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Économie – Social

A Rennes, des propriétaires du centre historique se sentent pris au piège

lundi 24 juillet 2017 à 4:18 Par Romain Romain Pouzin Roux, France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel

A Rennes, les maisons à colombages du centre historique sont parfois en mauvais état et posent des risques importants de sécurité. 63 immeubles sont aujourd'hui visés par un arrêté préfectoral les obligeant à réaliser des travaux. Pour certains propriétaires, cela vire au cauchemar.

Depuis 2013, 63 immeubles sont visés par des arrêtés préfectoraux obligeant les propriétaires à réaliser des travaux.
Depuis 2013, 63 immeubles sont visés par des arrêtés préfectoraux obligeant les propriétaires à réaliser des travaux. © Maxppp - Philippe CHEREL

Rennes, France

La carte postale colle à la peau de Rennes. Pourtant, derrière les façades pittoresques des maisons à colombages du centre historique se cachent parfois des bâtiments en très mauvais état. Pour éviter les drames de ces dernières années, la ville a engagé en 2011 un plan de réhabilitation du secteur avec, à la clé, une aide financière pour les remises aux normes. Quand les propriétaires traînent, la préfecture sort l'arme juridique. Aujourd'hui, 63 immeubles sont visés par un arrêté : la rénovation, sous menace d'expropriation.

Thierry, retraité, a investi dans un studio de la rue Saint-Georges, en 2006. Il l'a rénové puis loué, souvent à des étudiants. Mais la mairie s'est penchée sur le bâtiment. Escalier dangereux, réseau électrique obsolète, toiture à refaire... L'architecte estime le montant des travaux de réhabilitation à plus d'un million d'euros !

La mairie rachète... à des prix très bas

"J'ai acheté cet appartement 75 000€", détaille Thierry. "Même avec les subventions de la ville, je dois débourser autant pour payer ma part de la rénovation du bâtiment". Son studio fait seulement 20m². La facture est beaucoup plus lourde pour l'un des six copropriétaires, qui détient le tiers de l'immeuble. Il doit débourser plus de 250 000€. "Ils nous obligent à faire des travaux mais les prix sont prohibitifs", constate Thierry. Il ajoute: "je me sens pris au piège".

Thierry, propriétaire rue Saint-Georges : "C'est une bonne affaire pour la mairie"

Menacé d'expropriation s'il ne rénove pas, la seule solution est d'accepter le rachat du bâtiment par la mairie. Mais là non plus, Thierry ne rentrera pas dans ses frais. "On me propose de racheter le studio pour une bouchée de pain', déroule-t-il. "Cela ne soldera même pas ce que je dois encore à la banque !". Thierry entend négocier à la hausse. Certains propriétaires se résignent à accepter l'offre, fatigués par des années de bras de fer. Et tant pis pour les pertes financières, qui se chiffreront pour eux à des dizaines de milliers d'euros.

8 immeubles rachetés depuis 2011

"Les prix que nous leur proposons sont ramenés à la valeur de l'immeuble qui nécessite énormément de travaux", répond Fabien Mathoulin, chargé du dossier de cet immeuble à Territoires. Cette société publique mène l'opération de rénovation du centre historique pour le compte de la municipalité. "Si les travaux sont si chers, c'est parce que le bâtiment n'a pas été entretenu depuis des décennies", argue-t-il. "Il est nécessaire de reprendre la structure en bois de l'immeuble, par exemple." Problème supplémentaire : il faut faire appel à des architectes et à des ouvriers spécialisés dans ce genre de chantiers. La facture explose.

Fabien Mathoulin, de Territoires : "On ne peut pas racheter au prix du neuf !"

Depuis le début de l'opération de rénovation du centre historique, 80 bâtiments ont été réhabilités d'après la mairie. Beaucoup de propriétaires ont accepté volontairement de payer les travaux, financés à 27%. Au total, 8 immeubles ont été rachetés par Territoires. Réalisera-t-elle des grosses plus-values en les revendant aux promoteurs immobiliers une fois rénovés, le but dont l'accusent certains propriétaires ? Fabien Mathoulin s'en défend. "On perd plus souvent de l'argent qu'on en gagne sur ces immeubles-là".

Les cartes des immeubles concernés

Le 13 février, la préfecture a pris un nouvel arrêté obligeant 23 immeubles à réaliser des travaux. La carte interactive est disponible en suivant ce lien.

Deux secteurs sont particulièrement touchés : la rue Saint-Michel et la rue Saint-Georges. - Radio France
Deux secteurs sont particulièrement touchés : la rue Saint-Michel et la rue Saint-Georges. © Radio France - Romain Roux

De 2011 à 2016, au total, 160 immeubles se sont engagés dans des procédures de réhabilitation, que ce soit sur la base du volontariat des propriétaires ou sous arrêté préfectoral.

Le phénomène est d'ampleur ! - Aucun(e)
Le phénomène est d'ampleur ! - Projet de rapport sur l'opération de renouvellement urbain, du 27 juin 2016