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Économie – Social

Presse locale - Enterrement de classe pour le journal l'Echo à Limoges

Ce mercredi 06 novembre restera comme une journée noire pour la presse locale. Après 76 ans d'existence, c'est la fin pour le journal l'Echo. Le tribunal de commerce de Limoges rendra son délibéré vendredi mais il n'y a plus aucun espoir selon la direction du quotidien. 44 personnes y travaillaient.

Les salariés du journal l'Echo ont déposé un cercueil symbolique ce mercredi devant la cité judiciaire à Limoges
Les salariés du journal l'Echo ont déposé un cercueil symbolique ce mercredi devant la cité judiciaire à Limoges © Radio France - Jérôme Ostermann

Limoges, France

Cette fois, c'est bel et bien la fin pour le journal l'Echo. Créé par la résistance à Limoges pendant la seconde guerre mondiale, ce quotidien proche de la CGT et du Parti Communiste va être mis en liquidation. Si le délibéré du tribunal de commerce de Limoges sera rendu ce vendredi, sa décision ne fait plus aucun doute à l'issue de l'examen du dossier ce mercredi selon Frédéric Sénamaud, qui dirige la société éditrice du titre :"Je ne vais pas pratiquer la langue de bois et donner de faux espoirs. Vu ce que l'on a entendu de la part du tribunal de commerce, la décision me semble inéluctable quand à l'arrêt définitif de l'Echo. C'est terrible pour tous les gens qui concourent à son édition c'est à dire les journalistes que je salue pour leur dignité. Mais aussi pour la pluralité de la presse".  

On a besoin que l'Echo continue dans nos territoires ruraux

En tout, l'Echo compte encore 44 salariés en CDI plus 4 salariés en CDD. Des salariés sous le choc. S'ils savaient que le journal allait mal depuis longtemps, ils ne s'attendaient vraiment pas à une décision aussi brutale, d'autant qu'ils travaillaient dur pour voir l'avenir s'éclaircir. Notamment la journaliste Fatima Azzoug :"En une semaine, on apprend l'arrêt du journal et sa liquidation donc on n'a pas compris la soudaineté de cette décision, d'autant qu'on était en train de préparer une nouvelle formule. Et du jour au lendemain, on nous dit que c'est terminé. C'est frustrant. On n'a pas eu la possibilité de se battre. On a l'impression qu'on nous a retiré le droit d'essayer de trouver une solution, de tout tenter pour essayer de sauver ce titre."

La pluralité de la presse en prend un coup avec la disparition de l'Echo - Radio France
La pluralité de la presse en prend un coup avec la disparition de l'Echo © Radio France - Jérôme Ostermann

Des salariés qui ont passé la journée de mercredi à faire leurs cartons et non à noircir les colonnes du journal du lendemain. C'était à n'en pas douter la pire journée de leur vie professionnelle. D'ailleurs, c'est avec un petit cercueil symbolique qu'ils sont arrivés à la cité judiciaire. Leur seul petit rayon de soleil étant le soutien de leurs lecteurs venus nombreux mercredi soir à la sortie du tribunal de commerce. Ils étaient environ 300. Dans la foule, Béatrice, permanente CGT au Centre Hospitalier de Tulle :"Je suis venu pour dire que ça ne doit pas s'arrêter. L'Echo, on en a besoin. On a besoin d'être défendu. C'est un journal qui a toujours été à nos côtés. Dès qu'on les a appelés, ils ont toujours été présents, dans toutes les luttes qu'on a pu mener sur le bassin de Tulle. On a besoin que l'Echo continue dans nos territoires ruraux."

Mais ce ne sera pas le cas. Ce vendredi, le tribunal de commerce de Limoges va annoncer la liquidation du journal qui ne sera d'ailleurs pas en kiosque ce jeudi. Une très mauvaise nouvelle pour la presse et pour une pluralité rendue d'autant plus nécessaire que la concentration des grands titres nationaux aux mains de quelques riches propriétaires s'est dangereusement accélérée ces dernières années.  

A ECOUTER - La disparition de l'Echo analysée par Jean-Marie Charon, sociologue et spécialiste des médias

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