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Économie – Social

Prélèvement à la source : le cas des salariés français qui travaillent en Belgique

vendredi 11 janvier 2019 à 3:26 Par Cécile Bidault, France Bleu Nord

Avec la mise en place du prélèvement de l'impôt à la source, en ce mois de janvier 2019, que va-t-il se passer pour les nombreux Nordistes qui travaillent en Belgique ? Nos voisins appliquent déjà la retenue à la source depuis de nombreuses années. A Mouscron, une permanence renseigne les Français.

La CSC (Confédération des syndicats chrétiens) propose des permanences pour les travailleurs frontaliers, ici à Mouscron
La CSC (Confédération des syndicats chrétiens) propose des permanences pour les travailleurs frontaliers, ici à Mouscron © Radio France - Cécile Bidault

Hauts-de-France, France

2019 sera l'année de la mise en place du prélèvement de l'impôt à la source : dès ce mois de janvier, vos impôts sur le revenu sont prélevés directement sur votre salaire, ou sur votre retraite.

Ce système existe dans la plupart des pays d'Europe, et notamment en Belgique, depuis plusieurs décennies. Là-bas, on dit "retenue à la source".

36 000 Français travaillent en Belgique

Dans notre région, on compte de nombreux travailleurs frontaliers : des Belges qui travaillent en France, des Français qui travaillent en Belgique : ces derniers sont plus de 35 000 (36 524 selon les chiffres officiels). Dans des villes comme Mouscron et Comines, un salarié sur quatre est Français.

Pour le paiement de l'impôt, les cas sont divers, en fonction que le salarié travaille dans le public ou dans le privé. Et de la date à partir de laquelle il a passé la frontière pour trouver du travail : avant 2011, il a le statut de travailleur frontalier, et paye ses impôts en France. A partir de 2012, il règle ses impôts en Belgique, à la source.

C'est moins prise de tête

C'est le cas de Smaïl, 24 ans, il vit à Tourcoing et travaille à Courtrai : "tous les mois, c'est retiré sur mon salaire directement. Il n'y a jamais eu de bug pour l'instant. Je préfère ce système, c'est moins prise de tête".

Kamsa, une Roubaisienne, travaille, elle, à Mouscron depuis bien avant 2011 : elle paiera ses impôts français via un prélèvement mensuel, appelé "acompte contemporain". "Ça ne changera rien", assure-t-elle.

ECOUTEZ : des travailleurs frontaliers français rencontrés à la permanence du CSC à Mouscron (Belgique)

Permanence pour les travailleurs frontaliers

A Mouscron, le syndicat CSC (Confédération des syndicats chrétiens) propose une permanence pour les travailleurs frontaliers, afin de répondre à toutes les questions qu'ils se posent. Et en ce moment, ils s'en posent beaucoup sur les impôts. 

Maxime Bruggeman, du service frontalier à la CSC Hainaut Occidental - Radio France
Maxime Bruggeman, du service frontalier à la CSC Hainaut Occidental © Radio France - Cécile Bidault

Maxime Bruggeman, du service frontalier, reçoit beaucoup de monde : "dans certaines entreprises où il y a 90% de Français, il y a beaucoup de questions. On essaye de les rassurer. Maintenant, il faudra voir les premières fiches de paie en janvier-février, pour vraiment avoir une réponse définitive, et voir les différents couacs".

Il y a notamment une inquiétude pour les travailleurs intérimaires : selon lui, parfois les agences ne regardent pas la nationalité du salarié, et procèdent directement à la retenue à la source. Au risque pour le travailleur frontalier d'être imposé temporairement des deux côtés de la frontière.

L'inconnu fait peur, mais nous, on est encore là et vivants !

La Belgique ayant des décennies d'avance sur la France sur le prélèvement à la source, nos voisins sont à même de nous rassurer : Jean-Jacques George, conseiller juridique à la CSC, lance, en souriant : "c'est sûr que l'inconnu fait peur, mais nous, on est encore là et vivants ! Effectivement, on aura peut-être au début l'impression d'être payé moins, mais il faut le prendre comme un paiement échelonné".

Jean-Jacques George, conseiller juridique au syndicat CSC, rassure les Français sur le prélèvement à la source.