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Économie – Social

Réforme de l'assurance-chômage et de la formation : "cessons de culpabiliser les chômeurs"

lundi 5 mars 2018 à 8:59 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

La ministre du Travail présente ce lundi les grands traits de la réforme de la formation professionnelle. Avec l'apprentissage et l'assurance chômage, elle figurera dans un projet de loi présenté mi-avril en Conseil des ministres. Décryptage avec le Mouvement National des Chômeurs et Précaires.

Il y a environ 570.00 personnes inscrites au Pôle Emploi en Occitanie.
Il y a environ 570.00 personnes inscrites au Pôle Emploi en Occitanie. © Radio France - Bénédicte Dupont

Après avoir dévoilé vendredi dernier ses arbitrages sur la réforme de l'assurance chômage la ministre du Travail, Muriel Pénicaud présente ce lundi matin les mesures pour la formation professionnelle. Réformes qui constitueront, avec celle de l'apprentissage, les trois volets d'un seul et même projet de loi présenté en avril en conseil des ministres, trois thèmes qui ont fait l'objet d'âpres discussions entre partenaires sociaux depuis janvier. Marie Lacoste, la secrétaire nationale du Mouvement National des Chômeurs et Précaires était l'invitée de France Bleu Occitanie ce lundi 5 mars.

Marie Lacoste, secrétaire nationale du Mouvement National des Chômeurs et Précaires. - Radio France
Marie Lacoste, secrétaire nationale du Mouvement National des Chômeurs et Précaires. © Radio France - Alban Forlot

L'INVITÉE EN UN CLIC - M. Lacoste, secrétaire nationale du MNCP (6'05'')

Bénédicte Dupont : Il est question dans cette réforme d'instaurer des bonus-malus pour les entreprises qui ont trop usage aux contrats courts. Il y a déjà une négociation en cours branche par branche, mais ceux qui ne s'y plieront devraient être sanctionnés. Doivent-ils l'être?

Marie Lacoste : "Clairement, je me réjouis que cela soit enfin opérationnel après des années de discussions infructueuses entre les partenaires sociaux.

L'idée de renforcer le contrôle des chômeurs revient : le gouvernement veut tripler les équipes de contrôle de Pôle Emploi. Le système est incohérent dit la ministre. Êtes-vous d'accord ?

Elle parle des punitions qui font suite aux contrôles puisque aujourd’hui un chômeur qui est considéré comme ne cherchant pas assez d'emploi est puni de 15 jours de suspension d'allocation. Elle voudrait passer à deux mois. C'est toujours la même rengaine : mettre sur les demandeurs d'emploi la responsabilité de leur situation alors que le chômage est une problématique collective, non individuelle. Et j'aimerais bien savoir en quoi la suppression des indemnités va l'aider à se relancer dans sa recherche, à moins d'accepter n'importe quel petit job. Je rappelle que seulement 42% des demandeurs d'emploi touchent une allocation-chômage.

Moins de la moitié des demandeurs d'emploi touchent des allocations. Et l'indemnisation moyenne est de 1.100 euros mensuels.

Cela tient au fait qu'il y a beaucoup de fantasmes sur les chômeurs ?

Oui, dans les sondages "faut-il contrôler et punir les chômeurs?", les gens disent oui en majorité. Je voudrais rappeler qu'il y a 3 millions de personnes concernées, sans parler de ceux qui connaissent un chômage récurrent, qui travaillent un peu puis arrêtent puis retravaillent. Il ne faut pas non plus oublier les précaires, les intermittents du spectacle, tous ces gens-là ne savent pas de quoi sera fait demain. Je rappelle que l'indemnisation moyenne des chômeurs en France est de 1.100 euros.

Qu'est-ce que c'est une "offre raisonnable d'emploi" ?

C'est une offre considérée par le chômeur et son conseiller Pôle Emploi comme correspondant à son profil, ses études, son expérience professionnel, son éloignement géographique. Dans la pratique, ça ne sert à rien car ce n'est pas appliqué. Jusqu'alors il était prévu qu'une personne puisse refuser deux offres raisonnables d'emploi avant d’être sanctionnée, mais ça n'a jamais été appliqué. Il est question de remettre cette mesure à l'ordre du jour, créée sous Sarkozy mais les conseillers Pôle Emploi ont toujours refusé de faire de la délation.

Il y a des aberrations : Pôle Emploi refuse par exemple de financer les Caces, ces certificats indispensables dans le BTP.

Chapitre du jour : la formation professionnelle. Il est question de réformer le système de financement. C'est en effet compliqué ?

C'est une usine à gaz. Le grand classique pour les demandeurs d'emploi, c'est de ne pas recevoir la réponse de financement avant que la formation ne commence, et du coup tout tombe à l'eau.  On souhaite qu'il y ait du libre choix dans les formations, pas pour faire plaisir aux entreprises qui ont besoin de tel ou tel profil. Il faut une simplification des dossiers de demande et de financement et s'adapter aux demandes selon la longueur des formations. Tout le monde n'a pas besoin d'être formé pendant trois ans. Je précise aussi que la formation ne crée pas d'emploi.

C'est vrai qu'il y a beaucoup de publicité autour de la formation. Dans les faits, quand on veut une formation dans un domaine précis, quelles sont nos chances de l'obtenir ?

Cela dépend du métier. Pour les métiers en tension, on trouve assez facilement. Mais il y a des aberrations : Pole Emploi et les régions refusent par exemple de financer les Caces, ces permis de compétences dans le domaine du bâtiment. Pour le permis de conduire, c'est aussi très restrictif. Je m'interroge sur le terme "big-bang" utilisée par la ministre. Cela fait peur : beaucoup de poudre aux yeux, de communication politique, de mépris pour les partenaires sociaux. Donc je suis très prudente vis-à-vis de cette réforme."

LIRE AUSSIFormation professionnelle : ce que propose la ministre du Travail pour réformer le système

► La réforme de l'assurance chômage se fera sans passer par les ordonnances, promet Muriel Pénicaud