Économie – Social

Près d'un miller de manifestants à Mayenne pour défendre l'hôpital

Par Fabien Burgaud, France Bleu Mayenne samedi 26 novembre 2016 à 17:42

Le cortège d'un millier de personnes faisait alors route vers la sous-préfecture à Mayenne.
Le cortège d'un millier de personnes faisait alors route vers la sous-préfecture à Mayenne. © Radio France - Fabien Burgaud

Environ un millier de personnes ont manifesté pour protester contre le projet de suppression de 46 lits à l'hôpital de Mayenne à horizon 2018. L'occasion pour eux de défendre leur vision du service public, sous l'égide de l'association Audace 53.

On a rarement vu autant de monde dans les rues de Mayenne, si ce n'est pour les manifestations en soutien à Charlie Hebdo en janvier 2015. Près d'un millier de personnes se sont réunies dans les rues de la ville pour défendre l'hôpital de Mayenne. L'Agence régionale de santé envisage notamment de supprimer 46 lits sur les 623 du site à horizon 2018. Ou encore un regroupement hospitalier avec les centres du département et celui de Segré (Maine-et-Loire), ce qui fait craindre des fermetures de services, précise l'association Audace 53, à l'origine du mouvement_.
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Parmi les slogans du mouvement : "les patients ne sont pas des clients", ou encore "l'hôpital n'est pas une entreprise".  - Radio France
Parmi les slogans du mouvement : "les patients ne sont pas des clients", ou encore "l'hôpital n'est pas une entreprise". © Radio France - Fabien Burgaud

Des perspectives inconcevables pour cette association d'usagers de l'hôpital fondée il y a deux mois et qui compte déjà 1 000 membres. C'est d'ailleurs le coup de force du mouvement. Ce samedi, dans les rangs, il y a avait des élus de tous bords politiques, des syndicalistes, des personnels hospitaliers et des badauds. "Ça veut dire que la santé est un sujet qui préoccupe les gens. Surtout ici en Mayenne avec le phénomène de désertification médicale, se réjouit Pascal Grandet, le président d'Audace 53.

Parmi les manifestants, il y avait notamment Grégory Heurtebize, le maire de la Bazoge Montpincon, une petite commune du Nord-Mayenne. Et pour lui, il faut défendre le service public en lui attribuant des financements plus importants. "Je suis ici par solidarité en tant qu'élu mais aussi pour faire remonter ce que j'entends. Et ce qui surprend les gens, c'est qu'on parle de financements manquants, mais qu'on les trouve pour rouvrir des EHPAD comme celui de Sainte-Suzanne pour accueillir des migrants. Si l'on doit faire des kilomètres pour se soigner, c'est incompréhensible et inacceptable. On a un hôpital neuf et un personnel compétent donc utilisons-le", termine-t-il.

Pascal Grandet, président de l'association Audace 53, au micro après son entrevue avec la sous-préfète du département.  - Radio France
Pascal Grandet, président de l'association Audace 53, au micro après son entrevue avec la sous-préfète du département. © Radio France - Fabien Burgaud

Après son entrevue avec la sous-préfète, Pascal Grandet a fait plusieurs annonces au micro. "L'Agence régionale de Santé nous recevra à Nantes le 2 janvier prochain. C'est une bonne nouvelle, mais c'est dommage car même les médecins qui en avaient fait la demande ne seront pas reçus, a-t-il expliqué. Mais on ira là-bas pour discuter le bout de gras jusqu'au bout ! Il faut renégocier les financements de l'hôpital. Notre détermination est entière, renforcée par notre nombre ce matin. C'est inédit un millier de personnes à Mayenne", a-t-il conclu sous quelques applaudissements.