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Les sociétés de revalorisation de textiles croulent sous les montagnes de vêtements

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Par , France Bleu Mayenne, France Bleu

Les sociétés de revalorisation de nos déchets textiles n'arrivent pas à traiter tous les vêtements collectés depuis le déconfinement. Les marchés redémarrent doucement et sont saturés.

Impossible de déposer des vêtements dans les conteneurs pendant le confinement.
Impossible de déposer des vêtements dans les conteneurs pendant le confinement. © Maxppp - Philippe TRIAS

Les conteneurs à vêtements débordent, c'est le cas par exemple en Mayenne. Vous avez peut-être fait du tri dans vos armoires pendant le confinement ? Des vêtements que vous allez déposer dans des conteneurs "Le Relais" ou "La Croix Rouge" en Mayenne. Les collectes ont repris ou vont reprendre en début de semaine prochaine.

Embouteillage dans les entreprises ou associations

Normalement, ces vêtements sont ensuite revendus dans des boutiques spécialisées à petits prix comme les enseignes Ding Fring du Relais, exportés dans d'autres pays notamment en Afrique, ou transformés en matériaux isolants pour les secteurs du bâtiment ou de l’automobile. Mais depuis le confinement et la crise du coronavirus, les marchés ont du mal à redémarrer. 

Incinérer un produit qui peut être valorisé, c'est une aberration environnementale et un poids économique pour nous

De plus, certains vêtements ont été déposés à côté des conteneurs pendant le confinement, ils ont pris l'eau et doivent être détruits. "Nos collègues ont dû récupérer tous les linges laissés à l'extérieur, des vêtements qui ont malheureusement pris la pluie. Pour nous ce sont des produits qui ne sont plus du tout récupérables, et qu'on n'arrive pas à valoriser comme on le fait habituellement à 99%. Il y a une bonne partie des vêtements qu'on a dû mettre à la poubelle et aux déchets. Ce qui représente un coût pour nous, alors que la filière est économiquement fragile, ça n'arrange pas les choses. Incinérer un produit qui peut être valorisé, c'est une aberration environnementale, et au niveau économique c'est un poids", explique Pascal Milleville, le directeur du Relais Bretagne, une société de réinsertion qui collecte les vêtements également en Mayenne. Un coût de 200 euros la tonne de vêtements incinérés.

Habituellement, 1% des vêtements collectés par le Relais Bretagne est détruit faute de pouvoir être revalorisé. Actuellement c'est plus de 30%, près d'un tiers des textiles collectés.

Pascal Millevile, le directeur du Relais Bretagne.

Pascal Millevile, le directeur du Relais Bretagne.

Les conteneurs "confondus" avec des poubelles

La Croix Rouge de la Mayenne a été confrontée aux mêmes incivilités. "Il y avait des sacs mouillés autour des conteneurs, ça ne peut aller qu'à la déchèterie. Ce n'est pas le but du tri. On n'empêchera jamais les incivilités mais c'est vrai que de trouver des vêtements souillés de peinture ou autre, avec des bidons d'huile à côté, des sacs éventrés, des paires de chaussures qui ne sont plus des paires car on ne trouve pas la deuxième, _c'est impossible de recycler après_", confirme Bernard Laugé, le président de la Croix-Rouge en Mayenne.

Pour la Croix Rouge, les vêtements sont triés puis revendus dans les magasins Vestiboutique. D'autres sont exportés à l'étranger, ou transformés en matériaux pour l'isolation.

Bernard Laugé est le président de la Croix Rouge en Mayenne

Un coup de pouce de l'État

Dans ce contexte, et encore plus depuis le déconfinement, la filière textile est en difficulté selon Romain Chaupitre, le directeur adjoint d’Emmaüs en Mayenne, qui revend également des dons textiles.

L'équilibre financier ne se fait pas

"En cette période post-covid, l'industrie repart gentiment, mais on n'a pas les commandes nécessaires pour pouvoir évacuer le textile, on n'a pas les capacités d'export d'avant la crise. L'équilibre financier ne se fait pas. En France, la gestion des déchets est basée sur ce qu'on appelle _la responsabilité élargie du producteur_, et vous avez vu apparaître ces dernières années des écoparticipations, quelques centimes d'euros reversés aux opérateurs pour gérer la fin de vie de ce t-shirt, de ce pantalon. Sauf que l'écoparticipation collectée ne permet pas de trouver un équilibre financier pour financer la fin de vie du produit".

Romain Chaupitre, directeur adjoint d'Emmaüs en Mayenne

Les stocks s'accumulent au niveau national : entre 2000 et 3000 tonnes de vêtements sont en attente dans des locaux du Relais partout dans le pays. 

Pour aider les sociétés de revalorisation du textile, l'État a débloqué une aide financière jusqu'à la fin de l'année, l'équivalent de 50 euros la tonne de vêtement triée.

  • Il y a 400 conteneurs Le Relais et 38 de la Croix Rouge en Mayenne
  • Le Relais collecte 2.000 tonnes de vêtements chaque année en Mayenne
  • La Croix Rouge a collecté l'année dernière 220 tonnes de vêtements
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