Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Quatre questions sur les contrats aidés, qui sont remis en question par le gouvernement

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Plusieurs maires et collectivités s'inquiètent de la possible disparition des contrats aidés, jugés coûteux et inefficaces dans la lutte contre le chômage par le gouvernement. Quels sont les contrats concernés, à quoi servent-ils, quel est leur coût et pourquoi sont-ils remis en question ?

Les contrats aidés vont être fortement réduits dans les mois à venir.
Les contrats aidés vont être fortement réduits dans les mois à venir. © Maxppp - JEAN-PIERRE BRUNET

Le gouvernement entend réduire dès les mois à venir le nombre de contrats aidés, pour faire des économies. Une mesure qui suscite l'inquiétude de nombreux maires et de certains syndicats. D'après Libération ce jeudi, le ministère du Travail a demandé aux préfets de stopper tous les contrats aidés destinés aux entreprises et de restreindre fermement ceux réservés à l’État, aux collectivités locales et à certaines associations. D'après le quotidien, les priorités arrêtées par le ministère "portent strictement sur l’Outre-mer, l’Education nationale, le secteur sanitaire et social". Mais que veut dire contrat aidé, et combien d'emplois sont concernés, et pour quel coût ? Voici quelques réponses.

© Visactu -

Les contrats aidés, qu'est-ce que c'est ?

Les contrats aidés sont des contrats pour lesquels l'employeur bénéficie d'aides publiques, c'est-à-dire que l'État aide à financer un emploi. Ils ont été créés dans les années 80. Aujourd'hui, ils comprennent surtout les emplois d'avenir pour les jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés, et les contrats uniques d'insertion (CUI) pour les personnes sans emploi et qui rencontrent des difficultés d'accès à l'emploi. Ce type de contrat se divise en deux parties : le secteur marchand (CUI-CIE) et non marchand (CUI-CAE).

Que font les personnes en contrat aidé ?

Certains sont donc employés dans la fonction publique, d'autres dans les associations, d'autres encore dans le privé. De nombreux contrats aidés sont employés par les collectivités locales pour travailler dans les écoles. Comme ces aides cuisinières ou aides en école maternelle à Saint-Didier-sur-Rochefort, dans la Loire, ou encore ces employés qui assurent la garderie de l'école à Saint-Marcel-de-Féline. Le maire PS d'Issoudun, dans l'Indre, indique que dans sa commune ces contrats permettent l'embauche d'accompagnateurs scolaires, d'auxiliaires de vie pour des élèves en situation de handicap ou d'aide à la restauration scolaire.

Certains travaillent pour des associations, comme à la SPA de Colmar, où la SPA embauchait jusqu'ici une dizaine de personnes en contrat aidé pour s’occuper des animaux du refuge, des emplois qui risquent d'être supprimés. À Châteauroux, l’association Agir emploie des couturières et des vendeuses.

Pourquoi sont-ils remis en question ?

Le 9 août dernier à l'Assemblée nationale, la ministre du travail Muriel Pénicaud a estimé que les contrats aidés étaient "coûteux" et "pas efficaces dans la lutte contre le chômage". La ministre a donc justifié la baisse des contrats aidés au deuxième trimestre de cette année par "une sous-budgétisation et une surconsommation" par la majorité précédente. "Des études de la Dares ( le service statistique du ministère, NDLR), de l'OCDE comme de la Cour des comptes montrent trois choses : un, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation ; deux, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage ; et trois, ils ne sont pas un tremplin pour l'insertion professionnelle", a-t-elle précisé. Muriel Pénicaud avait également indiqué préférer "investir dans la formation, dans le développement des compétences" grâce à un futur "grand plan d'investissement compétences", que le gouvernement compte lancer à l'automne.

Fin 2016, un rapport de la Cour des comptes a contesté l'efficacité des contrats aidés pour l'accès des jeunes à l'emploi. Par ailleurs, plusieurs études ont montré que les contrats aidés donnaient lieu à un fort effet d'aubaine. En 2015, la Dares révélait que, dans le privé, 81% des recrutements en contrat aidé auraient quand même eu lieu sans l'aide, contre 36% dans le secteur non marchand (public, associations...).

Quelles conséquences après leur baisse ?

Pour Force ouvrière, le maintien de ces contrats est nécessaire, car ils ont "des effets favorables sur l'emploi et le chômage". Le vice-président de l'Association des maires de France (AMF), André Laignel, a fait part ce mercredi de l'inquiétude des élus concernant le dispositif des contrats aidés, "et notamment l'impossibilité de renouveler la plupart des contrats arrivant à échéance prochainement ou de recourir à ce dispositif pour de nouveaux recrutements". À La Réunion, 19 des 24 maires de l'île ont annoncé ce mercredi qu'ils reportaient la rentrée scolaire dans les écoles prévue ce vendredi au mardi 22 août, en raison de la baisse du nombre de contrats aidés. Ils étaient par exemple agents de restauration scolaire, d'entretien et de surveillance. Début août, la préfecture leur avait annoncé une baisse de 75% du nombre total de ces contrats aidés.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess