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Économie – Social

Pourquoi l'usine nordiste Jean Caby met la clé sous la porte

jeudi 28 juin 2018 à 18:09 Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord

C'était une usine en sursis depuis plusieurs années. L'entreprise de charcuterie cesse définitivement son activité ce vendredi 29 juin, à Saint-André-lez-Lille. 232 personnes perdent leur emploi et font les frais d'un manque d'argent qui n'a pas permis de relancer la marque.

L'usine Jean Caby de Saint André lez Lille spécialisée dans les saucisses de Strasbourg et les saucisses cocktails
L'usine Jean Caby de Saint André lez Lille spécialisée dans les saucisses de Strasbourg et les saucisses cocktails © Maxppp - Pascal Bonnière

Saint-André-lez-Lille, France

C'est leur dernier moyen de pression. À l'entrée de l'usine Jean Caby, les palettes en bois empêchent toute entrée ou sortie. Les machines se sont arrêtées de fonctionner, mercredi dernier, à l'annonce de la liquidation judiciaire de l'entreprise. 

Avant tout, il y a une situation financière très délicate : des pertes en cours importantes (6 millions d'euros), un endettement conséquent (27 millions d'euros au total, endettement auprès des banques compris). Cette fragilité financière est la conséquence du manque d'investissement depuis 20 ans sur le site de Saint-André-lez-Lille qui a rogné sur la rentabilité de l'entreprise, rappelle Christophe Dangleterre, élu CGT : 

Il y a eu une mauvaise gestion. On vendait nos produits à perte. Devant le CE, on nous présentait des marges qui étaient positives seulement on nous présentait pas les marges arrières (promotions) . A chaque fois qu'on envoyait une palette, chez le client, c'est comme si on mettait un billet dessus : on vendait à perte.

En janvier, les clients de Jean Caby acceptent donc de payer 10% plus cher la marchandise, mais il est déjà trop tard. L'entreprise vend ses produits sous sa propre marque mais elle est surtout la seule en France à fabriquer des marques distributeurs dans le domaine des saucisses cocktails. Ce qui explique que son carnet de commandes est plein.

Le potentiel immobilier du site historique : avantage ou inconvénient ?

L'actuel patron de la société, Eric Steiner, a pourtant un projet ambitieux pour relancer la marque : il souhaite déménager l'usine, beaucoup trop vétuste et financer un nouveau bâtiment en vendant à des promoteurs immobiliers le site de Saint-André.  Lui n'a plus les reins assez solides financièrement, un consortium se met en place avec des investisseurs immobiliers qui vont rater de peu la relance de la marque, selon Eric Steiner : 

C'est pas un problème de produits, de salariés, c'est un problème de cash. En octobre, il manquait 5 millions d'euros pour pouvoir faire un projet.

Sauf que ce projet était à la fois immobilier (revendre le site de Saint-André) et industriel (investir l'argent récolté dans le nouveau site de production déménagé à Comines). La tentation a pu être grande chez certains de se concentrer uniquement sur la plus-value à réaliser de la revente des terrains idéalement situés pour des promoteurs, aux portes du Vieux-Lille où le prix du mètre carré est parmi les plus chers de la métropole lilloise.

Un nouveau site quasiment terminé à 95%... pour rien

Un nouveau bâtiment était en cours de construction à Comines, dans la métropole lilloise, flambant neuf et achevé à 95%. La Région et la Métropole européenne de Lille avaient consenti à un prêt de 500.000€ chacune pour accompagner ce projet peut-être trop tardif et trop gourmand financièrement pour la survie de Jean Caby.

Les salariés organisent ce vendredi 29 juin une nouvelle mobilisation avec distributions de tracts sur le marché de la Madeleine, à partir de 10h30 avant de se retrouver dans l'usine pour un "barbecue de la liberté" à la mi-journée. La veille, ils avaient distribué gratuitement dans la rue 25 tonnes de saucisses. Ils vont tenter désormais d'obtenir des primes exceptionnelles pour leur licenciement. Les négociations ne font que commencer avec le liquidateur de l'entreprise.