Économie – Social

Rachat d'Alstom : l'État saisit l'Autorité des marchés financiers

Par Julie Guesdon, France Bleu lundi 28 avril 2014 à 17:48 Mis à jour le mardi 29 avril 2014 à 15:30

Le siège d'Alstom en Suisse - Photo d'illustration
Le siège d'Alstom en Suisse - Photo d'illustration © MaxPPP

Pour reprendre la main dans l'affaire Alstom, François Hollande a reçu lundi les dirigeants de General Electric, Siemens et Bouygues et a saisi mardi l'AMF pour s'assurer de la transparence de la vente. Pressé par le gouvernement, les dirigeants d'Alstom vont se réunir en conseil d'administration mardi soir. Décisive, la réunion pourrait servir à désigner l'acheteur préféré du groupe.

La cession d'une partie des actifs d'Alstom est devenue une affaire d'État. Non content d'avoir rencontré lundi les dirigeants des groupes internationaux intéressés par le rachat de la filière énergie d'Alstom, le gouvernement a annoncé ce mardi qu'il souhaitait saisir l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour s'assurer de la bonne conduite et de la transparence de la vente d'une partie des actifs du groupe industriel français. Ainsi, le ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg a ordonné à l'AMF "d'assurer l'égalité stricte entre l'offre de General Electric et de Siemens". "Le gouvernement, ajoute-t-il, prendra les moyens nécessaires pour défendre les intérêts de l'État."

En réaction à l'éventuel rachat de la filière énergie de l'industriel français par General Electric, une rumeur ébruitée la semaine dernière par Bloomberg, le gouvernement a reçu lundi les dirigeants du géant américain, mais également ceux de l'allemand Siemens, qui s'est montré intéressé samedi par un rapprochement entre les deux groupes. Le principal actionnaire d'Alstom, Bouygues, a lui aussi entendu par François Hollande en fin de journé ce lundi.

"L'État a forcément son mot à dire"

Coupant court aux discussions pourtant bien engagées entre Alstom et General Electric, le gouvernement a fait valoir un décret adopté en 2005 après des rumeurs d'OPA visant Danone. Ce décret oblige toute entreprise dont le siège est situé en dehors de l'Union européenne et qui souhaite investir dans des entreprises appartenant à des secteurs stratégiques (sécurité privée, technologies de l'information, défense, armement, jeux d'argent etc.) de disposer au préalable de l'autorisation de l'État français. 

Dans le cas d'Alstom, le ministre de l'Économie peut exiger de l'entreprise qui rachètera les activités d'Alstom certaines conditions. Le président de la République a d'ailleurs listé ses exigences, notamment pour le maintien des 18.500 emplois de la filière en France et s'est dit favorable à l'acheteur qui répondrait à un critère bien précis : celui qui "sera le plus favorable à la création d'activité et à l'emploi en France". "L'État a forcément son mot à dire parce qu'il est celui commande, non pas l'entreprise, mais qui commande à l'entreprise un certain nombre d'achats dans des secteurs tout à fait stratégiques."

Siemens, qui était reçu par François Hollande en fin d'après-midi, avait de son côté indiqué qu'il annoncerait "le plus rapidement possible" s'il se décidait à racheter la branche énergie d'Alstom. A Berlin, on a fait savoir que ce serait une situation "préférable" au rachat par l'américain. Et de fait, la décision de Siemens n'a pas tardée : Arnaud Montebourg a annoncé ce mardi qu'une offre venait d'être déposée par le groupe allemand.

Si la préférence d'Alstom va toujours pour l'offre de General Electric, le groupe avait annoncé qu'il donnerait sa décision mercredi quand à l'offre la plus intéressante. Mais pressé par l'État, l'industriel français a annoncé un conseil d'administration exceptionnel mardi soir. La réunion des dirigeants de l'industriel pourrait être décisive, même si le gouvernement entend bien poser son véto en cas de vente précipitée, "dans le dos des salariés, dans le dos du gouvernement".

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