Économie – Social

Préjudice d'anxiété : les anciens mineurs de fer de Lorraine déboutés

Par Clément Lhuillier, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine vendredi 16 septembre 2016 à 18:33

Mineurs de fer de Lorraine
Mineurs de fer de Lorraine © Maxppp - PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN

Coup de massue pour les anciens des mines de fer de Lorraine dont le préjudice d'anxiété avait été reconnu par les prud'hommes : la justice les a débouté, vendredi, en appel. Ils annoncent qu'ils vont se pourvoir en cassation.

Ils ont appris la mauvaise nouvelle, ensemble, dans le local de la CFDT de Conflans-en-Jarnisy (Meurthe-et-Moselle). La cour d'appel de Nancy a débouté vendredi en appel dix anciens mineurs de fer lorrains, dont le préjudice d'anxiété avait été reconnu par le Conseil des prud'hommes de Longwy.

En février 2015, le liquidateur de la société Lormines, ancien exploitant des mines de fer lorraines aujourd'hui fermées, avait été condamné à verser à chacun des plaignants 4.500 euros de dommages et intérêts. Ils avaient fait appel pour obtenir de meilleures indemnisations. Mais, au lieu de cela, la justice a infirmé la première décision.

Le scandale des mines continue"

Pour Henri Iwankowski, ancien mineur et militant CFDT, "ces mineurs sont des êtres humains, qui ont été contaminés par ces produits dans des lieux qui étaient des culs-de-sacs, des cages à empoisonnement."

Robert Humbert, 77 ans, est descendu dans la mine pour la première fois à 17 ans. Il y est resté 31 ans. "C'était les gaz d'échappement des engins, des huiles, des produits de nettoyages, surtout l'amiante" se souvient-il. "Nous avions des masques mais ils ne servaient pas à grand chose. Nous n'avions pas conscience de ce que cela pourrait avoir comme conséquences sur notre santé." Aujourd'hui, il vit avec trois tâches sur les poumons, et la crainte permanente du cancer qui a emporté tant de ses camarades.

Malgré cette décision contraire, les anciens mineurs de fer ne comptent pas en rester la. Ils annoncent leur intention de se pourvoir en cassation.

L'arrêt de la cour d'appel de Nancy raisonne aussi particulièrement dans le bassin houiller mosellan. 750 anciennes gueules noires des mines de charbon de Lorraine avaient obtenu eux aussi la reconnaissance du préjudice d'anxiété devant les prud'hommes de Forbach. Le dossier a également été porté en appel.