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Économie – Social

Rennes : l'arrivée officielle d'Uber agace les taxis

mardi 24 avril 2018 à 6:00 Par La rédaction de France Bleu, France Bleu Armorique et France Bleu

Uber a officialisé son arrivée à Rennes mardi 17 avril dernier. L'entreprise de voiture de transport avec chauffeurs (VTC) investit ainsi sa douzième ville en France. À Rennes, l'arrivée de la firme américaine est vue d'un mauvais œil par les taxis.

Pour les taxis, Uber vient faire de la concurrence déloyale. Image d'illustration.
Pour les taxis, Uber vient faire de la concurrence déloyale. Image d'illustration. © Maxppp - Bruno Levesque

Rennes, France

"On est habitué à se battre nous en Bretagne, alors on va se battre, on ne va pas se laisser surpasser par une entreprise étrangère".  Pour Benjamin Petit , vice-président de la chambre syndicale des artisans taxis d'Île-et-Vilaine l'heure est à la mobilisation. Car chez les taxis de Rennes et sa région, pas de doute, l'arrivée d'Uber "risque de générer un manque à gagner." 

Plus grave encore pour Benjamin Petit, certains emplois peuvent être menacés, dont les dix du GIE, le groupement d'intérêt économique qui regroupe 90 taxis sur la ville de Rennes. "Si demain, Uber vient faire baisser l'activité des taxis, cela pourrait générer du chômage car chaque artisan-taxi contribue au fonctionnement du GIE". 

Du côté des usagers, la nouvelle est plutôt bien accueillie "Uber c'est quand même très pratique" explique Gilles, un cadre croisé près de la gare de Rennes justement. "Le fait que l'on sache à l'avance le prix de la course est assez rassurant" avance son collègue. Plus loin, Philippe lui est plus nuancé. "Les taxis ont peut-être peur de disparaître, moi je regarde le prix, mais je devrais sans doute regarder autre chose, notamment le fait qu'Uber paie peu d'impôts en France" tempère-t-il. 

Maraude électronique ?

"Ce que fait Uber est déloyal !" explique Hervé Picard. La raison de sa colère ? La maraude électronique : aujourd'hui, seul les taxis ont le droit de rouler en ville et de pouvoir prendre un client qui les hèle depuis le trottoir. Les Uber n'ont en théorie pas le droit, mais pour Hervé Picard le fonctionnement de l'application Uber pousse les chauffeurs à tourner en ville en attendant une commande sur leur application. "Sans ça, les chauffeurs Uber ne gagneraient pas assez pour vivre". Or, la loi prévoit qu'entre deux courses, un chauffeur Uber doit retourner dans un parking. 

"Il y a une telle demande à Rennes, que nos chauffeurs n'ont tout simplement pas le temps de retourner sur un parking" affirme Raphaël Morel, le directeur du développement d'Uber France.  Pour lui "absolument rien d'illégal", donc. Et d'ajouter "il est strictement impossible de commander un Uber en le hélant depuis le trottoir". 

Tension à Rennes 

La semaine dernière a été ponctuée par des frictions entre taxis et chauffeur Uber. "Il n'y a rien à faire, c'est très dur de discuter avec eux, ils sont assez agressifs" déplore Jean, un chauffeur qui souhaite rester anonyme. "

Les chauffeurs Uber, privilégiés par rapport aux taxis ? "C'est faux", répond Jean, qui explique qu'Uber n'est pour lui qu'un complément de revenus en plus d'autres activités de chauffeur privé". "Uber nous prélève 25% du chiffre d'affaires, si à cela vous déduisez toutes les charges que nous devons payer, il nous reste très peu". "Si en tant que chauffeur Uber je gagne 10 euros après une course, en réalité je ne touche que 3 euros et encore" raconte Jean.  

Jean est catégorique, pas question de parler de concurrence déloyale "les boulangers et les bouchers sont bien en concurrence avec des grandes surfaces" glisse-t-il.  Pour autant, il comprend la colère des taxis "ils ont acheté une licence à plus de 100 000 euros, c'est normal qu'ils se sentent lésés". "Mais ils ne devraient pas s'en prendre aux chauffeurs Uber, on veut juste nourrir notre famille, comme eux" poursuit Jean.

Reportage réalisé par Elie Abergel