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Économie – Social

Prélèvement à la source : les entreprises nord franc-comtoises sont-elles prêtes ?

lundi 27 août 2018 à 14:27 Par Thomas Séchier et France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Belfort-Montbéliard

A partir du 1er janvier 2019, l'impôt sur le revenu sera prélevé directement sur notre fiche de paie. A quatre mois de cette petite révolution, les entreprises, chargées de collecter l'impôt, sont-elles prêtes ?

Impots
Impots © Radio France

Belfort, France

Les organisations patronales restent opposées à la mesure. Francis Voelin, gérant d'une entreprise de terrassement à Suarce (Territoire de Belfort) et président de la CAPEB 90 (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), est catégorique. "A la CAPEB, on estime que les démarches vont prendre une semaine par an aux artisans. On a autre chose à faire que de jouer avec cela. Il y a des organismes qui prélèvent très bien les impôts, ce n'est pas à nous de le faire", assène Francis Voelin.

L'aide des experts-comptables

En réalité, très peu d'entreprises vont gérer elles-mêmes le prélèvement à la source. "La très grande majorité des sociétés, même les plus petites, sous-traitent le paiement des salaires à des cabinets d'experts-comptables", explique Louis Deroin, président de la CPME 90 (Confédération des petites et moyennes entreprises). "A titre personnel, je n'ai jamais touché à une fiche de paie et je n'y toucherai jamais", poursuit celui qui est assureur à Valentigney, dans le Pays de Montbéliard. "Mais les experts-comptables pourront nous facturer le surplus de travail", redoute Francis Voelin.

Aucune démarche en plus 

Contacté par France Bleu Belfort-Montbéliard, le cabinet d'experts-comptables Sodecc, basé à Audincourt (25), réfute toute augmentation de tarifs. "Nous facturons entre 25 et 35€ aux entreprises par fiche de paie, et ça ne changera pas", assure son co-gérant, Gilles Cordier. "Le plus gros du travail a été fait il y a deux ans avec la DSN [Déclaration sociale nominative, ndlr]. Les entreprises nous télé-transmettent déjà toutes les informations salariales de leurs employés. Nous n'aurons qu'à appliquer le taux d'imposition que nous communiquera le fisc. Pour la plupart des sociétés, ce sera indolore", poursuit Gilles Cordier, qui s'occupe de la comptabilité de 1 200 entreprises.

A REECOUTER | Le plus de l'info, à 7h15 et 8h15, sur France Bleu Belfort-Montbéliard et francebleu.fr

Une autre solution, gratuite, consiste à adhérer au Tese (Titre emploi service), un service mis en place par l'URSSAF à destination des entreprises de moins de 20 salariés. "Les entreprises n'auront aucune démarche supplémentaire à effectuer, nous calculerons directement le salaire net à verser aux salariés", explique Patricia Poulet-Mathis, directrice des offres simplifiées à l'Accoss, la caisse centrale des URSSAF.

Attention aux bugs et à la confidentialité

Ce qui fâche les chefs d'entreprises, c'est d'être en première ligne en cas d'erreur. "Les salariés viendront nous voir directement, en pensant qu'on est responsables", regrette Louis Deroin, président de la CPME 90. "Je continue à penser qu'un chef d'entreprise n'a pas à connaître la fiscalité de ses employés".

Prenons l'exemple d'un salarié dont le/la conjoint(e) gagnerait beaucoup plus que lui. "Le chef d'entreprise pourra être au courant de la situation fiscale du couple. Et ça pourra mettre le ou la salarié(e) en position de faiblesse pour demander une augmentation de salaire", anticipe Gilles Cordier, expert-comptable. Ainsi, le gouvernement a annoncé la possibilité pour les employés de choisir un taux neutre, et de payer (ou se faire payer) la différence directement auprès du fisc.