Économie – Social

Près de Rouen, les salariés d'Alstom sont inquiets pour leur avenir

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu mardi 27 septembre 2016 à 18:57

Le site d'Alstom de Petit Quevilly (près de Rouen) emploie 80 personnes.
Le site d'Alstom de Petit Quevilly (près de Rouen) emploie 80 personnes. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Avec le possible transfert des activités d'Alstom à Belfort vers l'Alsace, les salariés du groupe en Seine-Maritime sont soucieux. Ils craignent un impact direct sur le site de Petit-Quevilly dans les années à venir. Ils ont participé à la grève organisée par les syndicats ce mardi 27 septembre.

Ils étaient 400 à manifester ce mardi 27 septembre devant le siège d'Alstom à Saint Ouen, en région parisienne. Tous des salariés qui protestent contre le possible transfert de l'activité du site de Belfort vers un autre site en Alsace. Près de 400 emplois sont menacés d'être déplacés. Ce mardi, après un conseil d'entreprise extraordinaire, le groupe était réuni en comité d'entreprise. A la mi-journée, son PDG Henri Poupart-Lafarge était entendu à l'Assemblée nationale.

Les salariés du site de Petit-Quevilly, près de Rouen se sont aussi mobilisés. Une dizaine d'entre eux ont fait le déplacement jusqu'à Saint-Ouen pour participer à la manifestation. Ceux qui sont restés en Seine-Maritime se sont pour certains mis en grève (seules quelques personnes), pour d'autres ont procédé à un débrayage entre 10h30 et 11h30. Tous regardent le site de Belfort avec la crainte de subir le même sort dans quelques années.

Si un site de 400 emplois est touché, ça peut nous arriver aussi

Pour l'instant, le site de Petit-Quevilly n'est pas directement menacé mais il dépend directement des sites de Belfort, Valenciennes et dans une moindre mesure de Tarbes. En effet, les 80 salariés du site rouennais produisent des transformateurs pour équiper des locomotives de TGV. Le transfert de l'activité belfortaine étant directement lié à un manque de commandes, Pierre Brocas, le délégué CFE-CGC du site résume : "On fabrique des transformateurs donc s'il n'y a plus de locomotives on ne fera plus de transformateurs. Évidemment on ne produit pas que pour le marché français, on a aussi des commandes à l'étranger donc ça pourrait nous sauver mais si un site de 400 emplois est touché, ça peut nous arriver aussi." Pour l'instant celui qui est aussi membre du CE se veut rassurant puisque l'entreprise a une visibilité sur deux ans.

Le TGV du futur, la poule aux œufs d'or ?

Un carnet de commandes plein jusqu'en 2018 et un objectif pour Alstom : décrocher un contrat avec la SNCF pour fabriquer les TGV du futur à partir de 2020. Le groupe planche déjà sur la conception et Petit Quevilly fait partie des huit sites retenus pour travailler sur le dossier mais aucun contrat n'est signé pour l'instant. "On est dessus mais on n'a pas encore de commande ferme, c'est tout le problème", explique Sébastien Grenu, délégué CGT. "Ca pourrait donner du travail à tous les sites d'Alstom mais si on ne récupère pas la commande, l'avenir de ces usines est compromis. On a donc besoin de ce contrat pour pérenniser le site de Petit Quevilly."

Les activités du site, protection relative à un transfert d'activité

Selon les syndicats, un des défauts majeurs du site de Petit Quevilly est son coût : "'Nous avons seulement 80 personnes sur un site assez étendu", résume Sébastien Grenu. Le groupe Alstom pourrait donc être tenté de déplacer les activités sur un site dont les locaux ne sont pas totalement occupés. Pourtant, la composition du site rouennais permettrait d'éviter ça selon Pierre Brocas : "Produire un transformateur demande un savoir-faire très précis. C'est donc compliqué de transférer ce type d'activité". De plus, délocaliser une activité industrielle coûterait cher.

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