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Économie – Social

Privas : l'hôpital est en cessation de paiement

mardi 2 octobre 2018 à 15:47 Par Pierre-Jean Pluvy, France Bleu Drôme Ardèche

L'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes va injecter six millions d'euros pour payer les salaires et les fournisseurs. Le directeur du centre hospitalier des Vals d'Ardèche a été limogé. L'hôpital est placé sous tutelle.

Le CHSCT avait commandé un audit sur la souffrance au travail
Le CHSCT avait commandé un audit sur la souffrance au travail © Maxppp -

Privas, France

La décision a été prise en juin dernier après un audit demandé par l'ARS (agence régionale de santé). L'hôpital de Privas sera donc placé sous administration provisoire à partir du 15 octobre pour une durée de six mois renouvelable une fois. 

"On peut considérer l'hôpital de Privas comme en faillite" — Jean-Yves Grall, directeur de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes

L'hôpital accuse un déficit de 4,4 millions d'euros, soit 10% de son budget total. 

Des médecins intérimaires payés à prix d'or

Le centre hospitalier des Vals d'Ardèche fait appel à de nombreux médecins intérimaires par manque de praticiens hospitaliers qui délaissent cet  hôpital. Le coût d'un médecin intérimaire peut aller jusqu'à 2500 euros net pour une garde de 24 heures. 5000 euros brut. Parfois en dehors des plafonds réglementaires comme le souligne la chambre régionale des comptes dans son rapport de 2017 sur la période 2010/2014.  

De quoi gréver fortement les finances de l'hôpital qui a dépensé en l'an passé 300.000 euros pour payer les médecins intérimaires. Par ailleurs les médecins intérimaires sont moins investis dans une structure où ils ne restent que quelques jours : conséquence certains renseignent approximativement les actes médicaux effectués. Si pour une appendicite vous inscrivez un mal de ventre, l'hôpital recevra 50 euros, si vous inscrivez appendicite, l'hôpital recevra 2 500 euros. Pas de volonté de nuire, juste de la négligence explique l'ARS.    

Une baisse continue de l'activité

La population fait de moins en moins confiance à l'hôpital de Privas. Le nombre d'accouchements est en baisse: l'hôpital ne réalise plus que 200 accouchements par an. Moins de 50% des femmes du bassin de santé privadois choisissent la maternité de l'hôpital de Privas

L'activité de chirurgie est en forte baisse et seule la chirurgie ambulatoire connaît encore un légère activité. Le comble, c'est la baisse d'activité aux urgences alors que la plupart des services d'urgence en France voit leur activité augmenter fortement.     

Une mise sous tutelle de six mois

Un directeur provisoire est donc nommé pour une période de six mois renouvelable une fois. Il est chargé de remettre en ordre de marche l'hôpital et notamment de faire respecter les procédures : les commandes de fournitures étaient parfois passées par des personnels non-habilités. 

Les temps de travail des personnels étaient régulièrement modifiés par des cadres qui n'en avaient pas le droit. Le directeur de l'ARS évoque l'éventualité de fermeture de service en trop forte sous activité. Ce sera au directeur de prendre des décisions pour remettre à flot cet établissement.  

Privas, en Ardèche - Radio France
Privas, en Ardèche © Radio France - Denis Souilla