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Dossier : La relance éco, France Bleu à l’heure du déconfinement

Relance éco à Tomblaine : la start up croule sous ses masques en papier

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Par , France Bleu Sud Lorraine, France Bleu

Chaque jour, France Bleu Sud Lorraine s'intéresse à une entreprise emblématique de notre région. Ce mardi, nous visitons une start up : trois jeunes entrepreneurs ont monté une production de masques en papier à Tomblaine mais la production a été divisée par deux.

Une production passée de 4 à 2 millions de masques par mois.
Une production passée de 4 à 2 millions de masques par mois. © Radio France - Thierry Colin

Produire des masques chirurgicaux en Lorraine plutôt que de les importer de Chine, c’est possible depuis le mois de mai avec une start up implantée sur l’aérodrome de Tomblaine en banlieue de Nancy. Mais le bon filon a vite laissé place au principe de réalité : aujourd’hui, toutes les administrations, les entreprises et les commerces ont des stocks de masques chinois et ne passent plus commande. 

A défaut de perspectives, l’entreprise BMGS SAS qui s’est déjà séparée de 6 de ses 12 salariés en CDD, pourrait avoir des difficultés de trésorerie.

Circuit court à court de commandes

Dans l’urgence de la crise sanitaire du Covid-19, les commandes privées ou publiques ont été passées en Chine et peu de collectivités locales ont choisi la filière locale et le circuit court constatent les jeunes dirigeants qui citent Tomblaine et Saint-Max qui ont investi dans des masques trois plis jetables assemblés par des automates avec une soudure à ultrason.

"On est en capacité de livrer les hôpitaux, les Ehpad, les entrepreneurs, les préfectures, les casernes de pompiers... On peut les livrer en une heure", assure le jeune dirigeant de la start up BMGS, Maxime Bracard, qui a tenté en vain de demander au préfet ou au directeur de la chambre de commerce et d’industrie et Meurthe-et-Moselle, venus visiter sa production, de passer une commande.

Pourquoi avoir transporté ça à l'autre bout du monde ?

C'est un exemple de relocalisation qu'il faut encourager estime le président de la chambre de commerce et d'industrie, François Pélissier : "On a tellement externalisé dans les pays étrangers qu'on n'a plus ni les matières premières, ni le savoir-faire, ni les chaînes logistiques. Ici, on s'approvisionne avec des matières premières venues de l'étranger, de Turquie, mais l'important, c'est qu'on donne déjà les premiers signes de ré-internalisation de ce type de production. Il n'y a rien d'hyper sophistiqué dans ce type de fabrication. Pourquoi est-ce que l’on a transporté ça à l'autre bout du monde ?"

Mais la réactivité se heurte à la réalité et l'ingénieur Nicolas Matusiak croule sous les masques et n’arrive pas à écouler sa production : "Aujourd'hui, tout le monde a du stock : les distributeurs de pharmacies, Auchan, Cora, Leclerc... J'ai rencontré l'ancien maire de Nancy et le nouveau maire de Nancy : ils ont des stocks. Aujourd'hui, je ne rencontre personne en France intéressé par des masques français." 

Start up qui en appelle à l'Etat

Le jeune dirigeant de la start up BMGS, Maxime Bracard, a quelques pistes de ventes à l'étranger, notamment en Afrique, mais n'arrive pas à trouver des clients en France. Lors d’une rencontre avec le préfet de Meurthe-et-Moselle et des représentants de la Cci et des hôpitaux, ce lundi 29 juin, la réponse est la même : tout le monde a ses cartons de masques et François Pélissier de confier qu’il a déjà 200.000 euros de masques destinés aux entreprises en stock qui ne trouvent pas preneurs. 

Et l'avenir de ces machines automatiques, qui soudent les masques en papier avec des ultrasons sur l'aérodrome de Tomblaine, dépend des commandes. 

"Notre stratégie, c'était l'après Covid aussi", confient les jeunes entrepreneurs qui ont réduit leur production : "On est passé de 4 millions à 2 millions de masques par mois. Vous ne pouvez pas dire je vais tout faire pour que l'on puisse améliorer les circuits courts et vous êtes strictement en train de refaire les mêmes erreurs qu'au mois de janvier. Ça, c'est un non-sens total. Ce qui pourrait aller dans notre sens, c'est que chacun joue son rôle", ajoute l’entrepreneur qui espère que des collectivités locales, des administrations ou des industries vont lui passer commande.  

Trois centimes le masque

Les masques fabriqués à Tomblaine sont vendus 25 centimes, contre 24 centimes en importation de Chine affirment les chefs d’entreprises. Un prix de fabrication qui peut descendre à 18 centimes chez la concurrence avec de gros volumes. Et le prix unitaire d’un masque trois plis jetable en papier sera de trois centimes le masque - bien 3 centimes unitaire ! - quand le prix des matières premières aura retrouvé un niveau normal affirme un spécialiste du marché médical présent lors de cette rencontre.  

L’avenir semble très incertain pour les deux automates chinois installés à Tomblaine mais ses créateurs qui ont assemblé les machines et changé toutes les vis chinoises et les moteurs "de mauvaise qualité" espèrent une commande, soit massive, soit régulière, localement ou de l’étranger. Une société dont le siège se trouve à Saint-Nicolas-de-Port et qui était spécialisée dans le matériel médical de cardiologie. La commande par paquet de 10 masques se fait par un simple mail contact@francecardio.fr et c'est plus facile et plus fiable qu'en Chine précise le commercial de la société.

Retrouvez la relance éco tous les matins sur France Bleu Sud Lorraine.

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