faisaient nos grands-parents », explique Isabelle. « Mon grand-père cultivait sans engrais chimique, sans pesticide. Donc l’agriculture biologique, ça a toujours existé sauf que ça s’appelait l’agriculture naturelle ».

« Un carotte un peu biscornue, ça ne dérange pas les gens »

Poussé par un groupe de consommateurs, le couple a aussi ouvert une petite boutique dans leur ferme, ils ont démarré la vente sur les marchés et via les Amap, ces associations qui favorisent l'agriculture biologique. Une bénédiction pour Isabelle : «Il me faut du contact. Je ne peux pas rester dans les champs à longueur de journée sinon je vais dépérir ».

Paradoxalement, en cultivant deux fois moins de terre, Patrick et Isabelle Ruhant gagnent mieux leur vie : « Auparavant, nous avions 25% de pertes. Aujourd’hui c’est 2%. Même une carotte un peu biscornue, pas tout à fait lisse, ça ne dérange pas les gens ».

Le couple est de plus en plus en concurrence avec la grande distribution qui surfe sur le créneau du bio et du circuit court. Mais les hypermarchés ne vendent pas la même chose. « Quand on dit bio, c’est forcément une production locale », explique Patrick Ruhant.

« S’il a fallu plusieurs heures d’avions pour faire venir le produit chez nous, je ne vois pas l’intérêt d’acheter du bio. C’est un peu un non sens ».

Pour riposter à cette concurrence, douze producteurs,  dont Patrick et Isabelle Ruhant vont créer d'ici la fin de l'été un point de vente collectif à Wambrechies, près de Lille.

En France, moins de 5% des exploitations ont opté pour le bio. C’est à peine 3% dans le Nord-Pas-de-Calais. Le Conseil régional veut privilégier la filière à travers son plan d'agriculture durable. Mais cette politique est loin de faire l’unanimité.

 « Je suis vent débout contre l’idée que le bio et le circuit court serait l’avenir de l’agriculture dans la région », explique Christian Durlin, le président de la FDSEA dans le Pas-de-Calais. « On n’est pas contre le bio, contre le circuit court. Mais il ne faut pas oublier tout le reste. Il faut dynamiser toute l’agriculture régionale».  

Le bio et le circuit court