Économie – Social DOSSIER : Travail / Emploi : un enjeu électoral 2017

Présidentielle 2017 : les attentes du monde de l'industrie en Franche-Comté

Par Dimitri Imbert, France Bleu Besançon lundi 20 mars 2017 à 4:00

Dimeco emploie une centaine de salariés à Pirey près de Besançon. L'entreprise fabrique des machines pour le travail de la tôle en bobine.
Dimeco emploie une centaine de salariés à Pirey près de Besançon. L'entreprise fabrique des machines pour le travail de la tôle en bobine. © Radio France - Dimitri Imbert

Avec ses 187.000 emplois, la Bourgogne-Franche-Comté reste la première région industrielle de France. Mais nombre d'entreprises peinent toujours à recruter. A Pirey près de Besançon, la dirigeante de Dimeco attend surtout un effort sur la formation et une prime au "fabriqué français".

Bureaux et atelier, Dimeco s'étend sur 7500 mètres carrés à Pirey près de Besançon. Fondée en 1957 cette société familiale emploie une centaine de salariés et produit des machines pour le travail de la tôle en bobine. Comprenez que Dimeco conçoit les systèmes de production pour les fabricants, que ce soit de chauffe-eaux ou de casseroles. "Ici, vous vous trouvez au montage des amenages;.On monte de A à Z les machines", détaille fièrement Luc Augé, mécanicien-monteur chez Dimeco depuis 37 ans. L'amenage, c'est le mécanisme qui tire la bande de tôle, et la fait pénétrer dans la presse pour qu'elle soit travaillée."

Un véritable effort sur la formation - Christine Jeanney, présidente de Dimeco depuis trois ans

Sur place, tout est nickel, le bruit, très supportable. On est loin de Zola, des ateliers sales poussiéreux, enfumés et bruyants. Une image dont l'industrie continue à pâtir et qu'il faut changer estime Christine Jeanney qui a repris les rênes de l'entreprise paternelle il y a trois ans. "Il faut d'abord et avant tout un effort sur la formation. on a du travail on cherche à embaucher et on ne trouve pas de personnes qui veulent travailler dans l'industrie. Il y vraiment un problème au niveau de l'Education nationale, les proviseurs découragent les jeunes de faire des formations techniques, parce que c'est mauvais pour leurs statistiques. C'est lamentable" s'indigne la présidente du groupe."On est cent personnes, on essaye d'avoir dix pour cent en apprentissage, quand on arrive à en avoir six ou sept c'est le maximum!"

Christine Jeanney a repris les rênes de l'entreprise paternelle il y a trois ans. - Radio France
Christine Jeanney a repris les rênes de l'entreprise paternelle il y a trois ans. © Radio France - Dimitri Imbert

Autre attente forte vis-à-vis du futur locataire de l'Elysée, le retour à une certaine forme de protectionnisme : "Il faut privilégier le fabriqué français et le fabriqué européen! Les Américains le font, les Asiatiques le font, nous on est beaucoup trop angéliques sur se sujet. Et puis surtout, il faut de l'Europe. Il n'y a que ça."

Et pour cause : Dimeco vend plus de 70% de sa production à l'export, principalement en Europe, Allemagne, Suède ou Angleterre. L'entreprise affiche aujourd'hui un chiffre d'affaires de vingt millions d'euros et une hausse de 25% par rapport à l'année dernière, même si, précise Christine Jeanney, "l'activité est très cyclique.". Les salaires y vont du SMIC à plus de 6000 euros.

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