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Économie – Social

Près de Rouen, les employés du Carrefour Contact de Grand-Couronne débrayent contre la fermeture du magasin

lundi 4 juin 2018 à 19:24 Par Hélène Fromenty, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Comme 242 autres magasins, le Carrefour Contact de Grand-Couronne, près de Rouen, va fermer en juillet. Après avoir fait grève à Pâques, les employés ont débrayé ce lundi pour protester. Sept salariés sont menacés. Et tout un quartier prioritaire va se retrouver sans commerce de proximité.

Le Carrefour Contact de Grand-Couronne va ferme le 13 juillet.
Le Carrefour Contact de Grand-Couronne va ferme le 13 juillet. © Radio France - Hélène Fromenty

Grand-Couronne, France

A un mois de la fermeture de leur magasin, les salariés du Carrefour Contact de Grand-Couronne, dans l'agglomération rouennaise, ont débrayé ce lundi pour dénoncer la décision de leur direction. Dans la matinée, lors d'un comité central d'entreprise, le groupe de grande distribution a confirmé aux syndicat que 243 magasins -  uniquement des anciens Dia, devenus Carrefour City, Contact et Contact Marché - mettraient la clé sous la porte sur tout le territoire en juillet. En Seine-Maritime et dans l'Eure, 10 magasins vont baisser le rideau. 

Au Carrefour Contact de Grand-Couronne, les 7 employés sont encore sous le choc. "Quand le magasin Dia a été racheté il y a deux ans, c'était un gage de stabilité, affirme le chef adjoint Yann Marie. C'était difficile au début, mais on commençait à bien se relancer, et ils nous coupent l'herbe sous le pied." Lui est en CDI, et peut prétendre à une offre de reclassement.

Ce lundi, le magasin n'a ouvert que quelques heures entre midi et deux. - Radio France
Ce lundi, le magasin n'a ouvert que quelques heures entre midi et deux. © Radio France - Hélène Fromenty

En revanche, pour les 4 employés en CDD "il ne promettent rien" s'offusquent Elodie Vallois, en contrat à durée déterminée depuis deux ans. _"C'est retour au chômage, on n'a pas le choix,_précise cette jeune mère de famille, qui s'inquiète aussi pour la clientèle de ce quartier prioritaire de la politique de la ville. Ici il y a beaucoup de gens sans permis, des personnes âgées, on ne sait pas comment ils vont faire".

"Comment on fait quand on est seul ?" 

En effet, un peu plus loin, on croise Jacqueline, une habitante de 80 ans, habituée du magasin. "Moi j'ai de la chance, j'ai encore mon mari, mais j'ai des copines qui sont seules et sans voitures. Comment on fait quand on est tout seul ?" 

"S'il n'y a plus ce petit truc de proximité, ça va compliquer la vie de beaucoup de personnes", confirme Gildas, qui fait ses courses ici deux fois par semaines. Il y a bien un réseau de bus, mais les autres magasins sont "à 2 kilomètres", et pas si facile de ramener ses coures en transport en commun. Sans compter que d'autres grandes surfaces de la commune déménagent, ou ferment également. 

Carrefour ruine les efforts de la ville.

Pour la CGT, ce magasin fonctionnait pourtant bien. "Il était rentable, estime Pascal Grain, délégué syndical chez Carrefour Market. Peut-être pas au sens de la direction, car c'était surement un peu trop cher pour les gens du coin, mais il était rentable. Le groupe pense plus à la rentabilité des actionnaires qu'à ses clients."

Même incompréhension du côté de la municipalité. Selon le maire de Grand-Couronne, Patrice Dupray, "Carrefour ruine les efforts de la ville" dans ce quartier prioritaire. "C'est inadmissible, c'est vraiment un mauvais coup porté au quartier des Bouttières."

Au niveau national, Carrefour a ouvert 1500 postes aux employés dont les postes seront supprimés. Des postes souvent moins qualifiés, et avec beaucoup de candidats sur une même offre, signale la CGT, selon qui le groupe "est loin de tout mettre en oeuvre" pour aider ses salariés à trouver une solution. D'après le syndicat, en Normandie, seules 7 demandes de reclassement ont déjà été validées.