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Économie – Social

Pour l'économiste Amiénois Eric Vasseur, le projet WN était "prometteur mais pas assez mature"

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Par , France Bleu Picardie

Après la liquidation judiciaire de WN, le repreneur de l'usine Whirlpool à Amiens, France Bleu Picardie a sollicité l'économiste et enseignant à l'université Picardie Jules Verne Eric Vasseur. Il considère que le projet de WN était prometteur mais sans doute pas assez mature.

L'usine WN à Amiens. La société, ex-Whirlpool, a été placée en redressement judiciaire en juin 2019.
L'usine WN à Amiens. La société, ex-Whirlpool, a été placée en redressement judiciaire en juin 2019. © Radio France - Bastien Deceuninck

Amiens, France

Comment analyser et expliquer le fiasco industriel WN ? L'entreprise Amiénoise, qui avait repris l'usine Whirlpool l'an dernier a été liquidée mardi par le tribunal de commerce. 138 salariés vont être licenciés, 44 de leurs collègues seront conservés par l'entreprise Ageco-Agencement. 

Eric Vasseur économiste, enseignant-chercheur à l'université Picardie Jules Verne à Amiens - Radio France
Eric Vasseur économiste, enseignant-chercheur à l'université Picardie Jules Verne à Amiens © Radio France - François Sauvestre

Au delà de l’écœurement de ces salariés qui ont vécu deux plans sociaux en une année, il y a toujours beaucoup d'interrogations sur la gestion, le projet et même les finances de WN, soutenu jusqu'au plus haut sommet de l’État. Loin des polémiques politiques, l'économiste Eric Vasseur, maître de conférence à l'université Picardie Jules Verne estime que WN a aussi payé le prix de l'innovation dans un marché qui ne fait aucun cadeau. 

France Bleu Picardie : Qu'est-ce qui fait, selon vous que le projet WN n'a pas fonctionné ?

Eric Vasseur : On est en pleine mutation économique avec des innovations qui se dirigent dans tous les sens et avec les technologies de l'information, certains procédés voient le jour. Ils sont pérennes dès lors qu'ils sont rentables et d'autres échoueront malheureusement. Le dispositif mis en place était prometteur mais peut-être un peu trop tôt, peut-être un peu trop innovant pour l'instant. Il n'a pas trouvé sa clientèle et à partir de là, l'échec est au rendez-vous malheureusement.

L'exemple des bus Macron

Pourtant, les casiers réfrigérés font déjà partie du paysage, un marché existe bel et bien ?

C'est une question de maturité du marché. À un moment donné, le produit trouvera sa demande mais pour l'instant c'est trop tôt. C'est un petit peu le processus initié depuis longtemps que l'on appelle destruction créatrice. À savoir que l'innovation va initier un processus de destruction, les anciens procédés sont liquidés. De nouveaux procédés apparaissent mais parmi ceux-là, certains vont fructifier et d'autres disparaître, c'est ainsi. Regardez les cars et les bus qui ont été développés par l'économie des plateformes. Il n'y a plus que deux opérateurs sur le marché alors qu'il y a trois ans on avait plus de monde. Il y a un processus de régulation qui s'opère. C'est aussi un petit peu le cas avec WN et à terme, il n'est pas exclu que ce produit soit à nouveau proposé et trouve sa clientèle.

C'est un échec mais il fallait tenter le coup.

L'aventure WN n'aura duré qu'un an, l'économie de marché est impitoyable et ne vous attend pas ?

Non, soit on est rentable, soit on bénéficie de soutiens et auquel cas il faut laisser du temps mais encore une fois, la sanction du marché est terrible. On comprend bien sûr la déconvenue des salariés parce qu'il y a eu beaucoup d'espoirs qui ont été nourris suite à une reconversion qui était intelligente il faut le dire. Parce que on quittait des produits électroménagers qui sont devenus banals et là on montait en gamme. Bon c'est un échec mais l'aventure valait le coup. Il fallait tenter le coup.

Quel est le ratio des entreprises innovantes qui aboutissent et deviennent pérennes ?

En règle générale, on a un ratio assez simple : une entreprise nouvelle sur deux a disparu au bout de deux ans. Alors soit on est positif et on se dit que une entreprise sur deux est restée sur le marché mais c'est du 50 - 50. C'est redoutable. Actuellement, toutes les micro-entreprises qui voient le jour ont plus de chances de rester sur le marché parce qu'elles sont souvent le fruit d'auto-entrepreneurs qui bénéficient d'un statut assez préférentiel et puis les dépenses sont souvent moindres.