Économie – Social

Opéra national de Bordeaux : le préavis de grève toujours maintenu par le ballet

Par Charlotte Jousserand, France Bleu Gironde et France Bleu mercredi 28 décembre 2016 à 15:28 Mis à jour le vendredi 30 décembre 2016 à 14:13

Le ballet Coppélia est joué à l'Opéra national de Bordeaux depuis le 14 décembre
Le ballet Coppélia est joué à l'Opéra national de Bordeaux depuis le 14 décembre © Radio France - Charlotte Jousserand

Il n'y aura peut-être pas de ballet ce samedi 31 décembre à l'Opéra de Bordeaux. Les danseurs et les musiciens maintiennent toujours, ce vendredi midi, un préavis de grève. La mairie menacerait de supprimer 13 postes de danseurs s'ils annulent leur représentation. Aucun accord n'a encore été signé.

La représentation du ballet "Coppélia" pourrait ne pas avoir lieu ce samedi 31 décembre à Bordeaux. Les danseurs et les musiciens ont déposé un préavis de grève car entre 13 postes de danseurs sont menacés, soit un tiers de l'effectif du ballet. Pour Stéphanie Roublot, première danseuse à l'Opéra national de Bordeaux, la qualité des spectacles et l'identité de l'Opéra national de Bordeaux est clairement remise en cause : "Le répertoire classique est notre identité principale à Bordeaux, nous sommes l'un des derniers théâtres à pouvoir présenter un répertoire classique, c'est à dire des grandes œuvres comme Gisèle ou Coppélia qui est à l'affiche en ce moment". Stéphanie Roublot estime que si le ballet perd une dizaine de postes de danseurs, ça sera "impossible pour nous d'assurer la qualité et ce répertoire. Si nous n'avons cette pérénité de contrats et de postes nous ne pourrons plus avoir l'excellence".

L'effectif actuel de 39 danseurs dans le ballet de l'Opéra de Bordeaux parvient tout juste à jouer ce répertoire selon Stéphanie Roublot car "c'est un métier très physique, on s'entraîne tous les jours et il y a des blessures. Nous faisons déjà appel souvent à des danseurs intermittents qui viennent en renfort".

Les syndicats jouent la montre

Aucun accord n'a été signé ce jeudi midi. Les syndicats ont présenté le protocole proposé aux danseurs du ballet. Tous choqués par la proposition. "La mairie nous fait du chantage !" lâche un danseur. La mairie qui menacerait de supprimer 13 postes s'ils font bel et bien grève ce samedi 31 décembre.

Le syndicat SNAM-CGT avait déjà rencontré la direction mercredi. Une réunion de deux heures mais aucun accord n'a été trouvé. Selon Jean Bataillon, violoncelliste à l'Opéra de Bordeaux et délégué du personnel "la direction nous assure qu'aucune décision n'a été prise sur ces postes et que notre inquiétude est infondée mais en même temps on nous dit qu'il n'y a pas de certitude sur cette dizaine de postes pour le 15 janvier".

Un budget en baisse

L'Opéra national de Bordeaux doit fonctionner avec une baisse de subventions de la mairie de Bordeaux, "environ trois millions d'euros en moins sur trois ans, selon Jean Bataillon, mais pour le musicien "nous ne pouvons pas fonctionner en sous effectif. A titre de comparaison, c'est comme au football, on ne peut pas jouer à 8 joueurs au lieu de 11, à l'Opéra c'est pareil. Un ballet est créé avec un certain nombre de danseurs. C'est un souhait du créateur et nous notre rôle dans le service public qu'on défend, c'est de faire respecter la réalité et les choix des créateurs, des compositeurs et des chorégraphes".

La direction a rédigé un protocole ce mercredi après-midi. Selon Olivier Lombardie, administrateur général de l'Opéra national de Bordeaux, "à ce jour, aucune décision n'a été prise mais les inquiétudes sont légitimes car il y a une réflexion plus large sur le financement de l'Opéra de Bordeaux". L'administrateur général de l'Opéra indique que l'Opéra doit faire des économies, 1 million d'euros d'ici deux ans sur un budget global de 30 millions d'euros à cause de la baisse des subventions de la mairie. Olivier Lombardie indique que la direction de l'Opéra doit réfléchir avec la tutelle principale, c'est-à-dire la mairie de Bordeaux, sur l'avenir de l'Opéra.

Une réunion est prévue ce jeudi entre la mairie de Bordeaux et sa direction.