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Économie – Social

Prison: les surveillants de Metz-Queuleu suspendent le blocage

samedi 27 janvier 2018 à 0:19 Par Vianney Smiarowski, France Bleu Lorraine Nord

Les surveillants de la prison de Metz-Queuleu ont levé leur blocage ce vendredi. Le syndicat majoritaire, l’UFAP-UNSA, a annoncé qu’il allait signer le projet d'accord avec le gouvernement. FO, la CGT et le SPS sont amers.

Prison de Metz Queuleue
Prison de Metz Queuleue © Maxppp - Alexandre MARCHI

Metz, France

Après douze jours de mobilisation, les surveillants de la maison d’arrêt de Metz-Queuleu ont levé leur blocage ce vendredi après-midi quand la nouvelle est tombée. Le syndicat majoritaire au niveau national, l’UFAP-UNSA, annonce dans un communiqué avoir pris ses "responsabilités". Il va signer le projet d’accord avec le gouvernement et estime que le texte est une "base d’évolution profonde de notre système carcéral » et « traduit une volonté de changer le fonctionnement des prisons devenues de véritables coupe-gorge et des zones de non droit".  

La garde des sceaux, Nicole Belloubet, annonce de son côté une application "rapide" du protocole d’accord qui dit-elle dans un communiqué "permettra de mettre en oeuvre des mesures concrètes pour améliorer la sécurité des agents en détention, accélérer les recrutements et renforcer les dispositifs indemnitaires".  

"nous n’avons pas réussi à faire corps face au gouvernement"

FO, la CGT et le SPS, ont refusé de signer ce projet d’accord. A Metz-Queuleu les surveillants ont levé leur blocage un peu après 14h mais ils ne sont pas satisfaits pour autant. 

Fadila Doukhi, déléguée régionale FO pénitentiaire est en colère. Pour elle, les mesures envisagées avaient déjà été actées dans le budget de l'Etat. Elles ne suffisent pas.   

"Je trouve lamentable que nous n’avons pas réussi à faire corps face au gouvernement qui ne voulait rien lâcher. 1100 emplois de surveillants seront créés sur quatre ans, en plus de ce qui est déjà arbitré. Au dernier concours où ils recrutaient 1400 personnels, il n’y avait que 30% des inscrits donc je ne sais pas où ils vont trouver les candidats pour pouvoir combler les postes vacants. Ensuite, on parle de quartiers spécifiques pour gérer les détenus dangereux, les détenus radicalisés. Si on ne crée pas une structure spécifique adaptée pour les accueillir dans le Grand Est par exemple, je ne sais pas où on va les mettre. On va continuer à les gérer au sein de notre détention et ces personnes vont continuer à faire du prosélytisme au sein des détentions. Aujourd’hui, on n’a pas eu d’avancée sur les aménagements de peine. On n’a pas eu d’avancée sur le sense de la peine. On n’a pas eu d’avancée sur la reconnaissance du métier. Quelle image pouvons-nous montrer de nous pour avoir plus de candidats au concours ? On n’a rien de tout cela" regrette Fadila Doukhi. 

Fadila Doukhi, secrétaire régionale FO pénitentiaire

"la seule chose qu’il y a de neuf, c’est qu’ils vont renouveler les dotations individuelles. Ça c’est sympa, au niveau des gilets par-balles, au niveau des chaussures parce qu’on les garde longtemps. Ils vont nous donner des gants et ils vont augmenter une prime de fin d’année. On a 1000 euros, ils vont l’augmenter à 1400 euros brut et la prime de dimanche et jour férié, au lieu de vingt-six on passe à trente-six euros. Le montant global des dispositions indemnitaires s’élève à 30 millions d’euros. En 2016, le gouvernement a voté un budget de plus de 800 000 euros pour la police et la gendarmerie. Vous voyez la différence? Moi je trouve que c’est lamentable. En sachant que la CGT, le SPS et FO ont été contre cette mesure. Donc nous aujourd’hui on va laisser passer le week-end et on va voir ce que l’on peut faire ensemble parce que si on accepte cela, on ne demande rien pendant vingt ans. Quand on parle de la sécurité publique et de la sécurité du personnel, on doit être unis, peu importe dans quel camp on est syndiqué, là on doit montrer notre solidarité comme les autres forces de sécurité intérieur et on n’a pas su le faire" résume Fadila Doukhi.   

Fadila Doukhi, secrétaire régionale FO pénitentiaire

Au moment où les surveillants de Metz-Queuleu levaient leur blocage, une quinzaine de proches de détenus se rassemblaient devant la maison d’arrêt pour dénoncer les conséquences du mouvement des surveillants sur les conditions carcérales des détenus. Espérants, comme le gouvernement, une sortie du conflit et la fin de la paralysie des prisons.