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Économie – Social

Prélèvement à la source : "une contrainte de plus" pour les patrons de PME en Limousin

mercredi 5 septembre 2018 à 18:41 - Mis à jour le jeudi 6 septembre 2018 à 17:40 Par Nicolas Blanzat, France Bleu Limousin

L'inquiétude grandit chez les chefs d'entreprises en Limousin depuis la confirmation ce mardi de l'entrée en vigueur du prélèvement à la source des impôts en 2019. En Corrèze, la CPME dénonce cette nouvelle contrainte imposée aux patrons.

Le prélèvement à la source entrera en vigueur au 1er janvier 2019
Le prélèvement à la source entrera en vigueur au 1er janvier 2019 © Maxppp - Julio Pelaez

Brive-la-Gaillarde, France

Le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu sera bien mis en oeuvre à compter du 1er janvier 2019 a confirmé le Premier ministre mardi.

En actant définitivement ce choix, Edouard Philippe a fait renaître l'inquiétude chez les chefs d'entreprises. Car ce seront les entreprises qui seront chargées de faire le prélèvement pour le compte du fisc.

"On est enquêteur, mutualiste, et maintenant on sera percepteur"

Une mission de plus pour les patrons, "comme d'habitude, on a l'impression que ce n'est surtout pas l'intérêt de l'entreprise qui est mis en avant" dénonce Daniel Fischer, le président en Corrèze de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). 

"Nous sommes enquêteurs, car il faut qu'on dénonce les salariés qui roulent trop vite parce qu'a priori les forces de l'ordre ne sont pas capables de le faire. Nous sommes mutualistes puisqu'il a fallu mettre en place la mutuelle obligatoire dans les entreprises. Nous sommes transporteurs car il faut payer le versement transport" énumère Daniel Fischer en référence à plusieurs tâches administratives récentes qui incombent aux patrons, "maintenant, _nous allons devenir percepteurs à la place des impôts_."

Inquiétudes techniques sur la mise en place du prélèvement

Il y a d'abord les angoisses techniques. Parce que même si les entreprises de moins de 20 salariés pourraient profiter d'un dispositif de l'Urssaf pour la transmission des éléments, toutes les boites ne sont pas logées à la même enseigne. 

"Dans le bâtiment, on a une spécificité" lance Rachel Coudre, à la tête d'une entreprise de plomberie, chauffage et énergies renouvelables à Brive. Elle est aussi présidente de la fédération française du BTP en Corrèze. "On ne paye pas directement les congés à nos collaborateurs. C'est une caisse de congés payés qui le fait. Et, à ce titre là, on ne pourrait a priori pas bénéficier du dispositif de l'Urssaf. C'est encore une complexité."

Salaire net en baisse... climat social aussi ?

Celle-ci s'ajoute à une autre inquiétude concernant cette fois la fiche de paye. En plus des charges sociales, le prélèvement à la source fera mécaniquement baisser le salaire net. Le climat social pourrait en pâtir selon Daniel Fischer, de la CPME. "Quand le salarié va se rendre compte qu'il ne touche plus 1.000€ mais 800€, à un moment donné il va se dire qu'on ne peut plus rien lui demander à ce tarif là. Sauf que si on lui donne 800€, ça va coûter au moins 2.000€ à l'entreprise." Ce qui lui fait dire que les entreprises pourraient devenir le défouloir des salariés, en lieu et place du service des impôts.