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Économie – Social

Près de 30.000 logements privés potentiellement indignes en Seine-Saint-Denis

lundi 28 janvier 2019 à 21:01 Par Faustine Mauerhan, France Bleu Paris

Triste record en Seine Saint Denis. C’est le département d’Ile de France qui compte le plus de logements insalubres. Le tribunal tente d’y faire face mais en a fait le thème de son audience solennelle de rentrée ce lundi.

Les logements de moins de 9m2 sont interdits et jugés comme des logements indignes.
Les logements de moins de 9m2 sont interdits et jugés comme des logements indignes. © Maxppp -

Seine-Saint-Denis, France

Près de 30.000 logements privés sont potentiellement sales, dangereux ou trop petits en Seine-Saint-Denis. C’est le département le plus touché en Île de France. Le logement indigne atteint de tel niveau que le tribunal de Bobigny en a fait le thème de son audience solennelle de rentrée ce lundi 28 janvier. Cette audience solennelle de rentrée, en présence de tous les institutionnels du département, c’était l’occasion d’alerter les yeux dans les yeux le préfet, les maires du département. Car la situation déjà catastrophique empire chaque année. Au tribunal, Julie Fraudeau la substitut du procureur dédiée au mal logement a de plus en plus d’affaire qui s’empilent sur son bureau.  

En 2018, elle a reçu 110 signalements. Des logements pleins de moisissures, sans fenêtre, dans des caves, des garages. "Le plus marquant c'est souvent les dossiers de sur-occupation, quand vous avez dans des toutes petites surfaces trente ou trente-cinq personnes, des gens qui vivent là des mois et des années", reconnait Julie Fraudeau. Pour elle, la division pavillonnaire, "des pavillons qu'on divisent en quinze, seize, dix-sept chambres avec plusieurs personnes par chambre, des familles souvent", est un "véritable fléau" en Seine-Saint-Denis. Mais la substitut compte bien lutter contre ces marchands de sommeil même si sur ces dossiers-là, la justice peut paraître lente.

Des années pour faire valoir son droit

Car seulement 31 cas de logements indignes ont été portés devant un juge en 2018. Et 14 ont été jugés. Trop peu pour les associations d'accompagnement des victimes qui voient trop de familles se décourager.  Eric Constantin, le directeur de l'antenne Île-de-France de la fondation Abbé Pierre suit régulièrement des familles à l'Espace solidarité habitat de l'association. Il doit bien souvent "les soutenir pour qu'elles n'abandonnent pas" pendant le temps de l'enquête. Des mois dans le meilleur des cas, pendant lesquelles il faut rester vivre dans le taudis, faute de décision de relogement. Car bien souvent les victimes "vont attendre des années, à partir du moment où elles vont se signaler, avant que la justice se prononce sur leur cas. il n'y a rien de plus injuste de savoir que le droit est avec vous et pourtant d'attendre que la justice se prononce.