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Économie – Social

Assurance chômage : les syndicats dénoncent une réforme injuste et appellent à des rassemblements

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Par , France Bleu

La réforme de l'assurance chômage, présentée mardi par le gouvernement, est dénoncée par tous les syndicats, qui fustigent une réforme injuste et "des attaques contre les chômeurs et leurs droits". Ils appellent à des actions dans les semaines à venir.

Dans une agence Pôle emploi, à Nantes.
Dans une agence Pôle emploi, à Nantes. © AFP - LOIC VENANCE

La réforme des règles qui régissent l'assurance-chômage, présentée mardi par le gouvernement, ne passe pas du tout auprès des syndicats. Les nouvelles mesures prévoient notamment un durcissement des règles d'indemnisation et la mise en place d'un bonus-malus pour les entreprises qui abusent des contrats courts. Une réforme dénoncée comme "injuste" par de nombreux responsables syndicaux. Ils prévoient des rassemblement ou des manifestations dans les jours à venir. Seule mesure saluée, le renforcement de l'accompagnement des chômeurs.

Les syndicats veulent mener plusieurs actions

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a affirmé ce mercredi sur RTL qu'un "rassemblement symbolique" aurait lieu la semaine prochaine devant le ministère du Travail. "Avec des associations de lutte contre la pauvreté, lutte contre l'exclusion, avec d'autres organisations syndicales on va appeler symboliquement à se rassembler la semaine prochaine aux abords du ministère du Travail", a-t-il affirmé. "Il n'y avait pas besoin de taper aussi fort sur l'indemnisation chômage", a-t-il martelé. "Cette réforme, elle va coller aux baskets du gouvernement pendant un moment", a-t-il pronostiqué. 

Il faut une action qui soit pas simplement pour le symbole " - Yves Veyrier, de Force ouvrière

Yves Veyrier, le numéro un de Force ouvrière, a, lui, dit sur France Inter s'être "adressé tout de suite hier soir aux quatre autres confédérations, en demandant qu'on essaye de s'accorder sur une réaction coordonnée entre nos cinq confédérations, puisqu'on est tous les cinq en colère aujourd'hui". "Je pense qu'on va regarder ensemble rapidement mais il faut une action qui soit pas simplement pour le symbole et se donner bonne conscience", a-t-il dit.

La CGT a déjà évoqué de son côté un rassemblement devant le siège de l'Unédic le 26 juin, date d'un conseil d'administration du gestionnaire de l'assurance chômage.

Un texte "injuste", "inefficace" et "incohérent" pour FO, "inique" pour la CGT

Yves Veyrier, de Force ouvrière, a jugé, toujours sur France Inter, que "ce texte est injuste, parce qu'il sera inefficace et parce qu'il est incohérent." A propos de la disposition qui prévoit un bonus-malus sur les contrats courts, il a également estimé que "les salariés les plus précaires" seront les premiers visés : "Aujourd'hui, 87% des embauches se font par des contrats courts et même 30% avec des contrats d'une journée. Ce n'est donc pas en sanctionnant ce qui subissent la précarité que l'on va résoudre le problème." Pour lui, le renforcement de l'accompagnement des chômeurs "est la seule disposition positive."

Pour Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT,cette réforme "va rogner drastiquement les droits des demandeurs d'emplois à l'indemnisation". En effet "c'est près de 250.000 personnes qui ne rentreront pas dans le système (...) principalement des jeunes et des précaires", a-t-il dit, en allusion au durcissement prévu de l'accès à l'indemnisation. S'il a jugé "positif" les "mesures d'accompagnement", Laurent Berger a estimé que "le gouvernement ne va pas pouvoir faire la vente de cette réforme avec l'accompagnement".

Catherine Perret, de la CGT, a pour sa part jugé la réforme à la fois "inique" et "inefficace". "Il y a un chômeur sur deux qui est indemnisé. Avec la réforme du gouvernement, c'est un sur trois", a-t-elle calculé.

La CFE-CGC dénonce une mesure "populiste" concernant les cadres

Parmi les mesures de cette réforme, il y a aussi la dégressivité de l'indemnisation des cadres. François Hommeril, le président de la CFE-CGC, syndicat qui représente les cadres, a parlé sur franceinfo ce mercredi de "mesures qui, de manière générale, s'attaquent aux chômeurs et à leurs droits." Pour lui, "la dégressivité ne fonctionne pas. Cela a existé en France dans le régime de l'assurance chômage, dans les années 90. Et cela a été abandonné. Cela pousse les gens à accepter des emplois moins qualifiés que leur niveau de revendication par rapport à leur expérience et leur compétence, et donc ça les pousse un peu plus vite dans la trappe de la précarité. 

Pour lui, la mesure est même "populiste". "Convoquer la justice sociale pour justifier d'un argument qui n'est qu'un argument économique, injustifié sur le plan scientifique, sur le plan de l'expérience, je trouve cela particulièrement indigne. La catégorie des cadres, justement, est celle qui finance le plus la solidarité inter-catégorielle qui est dans le régime, et lui permet aujourd'hui d'exister. Dit autrement, c'est parce qu'il y a les cotisations assises sur les salaires des cadres que l'on peut verser des allocations à ceux qui ne sont pas cadres et sont plus éloignés de l'emploi qu'eux." Il a toutefois reconnu que les mesures sur le fonctionnement de Pôle Emploi étaient à son sens positives.

Le Medef salue une réforme "extrêmement courageuse" 

Cette réforme trouve en revanche grâce aux yeux de Geoffroy Roux de Bézieux, le le président du Medef. Il estime que les mesures prises permettront aux entreprises de recruter plus facilement. "Cette réforme sur son volet incitation au retour au travail est une réforme extrêmement courageuse dont je pense qu'elle aura des effets directs et immédiats sur le marché du travail", a-t-il déclaré ce mercredi.

Il a tout de même répété son opposition au système de bonus-malus qui va frapper les entreprises qui consomment beaucoup de contrats courts et d'intérim.