Économie – Social

Pyrénées-Atlantiques : les boulangers partent en guerre contre la fermeture hebdomadaire

Par Fanette Hourt, France Bleu Béarn et France Bleu Pays Basque mardi 27 octobre 2015 à 19:26

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baguettes © Radio France - Benjamin Fontaine

Une partie des boulangers du département s'est réunie ce mardi à Pau afin de peaufiner sa stratégie contre l'obligation de fermeture hebdomadaire imposée par la préfecture.

Les boulangers des Pyrénées-Atlantiques préparent leur riposte. Entre 50 et 60 entreprises sont mobilisées pour l'instant, sur près de 230 boulangers pâtissiers dans le département. Une partie d'entre eux s'est retrouvée ce mardi après-midi à Pau, afin de discuter de la suite à donner à leur mouvement.

Le 12 octobre dernier, tous les boulangers, pâtissiers et distributeurs de pain ont reçu un courrier de la préfecture, exigeant qu'ils ferment au moins un jour par semaine, comme le précise un arrêté préfectoral pris en 1993. Cet arrêté n'a jamais été appliqué jusqu'à présent. Mais sous la pression de la fédération des boulangers des Pyrénées-Atlantiques, le préfet a décidé de remettre les choses en ordre.

Les boulangers veulent donner leur avis

Les artisans boulangers sont nombreux dans le département à ouvrir 7 jours sur 7. Ils affirment que fermer leurs boutiques une journée par semaine aurait de graves conséquences sur leur équilibre économique : ils craignent à terme, de devoir licencier des salariés. Selon eux, cet arrêté, établi il y a 22 ans, est aujourd'hui obsolète.

A cette époque, ce sont deux syndicats et la fédération des boulangers du département qui avaient demandé une fermeture hebdomadaire obligatoire. Depuis, la situation a changé, expliquent les boulangers mobilisés. Ils souhaiteraient donc que le préfet leur redemande leur avis. 

La nouvelle loi Macron va peut-être leur donner un coup de pouce. Elle permet aux préfets d'ouvrir des consultations sur des arrêtés. Si la profession concernée par cet arrêté vote à la majorité contre, le préfet peut l'abroger. 

Cependant, rien ne l'oblige non plus légalement à organiser une consultation. Les boulangers déjà mobilisés espèrent donc que d'autres collègues vont rejoindre le mouvement, afin de peser dans la balance. "Il y a une très forte mobilisation, et ce sont ces éléments là que nous voulons apporter au préfet, pour lui expliquer d'un arrêté de 1993, ne peut plus s'appliquer tel quel aujourd'hui", explique l'avocat des boulangers, Robert Malterre. Il va demander un rendez-vous avec le préfet le plus rapidement possible. S'il n'accède leur demande, les boulangers affirment déjà qu'ils iront devant les tribunaux.

Les boulangers préparent la riposte