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Économie – Social
Dossier : Mouvement des gilets jaunes

Prime de fin d'année : "Si c'est vraiment sans charges, je vais leur verser le double"

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Par , France Bleu Cotentin, France Bleu

Emmanuel Macron demande aux patrons "qui le peuvent", de verser une prime de fin d'année (défiscalisée) à leurs salariés. Une bonne mesure pour les entreprises manchoises les plus dynamiques mais d'autres accusent le gouvernement de se défausser.

Sébastien Lebon, patron d'une entreprise de maçonnerie basée au Pont de Martinvast, près de Cherbourg.
Sébastien Lebon, patron d'une entreprise de maçonnerie basée au Pont de Martinvast, près de Cherbourg. © Radio France - Valentine Joubin

Manche, France

Lors de son discours en réponse aux gilets jaunes, lundi soir, Emmanuel Macron a demandé aux chefs d'entreprise "qui le souhaitent", de verser une prime exceptionnelle de fin d'année à leurs salariés. Cette prime sera défiscalisée (sans charge ni impôt) promet le chef de l'Etat. Dans la Manche, de nombreuses PME pratiquent déjà ce type de gratification. Certaines vont en profiter pour en augmenter le montant et saluent la mesure mais d'autres dénoncent des effets pervers.

Cela me fait plus plaisir de leur donner à eux qu'à l'Etat, si on peut dire - Sébastien Leblond, chef d'entreprise

Sébastien Leblon est un patron très heureux, "je ne me plains pas au contraire!". Son entreprise de maçonnerie, basée au Pont de Martinvast, près de Cherbourg, ne manque pas de client et cumule 940.000 euros de chiffre d'affaire pour 2018. Comme l'année dernière, l'ancien ouvrier a donc décidé de verser une prime à ses neuf salariés. Avec la défiscalisation, annoncée par le gouvernement, il va même en doubler le montant. "Quand j'ai versé à l'un deux 850 euros en 2017, cela m'a coûté quasiment le double. Si on retire vraiment toutes les charges, je vais lui verser 1.650 euros, explique le chef d'entreprise. C'est mérité parce que moi, sans mes salariés je ne peux pas grand chose".

Franck Fauquenoy ne versera pas de prime à ses salariés. Il a perdu 30% de chiffre d'affaire suite au mouvement des gilets jaunes. - Radio France
Franck Fauquenoy ne versera pas de prime à ses salariés. Il a perdu 30% de chiffre d'affaire suite au mouvement des gilets jaunes. © Radio France - Valentine Joubin

L'impact du mouvement des gilets jaunes

Récompenser ses employés, Franck Fauquenoy en avait bien l'intention, mais avec le mouvement des gilets jaunes, ce gérant d'une sandwicherie dans le centre-ville de Cherbourg, a changé d'avis. "On n'a pas été livrés pendant cinq jours, ce qui fait cinq jours sans activité. En terme de chiffre d'affaire, cela représente une perte de 30%. La fin du mois va être compliquée, on va terminer à zéro". La prime de 300 euros prévue pour chaque salarié est donc annulée". "Je peux comprendre avec tous les blocages qu'il y a eu, c'est la première année d'ouverture", réagit Marine, une salariée. "Je trouve ça dommage, nul pour nous", confie Mathilde qui vient d'être embauchée.

" Il ne faut pas faire miroiter, faire croire à l'ensemble des salariés qu'ils auront une prime de Noël" 

Pour Jean-Philippe Normand, président de la CGPME dans la Manche, l'annonce d'Emmanuel Macron revêt un effet pervers. " Il ne faut pas faire miroiter, faire croire à l'ensemble des salariés qu'ils auront une prime de Noël. Toutes les entreprises ne le pourront pas", avertit le représentant des petits patrons. "Il ne faut pas que ce que le gouvernement n'a pas pu faire pour les gilets jaunes, se reportent sur les entreprises et que ce soient elles qui soient responsables". Philippe Renault, gérant dans le secteur automobile, redoute des tentions avec les salariés : "C'est pas bon. Il ne faut pas laisser ça entre les mains des patrons".

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