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Reconfinement : "Comment va-t-on se relever ?" s'interroge le représentant des commerçants de Bordeaux

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Par , France Bleu Gironde

Le président de la Ronde des quartiers, l'association des commerçants du centre-ville de Bordeaux Christian Baulme était l'invité de France Bleu Gironde, ce jeudi matin, à la veille du reconfinement. S'il ne remet pas en cause l'intérêt des mesures, il s'inquiète de l'avenir des petits commerçants.

Christian Baulme, le patron de la Ronde des quartiers de Bordeaux, était l'invité de France Bleu Gironde ce jeudi 29 octobre.
Christian Baulme, le patron de la Ronde des quartiers de Bordeaux, était l'invité de France Bleu Gironde ce jeudi 29 octobre. © Radio France - Thomas Coignac

Au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron, qui a donc décidé de reconfiner le pays au moins jusqu'au 1er décembre, les commerçants se préparent de nouveau à des jours difficile. La liste des commerces non-essentiels qui devront rester fermés doit être affinée ce jeudi. Mais en attendant, Christian Baulme, le président de la Ronde des quartiers, l'association des commerçants bordelais, est très inquiet. Il était l'invité de France Bleu Gironde, ce jeudi matin.

France Bleu Gironde : Dans quel état d'esprit sont les commerçants bordelais ce matin ? Ils sont en colère ? Résignés ? 

Christian Baulme : On est résignés. Comme tout le monde, on sait que la pandémie a été deux fois plus rapide que la pire des prévisions, donc, il fallait réagir. Bien entendu, on sait tous que c'est la sphère privée qui est la principale source de contamination et on ferme des espaces publics. Mais si on veut obliger les Français à rester chez eux pour ne pas bouger et ne pas se contaminer, ce sont des mesures qu'il fallait prendre. Alors on est résignés. 

Mais qui paye ? C'est à dire qu'à un moment, on ne peut pas, avec 1 500 euros, se dire qu'on a sauvé le commerce. On prend des mesures pour les loyers, mais les propriétaires ne veulent aucun accord. Ils veulent qu'on les paye. Donc, il faut des mesures très fortes du gouvernement.

Revoir l'interview de Christian Baulme 

Emmanuel Macron a dit que l'État prendrait en charge jusqu'à 10 000 euros de perte de chiffre d'affaires. Est ce que c'est quelque chose qui peut aider les commerçants? 

Bien sûr, cela va les aider. Mais on a 50 000 - 100 000 euros de marchandises qui viennent de rentrer pour les fêtes de fin d'année. Il va falloir qu'on explique comment on va faire. Et comment on va faire pour empêcher les propriétaires de nous foutre dehors. A un moment, il va falloir falloir payer les loyers. Et les baux commerciaux, c'est de la sphère privée, l'État ne peut rien faire. Il y a vraiment des gros questionnements qui existent depuis déjà longtemps. Ça fait six mois que nous sommes en négociation pas à pas avec le ministère de l'Économie et des Finances. On va continuer. 

Certains commerçants s'étaient mis à faire de la vente en ligne pendant le premier confinement. Est-ce que c'est une alternative ? 

C'est une alternative, mais le temps va trop vite. On n'a pas le temps, nous, commerçants tout seuls dans notre coin, d'aller vite. Ça coûte extrêmement cher de s'équiper et de se mettre en ligne. Nous, ça fait six mois qu'on travaille sur notre site et on a toujours pas réussi à le mettre en ligne. On avait l'objectif de le faire la semaine prochaine, mais c'est compliqué. Donc oui, c'est une alternative dans laquelle on va, mais il nous faut des aides financières. 

La Région considère que les commerçants ne sont pas des entreprises comme les autres, nous n'avons pas droit aux aides à la transformation numérique. Tant qu'on ne sera pas considérés comme des entreprises normales, on ne pourra pas faire cette transition économique. La grande bataille, les grands enjeux, c'est que l'on soit prêts dans les six mois à offrir un portail à tous les commerçants et avec la possibilité de les faire accéder un site marchand qui fonctionne. Mais ça veut dire beaucoup de travail et changer notre philosophie. C'est une transformation humaine autant qu'une transition économique.

Les grands responsables, c'est nous tous collectivement, qui n'avons pas, d'une manière globale, suivi les prescriptions

On a longtemps dit que les commerçants espéraient échapper à cette fermeture là avec le reconfirmer. Vous aussi, vous y croyiez ou pas du tout ? 

Oui. Jusqu'au bout, on s'est dit que ce n'est pas là que se passait la contamination. Pour une fois, notre président a pris une décision "demain" et il n'a pas dit "dans quinze jours, dans trois semaines". Qu'est ce que vous voulez qu'on y fasse ? Oui, c'est injuste parce que ce n'est pas nous qui sommes facteurs de contamination. Ce sont les Français qui ne respectent pas les règles. Donc les grands responsables, c'est nous tous collectivement. Mais la bonne question qu'il faut se poser avant de dire "les décisions politiques sont nulles", c'est "Si on avait été à leur place, qu'est ce qu'on aurait fait ? Est-ce qu'on aurait été meilleurs?" Je ne crois pas. Il y a quinze jours, personne ne disait que l'épidémie allait se développer à cette vitesse-là. 

Donc, on va être fatalistes. Oui, on est en colère, parce que comment va-ton se relever? Tous les gens se précipitent dans la grande distribution qui, elle, va faire 80% de son chiffre d'affaires en dehors de l'alimentaire. Et après, ils vont dire "le chiffre d'affaires augmente, il faut augmenter les surfaces, construire des centres commerciaux". Le grand gagnant, c'est quand même Amazon. 

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