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Économie – Social

Prix du lait : les agriculteurs de la Loire inquiets

jeudi 20 septembre 2018 à 7:36 Par Marie-Jeanne Delepaul, France Bleu Saint-Étienne Loire

Permettre aux éleveurs de vivre de leur travail : c'est le grand enjeu de la loi "alimentation". Sauf que les négociations entre les agriculteurs et les laiteries sur le prix du lait piétinent.

Les éleveurs laitiers doivent négocier les indicateurs du prix du lait avec les laiteries.
Les éleveurs laitiers doivent négocier les indicateurs du prix du lait avec les laiteries. © Maxppp - Collection Watier

Les producteurs de lait vont-ils pouvoir vivre de leur travail ? C'est le grand enjeu de la loi "alimentation". Suite aux "états généraux de l'alimentation", il y a un an, les agriculteurs doivent négocier les indicateurs du prix du lait avec les laiteries. Sauf que les débats tournent court.

Pour essayer de faire avancer les discussions, le syndicat la FDSEA et les Jeunes agriculteurs de la Loire ont organisé le 17 septembre une réunion avec les laiteries à l'hippodrome de Feurs.

D'un côté, les éleveurs demandent un "juste prix" du lait. Ils veulent qu'on prenne en compte leurs coûts de production pour ne pas produire à perte. Aujourd'hui dans la Loire, selon le syndicat de la FDSEA, la tonne de lait est payée 325 euros en moyenne ; les agriculteurs demandent 360 euros, soit 40 euros de plus. Cela leur permettrait d'embaucher, d'investir... et surtout d'arrêter de vivre au jour le jour. Finis les prix qui changent tous les quatre matins et qui empêchent de se projeter dans l'avenir. 

Un salaire de moins de 800 euros par mois

D'un autre côté, les laiteries ne veulent pas d'un prix trop élevé : elles ont peur de perdre en compétitivité. Pour la Sodiaal par exemple, intégrer les coûts de production des agriculteurs français sur le marché international, c'est du suicide : "Notre lait se vendrait beaucoup plus cher que le lait irlandais ou allemand par exemple, on serait mort ! Le prix est toujours fonction du marché, donc pour moi c'est simple : les coûts de production ne peuvent s'intégrer que sur le marché français, qui ne représente que 50% des volumes de lait produits en France", explique Thierry Lanuque, adminsitrrateur de Sodiaal et producteur de lait dans les Landes.

Sauf qu'en attendant, "les éleveurs de la Loire gagnent en moyenne 500 à 800 euros par mois pour 50 heures de travail par semaine minimum" selon Stéphane Joandel, président de la section laitière Auvergne Rhône Alpes de la FRSEA, et éleveur laitier à Sauvain.

Les éleveurs sont donc inquiets, alors même que le projet de "loi alimentation" vient de passer à l'Assemblée nationale, et arrive au Sénat le 25 septembre. "Cette loi aurait dû être le socle d'un renouveau agricole et alimentaire et c'est une nouvelle fois un renoncement auquel nous avons assisté", regrette la Confédération paysanne, jointe par l'AFP. "On avait beaucoup d'espoir avec les états généraux de l'alimentation mais aujourd'hui ça patine. Il y a de la valeur dans la filière laitière mais elle n'est pas partagée, elle ne redescend pas au producteur. Si les laiteries jouaient franc jeu, on pourrait avoir un salaire d'un SMIC à un SMIC et demi par exploitation, ce serait déjà pas mal !" déplore Stéphane Joandel, de la FRSEA.

Stéphane Joandel, président de la section laitière Auvergne Rhône Alpes du syndicat FRSEA.

A Sauvain, des producteurs mieux rémunérés

Les grandes laiteries comme Lactalis freinent des quatre fers pendant les négociations. Pourtant, à petite échelle, des solutions existent déjà. Dans l'entreprise laitière de Sauvain par exemple. Là-bas, on fabrique du fromage, de la fourme de Montbrison. Et il y a deux ans, l'entreprise a signé un accord avec ses vingt-trois producteurs de lait. Le but, c'était de mieux les rémunérer. Eric Soubeyrand, le directeur : "J'achète en moyenne le lait 15 à 20% plus cher que ce qui se fait au niveau national. On a la chance d'avoir une petite structure qui fait qu'on peut essayer de trouver ce qui va bien pour que tout le monde gagne sa vie."

Bien sûr, c'est une décision qui a des conséquences : "Derrière on a aussi des concurrents qui ont du lait moins cher, donc des produits moins chers". Il faut donc user de la pédagogie auprès des clients.

Cet accord, c'est ce qui a sauvé Josiane Grange, qui élève vingt-huit vaches laitières : "On a vécu des moments très difficiles il y a plusieurs années, donc ça nous donne de l'air, on a plus de visibilité sur l'avenir, on a un prix qui se maintient sur l'année, on n'a pas de variation comme ont certains."

Avant Josiane gagnait 800 euros par mois, grâce à cet accord elle touche environ 1100 euros : presque un SMIC, ça parait peu, mais dans le milieu de l'élevage c'est déjà beaucoup.

A l'échelle locale, des solutions existent déjà : le reportage France Bleu