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Dossier : Coronavirus Covid-19

Reprendre un restaurant en plein crise sanitaire : une gageure et une rareté

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Par , France Bleu Isère

En pleine crise sanitaire des candidats à la reprise de restaurants plus téméraires que d'autres se sont lancés. Il fallait avoir sacrément la foi et aussi un peu de chance pour trouver l'occasion à saisir.

Cet établissement, avenue Felix Viallet à Grenoble, a été repris en novembre 2020
Cet établissement, avenue Felix Viallet à Grenoble, a été repris en novembre 2020 © Radio France - Laurent Gallien

"On se dit que c'est le destin". A l'entrée de sa pizzeria napolitaine, Nicolas Chan raconte son histoire. Avec sa femme ils ont repris et relancé cet établissement en fin d'année 2020, en pleine deuxième vague de la crise sanitaire. "A la base on voulait partir à l'étranger, explique le jeune entrepreneur, et comme les frontières sont fermées depuis le mois de mars on s'est dit qu'on allait ouvrir un commerce sur Grenoble. Au mois de novembre on a eu une opportunité de rachat du local et les rumeurs, les tendances, c'était une ouverture mi-janvier..."

"On se dit que c'est une superbe aventure qui nous attend"

La suite allait faire mentir la tendance mais malgré les difficultés Nicolas Chan n'a aucun regret. "Au début on s'est dit qu'on allait attendre l'ouverture complète, parce que nous n'avions pas envie de faire une ouverture que sur de la livraison et de la vente à emporter" - parce qu'une pizza c'est quand même bien meilleur quand elle sort du four - "mais après il y a les échéances du loyer, il y a les factures qui arrivent, donc il faut réagir, alors on a ouvert la vente à emporter". Des débuts sur un fil, pour un établissement créé après le début de la crise et qui n'a donc droit à aucune aide. Heureusement le couple a trouvé une banque pour le suivre. 

"C'était un peu compliqué mais oui, on a trouvé une banque qui a cru en notre projet, explique Nicolas Chan. "Pas tout de suite : elle a attendu quelques mois d'activité et au vu des bons chiffres elle nous a suivi".  Et le démarrage en terrasse, même si elle n'est pas très étendue, est également de bon augure. "On se dit que c'est une superbe aventure qui nous attend. Là on a commencé par le plus dur. Nous si on fait ce métier c'est vraiment pour accueillir les clients et le meilleur est à venir". 

Des étincelles dans un marché du local commercial plutôt plat en volume

En pleine crise Nicolas Chan et sa femme ont-ils fait une bonne affaire ? "Le marché a baissé un peu effectivement donc on en a aussi profité". "Il n'a pas tant baissé que ça, explique Sylvain Michalik, président en Isère de la FNAIM Entreprises, mais le volume des transactions oui". Selon ce spécialiste de l'immobilier d'entreprise, le marché de l'immobilier commercial a été marqué depuis un an par l'attentisme, tant d'acquéreurs en manque de visibilité, que d'exploitants actuels qui "préfèrent attendre plutôt que de vendre à la casse". Bien aidés en cela par les dispositifs mis en place par l'Etat, qui maintiennent quelque peu à flot. Les gens comme Nicolas Chan s'inscrivent donc à la marge dans le paysage et les effets d'aubaine sont restés rares depuis mars 2020. 

Quel prix pour un commerce sans chiffre d'affaire ?

Ils devraient être plus nombreux dans les mois qui viennent, parce qu'avec la fin de la crise viendra la fin des aides et que tout le monde ne tirera pas à nouveau ses marrons du feu. "L'économie a continué à évoluer, explique Sylvain Michalik, le e-commerce continu à prendre des parts de marché, un certain nombre de commerçants ont réussi à s'adapter, en modifiant leur activité mais il y aura des gagnants et des perdants". Ces derniers pourraient bien être "les gens qui n'ont pas su s'adapter pendant la crise ou qui l'ont laissée glisser...". 

Avec cette grand question derrière : quelle est la valeur d'un commerce qui a eu très peu, voire pas du tout, de chiffre d'affaire pendant un an ? "Les acquéreurs cherchent un certain taux de rentabilité donc si on ne sait pas quelle est la rentabilité du commerce il est difficile de mettre un prix en face". Du flou encore.

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