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Économie – Social

Rapport accablant pour l'EPR de Flamanville : une situation dénoncée depuis longtemps dans la Manche

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Par , France Bleu Cotentin, France Bleu

Le rapport remis lundi 28 octobre au ministre de l'Économie Bruno Le Maire qualifie le chantier de l'EPR de Flamanville "d'échec pour EDF". L'entreprise est sommée de présenter un plan d'action d'ici un mois. Le rapport comme la réaction politique sont observées de près dans la Manche.

Le chantier de l'EPR de Flamanville est un échec pour EDF selon l'auteur du rapport remis ce lundi au ministre de l'Economie.
Le chantier de l'EPR de Flamanville est un échec pour EDF selon l'auteur du rapport remis ce lundi au ministre de l'Economie. © Radio France - Delphine Simon

Le rapport remis ce lundi au ministre de l'Économie est sans concession pour EDF. En une trentaine de pages, son auteur Jean-Martin Folz, ex-patron du constructeur automobile PSA, liste les erreurs et dysfonctionnements qui ont fait virer le chantier au fiasco : aujourd'hui la mise en service du réacteur EPR est prévue avec dix ans de retard et un surcoût de plus de neuf milliards d'euros.

Pour Jean-Martin Folz, "la construction de l'EPR aura accumulé tant de surcoûts et de délai qu'elle ne peut être considérée que comme un échec pour EDF". Cette analyse, elle est aussi partagée par Yannick Rousselet. Le Manchois, en charge des questions nucléaires au sein de l'ONG Greenpeace s'étonne simplement que le rapport n'ait pas été commandé plus tôt. Pour le reste, ses conclusions rejoignent les constatations faites par l'ONG depuis longtemps. Ainsi, le rapport pointe du doigt l'irréalisme des estimations initiales, la perte de compétence généralisée, les mauvaises relations entre EDF et ses sous-traitants et partenaires, mais aussi une gouvernance du projet inappropriée. 

Mauvaise transmission du savoir-faire

Sur la question de la perte des compétences, elle s'explique selon Yannick Rousselet par le fait que "l'on est resté trop longtemps sans construire de réacteurs donc il n'y a pas eu transmission du savoir entre les anciens et les nouveaux salariés de la filière". Un avis partagé par Maxence François, le secrétaire général du syndicat CGT d'EDF à Flamanville. Ce dernier, dénonce aussi une gouvernance désormais financière d'EDF. "À l'origine, EDF est là pour fournir de l'électricité et pas gagner de l'argent. Sauf qu'avec l'ouverture du capital, on a cherché à gagner de l'argent et les choix industriels ont été dictés par cette logique". 

On ne peut pas demander à un groupe comme celui-ci de changer ses pratiques en un mois.

Face aux errements constatés et couchés noir sur blanc dans le rapport de Jean-Martin Folz, le ministre Bruno Le Maire parle d'un "manque de rigueur inacceptable" et somme EDF de mettre en place "un plan d'action" d'ici un mois pour remettre la filière nucléaire aux meilleurs niveaux d'exigence. Mais en l'occurrence, cette réaction politique n'a pas de sens pour le représentant CGT Maxence François. "On ne peut pas demander à un groupe comme celui-ci de changer ses pratiques en un mois. Je pense que cette posture politique vise un autre but : taper sur EDF pour fragiliser le groupe est rendre plus facile la renationalisation de l'activité nucléaire, dans le cadre du projet Hercule voulu par l'État." 

Pour Yannick Rousselet aussi, demander un plan d'action dans un délai d'un mois n'a aucun sens tant le chantier à entreprendre et vaste. Selon le responsable de Greenpeace, "cet audit, c'est du théâtre qui permet au gouvernement de taper du poing sur la table, de montrer qu'il contrôle EDF mais on peut s'attendre à entendre d'ici quelques semaines qu'un plan de redressement est en place et que ça va aller mieux, donc qu'on peut continuer alors qu'il serait urgent de passer aux énergies du futur et à abandonner une filière qui est déjà morte".

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