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Économie – Social

Fin des 35 heures chez PSA Vesoul : "une honte" pour la CGT, "une signature courageuse" pour FO

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon

Les salariés de PSA Vesoul vont travailler plus de 35 heures par semaine à partir de septembre 2018. Direction et syndicats ont signé un accord ce jeudi soir. La CGT, qui n'a pas paraphé le document, parle de "honte" quand FO défend une décision "courageuse et intelligente pour les salariés".

L'usine PSA de Vesoul.
L'usine PSA de Vesoul. © Radio France - Jean-François Fernandez

Vesoul, France

Les 35 heures chez PSA-Vesoul, c'est terminé. Trois syndicats - FO, la CFTC et la CFE-CGC - représentant près de 80% des 3.000 salariés, ont signé l'accord ce jeudi soir, après un dernier après-midi de négociations.  La durée de travail hebdomadaire sera portée à 37h45, sans compensation salariale complète, dès septembre. Seule la CGT a refusé de signer et dénonce la casse des 35 heures. Pour son délégué central, Jean-Pierre Mercier, "les salariés vont encore plus travailler gratuitement. Les salariés vont travailler 37 heures 45, payées 36 heures, soit trente-trois minutes de plus par jour, tous les jours de la semaine y compris le samedi quand il y aura des heures supplémentaires".

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT, est venu soutenir les salariés vésuliens qui refusent l'abandon des 35 heures. (photo d'archives) - Maxppp
Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT, est venu soutenir les salariés vésuliens qui refusent l'abandon des 35 heures. (photo d'archives) © Maxppp -

"C'est une véritable attaque à portée nationale pour nous, poursuit le délégué syndical. C'est faire sauter le verrou des 35 heures dans un groupe industriel comme PSA qui est un groupe multimilliardaire où les actionnaires ont touché 480 millions de dividendes l'année dernière".

Pour nous, c'est véritablement une honte d'avoir signé cet accord avec la direction", délégué central CGT groupe PSA

Jean-Pierre Mercier ne décolère pas : "Pour nous, c'est véritablement une honte d'avoir signé cet accord avec la direction". "Les salariés ne demandent pas à travailler plus longtemps, explique-t-il. Ils demandent à être mieux payés, ils demandent à ce que les cadences diminuent, à ce que la charge de travail arrête d'exploser, ils demandent l'embauche des intérimaires et à travailler moins."

FO met en garde contre "une concurrence farouche" sur le marché des pièces détachées

La direction estime qu'en contre-partie de cet accord, il y a la pérennité du site mondial de pièces détachées. Mais la CGT n'y croit pas. "La pérennité du site, c'est la tarte à la crème, c'est l'argument bateau que les patrons invoquent à chaque fois, selon Jean-Pierre Mercier. Monsieur Tavares, le PDG du groupe, accuse les salariés de Vesoul de ne pas travailler assez, de ne pas être assez compétitifs, c'est quand même fort de café". Car la CGT précise que le secteur n'est pas vraiment concurrentiel. 

Ce n'est pas l'opinion de Force ouvrière, syndicat signataire de l'accord avec la direction. Christian Lafaye, délégué central FO à PSA Vesoul, affirme qu'il y a "une concurrence farouche" sur le marché des pièces détachées. Et s'il n'a pas signé d'"énorme gaieté de coeur", il défend une "signature courageuse et intelligente pour les salariés et le site".

800 signatures contre les 37 heures 45 à Vesoul

Mais le syndicat ne s'avoue pas vaincu. Certes trois syndicats ont signé, mais l'accord n'est pas encore appliqué. "Il y a une pétition qui a circulé avec près de 800 signatures sur le site de Vesoul, ajoute Jean-Pierre Mercier. Sur l'ensemble des sites de PSA, cette pétition lancée par la CGT a recueilli plus de 10.200 signatures de salariés contre les 37 heures 45 à Vesoul et pour le maintien des 35 heures sur l'ensemble des sites".

Carlos Tavares va essayer de l'imposer à l'ensemble des usines" -Jean-Pierre Mercier, délégué CGT

Ce que craint en effet la CGT, c'est que cet accord soit une brèche dans laquelle pourrait s'engouffrer d'autres sites du groupe. Même pire, prévient Jean-Pierre Mercier : "Tout le monde est bien conscient que si la direction de PSA arrive à imposer cet accord à PSA Vesoul, le PDG Carlos Tavares va bien sûr essayer de l'imposer à l'ensemble des usines PSA, et même si PSA met le petit doigt dans cette affaire-là, ça veut dire aussi que Renault, Toyota, les fournisseurs, les sous-traitants vont vouloir aussi casser les 35 heures". 

La CGT appelle les salariés à se mobiliser

Le syndicat, qui n'est pas majoritaire à PSA-Vesoul, souhaite que cet accord serve d'électrochoc et Jean-Pierre Mercier explique qu'il n'est pas dupe. "Pourquoi la direction de PSA a choisi le site de Vesoul ? C'est parce que les élections professionnelles viennent d'avoir lieu et que la direction a quatre ans devant elle avant que les salariés ne revotent pour tel ou tel syndicat. Le délégué central poursuit : "Toutes les usines PSA vont voter les unes après les autres jusqu'à avril 2019, et il va falloir que tous les salariés se mobilisent concrètement dans les ateliers, dans les usines, pour faire reculer la direction du groupe PSA."

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