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Réforme de l’ONF : la forêt publique en danger ?

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Une trentaine de garde-forestiers et de sympathisants ont manifesté contre la réforme du code forestier ce jeudi 27 février 2020 devant l’agence de l’Office national des Forêts à Charleville-Mézières. Ils dénoncent une privatisation qui met en danger les forêts publiques

La forêt de Signy-l'Abbaye, après une coupe
La forêt de Signy-l'Abbaye, après une coupe - Baptiste Touchon

À l’appel des syndicats Snupfen-Solidaires, CGT Forêts, et UNSA-SNTF, une trentaine de gardes-forestiers et de militants ont manifesté contre la réforme à venir du Code forestiern ce jeudi 27 février 2020 devant l’agence de l’Office national des forêts de Charleville-Mézières. 

Le projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique prévoit de confier à des agents de droit privé la quasi-totalité des missions jusqu'alors dévolues aux fonctionnaires, "y compris la constatation de certaines infractions". 

Un contractuel de droit privé, on pourrait lui mettre la pression pour fermer les yeux sur des coupes abusives par exemple - Raphaël Kieffert, représentant syndical du Snupfen-Solidaires dans les Ardennes. 

"L’ONF reste un opérateur de l’Etat avec des missions qui restent les mêmes", rassure Jean-Pierre Renaud, directeur territorial Grand-Est de l’ONF 

La réforme prévoit aussi de restreindre le conseil d’administration en évinçant les représentants des communes forestières, de l’Association des Régions de France, de France Nature Environnement ou encore, de la fédération de chasse. "On vire les organismes qui représentent l’intérêt général", déplore Raphaël Kieffert. 

Les risques d’une surexploitation

Ce que les syndicats de gardes-forestiers décrivent comme une privatisation de la gestion des forêts publiques s’accompagne d’une baisse des moyens. L’Office national des Forêts a perdu plus de 40% de ses effectifs en 35 ans. 

Depuis la tempête de 1999, le prix des bois a chuté. La perte de recette s’élève à environ 50 millions d’euros par an que la réduction des effectifs est venue compenser. Chaque garde-forestier gère désormais près de 2000 hectares, contre 800 dans les années 80.

On a des moyens plus contraints et on a plus de difficultés pour réaliser les mêmes travaux qu’il y a 15, 20 ou 30 ans - Jean-Pierre Renaud, directeur territorial Grand-Est de l’ONF. 

Le directeur territorial Grand-Est de l'ONF évoque la nécessité de redéfinir les missions et les priorités. "Ce n’est pas forcément une chose facile", admet Jean-Pierre Renaud

La crainte des syndicats, c’est justement que les nouvelles priorités aillent dans le sens d’une surexploitation des forêts au détriment de leur gestion durable.  Pour Raphaël Kieffert, représentant syndical Snupfen-Solidaires, "les _missions sont déjà recentrées sur la production_, au détriment des tournées de surveillance, de l’accompagnement des communes forestières, du suivi des chantiers et de la protection de l’environnement

Des forêts massacrées 

Enabaissant le niveau de contrôle, les dérives se multiplient. Ces derniers mois, de grands chantiers de coupes ont ravagé des forêts entières et détruit des sols à la Croix-Scaille, au Mont-Dieu, à Hargnies et à Signy-l'Abbaye

"Il peut y avoir des ratés", admet le directeur régional de l'ONF, Jean-Pierre Renaud. D’autant que ces grandes coupes sont parfois menées dans l’urgence, lorsque les forêts sont touchées par les parasites tels que le scolyte. On sort vite le bois pour pouvoir le vendre et pour éviter une propagation de la crise sanitaire. "À Signy-l’Abbaye, on a coupé en deux mois et demi ce qui aurait été abattu en cinquante ans ", reconnait-on à l'agence ONF des Ardennes.

« On aurait pu faire une sélection comme on faisait avant », se désole un promeneur qui a perdu son coin à champignons. « C’est un massacre à la tronçonneuse»

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