Économie – Social

Pour moderniser son image, la Faiencerie de Gien s'invite chez Monoprix

Par Anne Oger, France Bleu Orléans jeudi 12 octobre 2017 à 0:07

La collection Monoprix comporte six assiettes de 9 à 15 euros
La collection Monoprix comporte six assiettes de 9 à 15 euros - Faiencerie de Gien

La Faiencerie de Gien lance sa marque G by Gien, des collections plus modernes et destinées à quelques enseignes de la grande distribution. Une petite révolution dans cette entreprise fondée en 1821 qui incarne le luxe à la française. Première apparition chez Monoprix pour une quinzaine de jours

Les six assiettes en noir et blanc proposées dans cette collection Monoprix pour quinze jours seulement, c'est un résumé de ce que Marielle Hénon-Duicque la directrice artistique de la Faiencerie de Gien, souhaite faire de cette marque "G by Gien". Des dessins d'hortensia, d'iris, de roses, puisés dans les archives de la Faiencerie et retravaillés, revisités, pour leur donner une touche plus moderne. "On a repris les dessins, ajouté une bordure noire assez épaisse qui elle n'est pas du tout 19ème, et choisi la méthode de la tampographie pour imprimer les assiettes (c'est une machine qui imprime le dessin à l'encre, comme un gros tampon) ça leur donne un côté brut, très moderne. Pour moi la nouvelle modernité c'est l'ancien revisité et Gien a vraiment sa carte à jouer sur ce terrain" confie la créatrice.

"La modernité c'est le 19ème revisité"

Un patrimoine hors du commun de dessins du 19ème siècle

Les dessins originaux, c'est le trésor de la Faiencerie de Gien, dans lesquels la créatrice puise beaucoup pour trouver l'inspiration, dans lesquels elle a trouvé ce décor. Dans les fonds de l'usine on trouve entre 4000 et 5000 dessins, composés au 19ème siècle par les premiers ouvriers. Lamia Oumerzouk est la responsable du musée.

Des volumes plus importants et des prix moins élevés

Marielle Hénon-Duicque avoue qu'il a fallu convaincre la marque d'oser cette association de l'ancien et du moderne, mais pour elle c'est la clef pour conquérir de nouveaux marchés. C'est aussi la conviction du directeur général adjoint de la Faiencerie, Guivi Bérékachvili : "avec la collection G by Gien on s'adresse à des réseaux différents, cette marque c'est comme le second vin d'un domaine bordelais. C'est fabriqué à Gien mais avec des volumes beaucoup plus importants, des décors plus allégés, ce qui nous permet de proposer ces produits à des prix beaucoup moins élevés". Les assiettes Monoprix sont vendues entre 9 et 15 euros, quand une assiette classique de Gien coûte plutôt entre 30 et 40 euros. La collection sera proposée dans 56 magasins en France, dont celui d'Orléans.

L'avenir de la Faiencerie passe par la conquête de nouveaux marchés à l'export

Guivi Bérékachvili est arrivé en janvier 2017 à la Faiencerie de Gien, avec la mission de conquérir de nouveaux marchés pour relancer l'entreprise giennoise, sauvée de la fermeture il y a trois ans. Il faut remplir les carnets de commandes, dans un secteur, les arts de la table, qui est en profonde mutation. Pour lui, le développement de la Faiencerie de Gien passe par la conquête de nouveaux clients à l'export et pour cela elle doit s'appuyer ce qu'elle incarne : le patrimoine, le luxe à la française, "Gien c'est une partie de l'histoire de France".

Dans les coulisses de la fabrication

Ici travaillent un peu plus de 150 salariés, et les méthodes de fabrication et de décoration n'ont pas beaucoup changé depuis la fondation de la Faiencerie, en 1821. L'argile, le sable et le kaolin nécessaires à la composition de la matière première viennent des environs, de la Nièvre, de Bretagne, un peu d'Allemagne et d'Angleterre. Mélangés ils se transforment en assiettes, en plats, en soupière, selon des procédés bien particuliers : le façonnage, puis l'émaillage.

L'émaillage, un des moments clefs

Ce qui fait surtout la particularité et la renommée de la Faiencerie de Gien, ce sont ses décors qui ornent chaque pièce (un service de Gien dans sa version complète, ce sont environ 60 pièces, assiettes, tasses, plats, etc). Des méthodes qui restent traditionnelles et qui pour la plupart sont mises en oeuvre sur place, à la main, comme le liseré qui orne les assiettes.

La peinture noire se transforme en or, c'est l'alchimie et la magie de la Faiencerie de Gien

Parmi les salariés de la Faiencerie de Gien, il y a Maria-Dolores Lorenzo. Elle travaille dans l'usine depuis 43 ans, comme ses parents avant elle. Elle est peintre sur faience.