Économie – Social

Quand la musique protège la vigne dans le Bordelais

France Bleu Gironde jeudi 18 septembre 2014 à 6:00

Au milieu des vignes de Château Beauséjour
Au milieu des vignes de Château Beauséjour © Radio France

A Puisseguin, dans le Libournais, 4 hectares de vignes de Château Beauséjour ont droit chaque jour à leur petit concert privé. La "mélodie des protéines" permet au vignoble de mieux résister à l'esca, un champignon qui assèche les ceps. Le procédé a fait ses preuves et a déjà séduit une quinzaine de viticulteurs dans le Libournais.

La musique adoucit les moeurs, mais elle peut aussi préserver la vigne. Le procédé mis au point par la société Genodics permet de lutter contre le développement de l'esca, un champignon qui détruit les ceps. 70 viticulteurs font désormais appel à ses services dans toute la France, dont une quinzaine dans le Bordelais, comme le Château Beauséjour, à Puisseguin, dans le Libournais.

La parcelle "musicale" de Château Beauséjour, à Puisseguin - Radio France
La parcelle "musicale" de Château Beauséjour, à Puisseguin © Radio France
 La mélodie diffusée  à raison de 7 minutes par un petit haut-parleur sur une parcelle de 4 hectares , ce n'est ni du rock, ni de la musique classique, mais de la musique organique, également baptisé "protéodie".  Basée sur les travaux de Jöel Srernheimer, un physicien français, cette technique permet de stimuler ou inhiber les protéines qui vont aider la plante à mieux résister à la maladie.

"Naturellement, dans tout être vivant, au moment de la fabrication d'une protéine, chaque acide aminé a sa vibration propre; la physique quantique permet de calculer cette vibration,  et de la transformer en ondes audibles par un simple calcul mathématique. " Hervé Bonnet, directeur technique vignes et représentant en Gironde de Génodics

 

La "boîte à musique", au milieu de la parcelle de 4 hectares  - Radio France
La "boîte à musique", au milieu de la parcelle de 4 hectares © Radio France
La technique a séduit Gérard Dupuy, propriétaire de Château Beauséjour, qui a donc "mis en musique" il y a 2 ans une petite partie de son vignoble en appellation Puisseguin-St Emilion. Converti à la viticulture bio depuis 1998, ce viticulteur a beau être ouvert aux méthodes alternatives, il recnnaît qu'il est le premier surpris par les résultats. 

"Sur cette parcelle de 20 mille pieds de vignes, seulement une dizaine ont séché à cause de l'esca, contre une centaine auparavant. Les comptages prouvent donc que j'ai bien fait d'investir dans cette machine, qui somme toute, ne me coûte pas si cher : 2 200 euros + 700 euros par an." Gérard Dupuy   

Chaque jour, le concert dure 7 minutes  - Radio France
Chaque jour, le concert dure 7 minutes © Radio France
Et le procédé commence à faire de plus en plus d'émules, d'autant que l'esca touche tous les cépages, qui'il peut griller un pied de vigne en moins de 48h, et qu'il n'existe aucun procédé chimique pour lutter contre ce champignon, depuis l'interdiction en 2000 de l'utilisation de l'arsénite de soude. Génodics comte près de 70 clients dans toute la France, dont une quinzaine en Gironde, y compris des grands crus classés. 

Hervé Bonnet, le représentant de Genodics,  et Gérard Dupuy , le propriétaire de Château Beauséjour  - Radio France
Hervé Bonnet, le représentant de Genodics, et Gérard Dupuy , le propriétaire de Château Beauséjour © Radio France
 Les autorités scientifiques se montrent de leur côté très sceptiques, affirmant qu'il n'y a pas de preuve tangible de l'efficacité de la méthode. Génodics répond en affirmant que ces reléves prouvent un recul moyen de 62% de la martalité due à l'esca, par rapport aux années précédentes. 

"Je ne m'attendais pas à de si bons résultats"