Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Rachat des Girondins de Bordeaux : que faut-il attendre de l'audition de Joe DaGrosa ?

mercredi 10 octobre 2018 à 12:20 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Joe DaGrosa, le patron du fonds d'investissement GACP, qui veut acquérir les Girondins, est auditionné ce jeudi par les élus de Bordeaux Métropole. Le lendemain, ces mêmes élus voteront, ou non, la validation du choix de GACP comme locataire du stade, le dernier verrou avant le rachat du club.

Joseph DaGrosa (à gauche), à l'issue de sa première rencontre avec Alain Juppé, le 13 septembre dernier.
Joseph DaGrosa (à gauche), à l'issue de sa première rencontre avec Alain Juppé, le 13 septembre dernier. © Radio France - Mélanie Juvé

Bordeaux, France

Quelles modalités ? 

Alors que l'on aurait pu s'attendre à une audition plus longue, celle de Joseph DaGrosa,  débutera à 18h, au siège de Bordeaux Métropole, et ne durera, a priori, qu'une heure et demie, puisqu'une conférence de presse est prévue à 19h30, avec Alain Juppé, le président de Bordeaux Métopole, Joseph DaGrosa, et Nicolas de Tavernost, le patron de M6, actuel propriétaire. 

Le président de GACP, le fonds d'investissement américain,  sera interrogé par les membres de toutes les commissions, soit l'ensemble des 105 élus de Bordeaux Métropole, puisqu'ils siègent tous dans au moins une commission. Contrairement à ce que souhaitaient certains membres de l'opposition, l'audition se déroulera à huis clos, interdite au public, ainsi qu'aux médias. 

Quelles conséquences ?

Le lendemain, vendredi 12 octobre, c'est une séance, publique cette fois-ci, d'un conseil de métropole extraordinaire, uniquement consacré à la vente du club qui se tiendra. Les élus voteront, à main levée, pour décider si oui ou non, ils acceptent que GACP devienne le locataire du Matmut Atlantique, en lieu et place du groupe M6. Si la majorité des élus vote cette proposition, elle lèvera le dernier verrou avant que Bordeaux ne passe sous pavillon américain. La vente du club pourra ensuite être annoncée. 

Quelles interrogations restent à lever ?

Alors que tout semblait bouclé pour que le vote de Bordeaux Métropole aille dans le sens de GACP, Alain Juppé a décidé, à la surprise générale, le 27 septembre, de reporter le vote. 

Le président de Bordeaux Métropole a soulevé plusieurs interrogations . Alain Juppé s'est appuyé sur l'avis rendu par la DNCG, la Direction nationale du Contrôle de Gestion. Le gendarme du football français avait pointé une réduction de charges de 10 millions d'euros dès cette saison. Ainsi qu'une dette, contractée par les Girondins, envers un troisième fonds d'investissement, Fortress. Selon cet avis de la DNCG, révélé par le journal Sud Ouest, cet endettement serait de 95 millions d'euros, avec un taux de 9,25%. 

Alain Juppé et Nicolas de Tavernost se retrouveront ce jeudi. - Radio France
Alain Juppé et Nicolas de Tavernost se retrouveront ce jeudi. © Radio France - Stéphane Hiscock

Ce rapport indiquait également que la DNCG préférait que la gouvernance sportive du club soit confiée à un Français, plutôt qu'à "un expert du baseball ou du football américain", comme dit Alain Juppé. Ce dernier avait, en revanche, affirmé sa confiance dans les garanties présentées par GACP et de King Street, pour la location du stade, et dans la solidité financière des deux fonds d'investissement. 

Qu'en dit l'opposition ?

Dès le soir de l'annonce du report,  l'opposition, tant PS qu'écologiste était montée au créneau pour se féliciter de ce report. Le chef de file EELV, Pierre Hurmic, expliquait vouloir préparer "une batterie de questions". "Il faut savoir si le fonds de pension de M.DaGrosa a l'intention de s'implanter durablement à Bordeaux, où s'il compte simplement faire un coup financier, poursuivait-il". 

Vincent Feltesse, l'ancien président socialiste de la Communauté Urbaine, a répété ce mercredi que s'il n'avait pas les réponses aux questions précises qu'il va poser à Joseph DaGrosa, il voterait vendredi contre la délibération proposée en conseil de métropole . "J'ai deux questions à lui poser , détaille-t-il. D'abord, quel projet sportif et quelle gouvernance pour le club? Pour que le projet soit crédible il faut que nous ayons face à  nous des professionnels, et pas seulement des financiers américains."

La deuxième question porte sur le montage financier, que Vincent Feltesse juge extrêmement complexe, "le plus complexe jamais présenté pour le rachat d'un club en France". "On se rend compte que GACP n'est qu'un actionnaire minoritaire de la holding qui va chapeauter le club (15%) ; qui sont les vrais actionnaires, quel mandat-a-t-il et quels garanties peut-il nous donner, si jamais au bout de cinq ans l'actionnaire majoritaire se retire, comment on est sûr que la métropole continuera à avoir son loyer payé chaque année?" 

Je ne suis pas dans une position de vouloir faire capoter ce rachat mais je ne suis pas non plus un garçon naïf. Je ne suis pas un manchot en finances, j'attends donc des réponses précises à des questions précises. - Vincent Feltesse, conseiller communautaire socialiste. 

"Je ne suis pas un garçon naïf, je veux des réponses précises" Vincent Feltesse, ancien président de la CUB

Vincent Feltesse, l'ancien président socialiste de la Communauté Urbaine de Bordeaux  - Radio France
Vincent Feltesse, l'ancien président socialiste de la Communauté Urbaine de Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

De son côté, Matthieu Rouveyre, conseiller municipal, mais pas conseiller métropolitain, a de nouveau exprimé ses inquiétudes, après la publication du rapport de la DNCG.