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Restaurants, bars, salles de sport : "nous sommes des moutons qui attendons pour l'abattoir"

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Par , France Bleu Auxerre

"Laissez-nous travailler pour vivre !" peut-on lire sur la banderole. Restaurateurs, cafetiers et patrons de salles de sport se sont rassemblés devant la préfecture ce mercredi après-midi pour demander à "travailler" et pouvoir de nouveau ouvrir leurs établissements.

Plus d'une centaine de patrons et salariés ont  manifesté pour demander le droit de rouvrir les restaurants, bars et salles de sports ce mercredi à Auxerre.
Plus d'une centaine de patrons et salariés ont manifesté pour demander le droit de rouvrir les restaurants, bars et salles de sports ce mercredi à Auxerre. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Ce mercredi après midi un peu plus d'une centaine de personne s'est réunie devant la préfecture de l'Yonne à Auxerre. Un rassemblement à l'appel de l'UMIH 89 (Union des Métiers des Industries de l’Hôtellerie), de la CPME 89 (Confédération des petites et moyennes entreprises)  et France Active (syndicats représentant les salles de sport privées). Qu'ils soient patrons ou salariés, tous demandent à pouvoir retravailler car la situation de certaines entreprises est tout simplement critique. 

_"Des suicides, c'est ce que nous redoutons le plus" confie Emmanuelle Miredin, Secrétaire générale de la CPME. "On a des restaurants qui n'avaient même pas de quoi acheter des denrées pour faire de la vente à emporter"._ Il faut dire que le second confinement touche de plein fouet le secteur. Les restaurants pourraient ouvrir le 20 janvier, tandis qu'aucune date n'est fixée pour les bars et discothèques (fermées depuis le printemps dernier). 

" Laissez-nous travailler pour vivre " on demandé les patrons et salariés de bars, restaurants et salles de sports de l'Yonne ce mercredi devant la Préfecture.

"C'est sûr qu'il y a 20 ou 25% des gens qui vont y passer et peut-être que j'en ferais parti !"

Les règles du déconfinement et ses trois étapes ont été synonymes de douche froide pour Eric moutard, président de l'UMIH, syndicat des métiers de l'hôtellerie-restauration dans l'Yonne. "J'attendais le mois de décembre, qui est mon cinquième mois de l'année, pour tout péter. Moi j'étais persuadé qu'on allait ouvrir le 15 décembre et là je ne suis pas persuadé qu'on va ouvrir le 15 ou le 20 janvier ! " explique celui qui gère une brasserie à Auxerre avant de conclure "C'est sûr qu'il y a 20 ou 25% des gens qui vont y passer et peut-être que j'en ferais parti !" 

Les difficultés de l'hôtellerie-restauration ricochent sur nombre d'autres entreprises à commencer par les fournisseurs et les producteurs comme le Président de la CPME dans l'Yonne, Olivier Tricon, lui même vigneron à Chablis. "Sur un an il y a eu six mois de fermeture comment voulez-vous que des entreprises puissent se relever ? Il y a aussi des problèmes que l'on voit apparaître dans d'autres métiers comme le mien parce que ce sont des bouteilles de vins qui ne sont pas consommées" explique le vigneron qui conclut "Tout ça c'est un château de cartes qui s'éboule"  

"Nous sommes des moutons qui attendons pour l'abattoir" 

Installée à Nitry, Marie-Annick Lenoble est responsable de l'auberge de la Beursaudière. Pour il n'y a qu'une solution possible : autoriser le secteur à reprendre le travail. Certes, son établissement a fait une bonne saison cet été mais ça ne rattrape pas tout "_On est à la limite si on continue de payer des frais fixes pendant encore un mois ou deux on ne pourra pas tenir" résume-t-elle.  "On aurait pu demander plus de compensation à l'Etat, on en a demandé, ça a été refusé" et puis c'est sans compter sur les assurances "les gros groupes ne jouent pas du tout le jeu !" ._ La patronne met des mots sur ce que beaucoup ressente ici : le manque d'écoute, le sentiment d'abandon, l'impression d'être spécifiquement visés par les mesures gouvernement : "Nous sommes des moutons qui attendons pour l'abattoir" lance Marie-Annick Lenoble.

"On s'inquiète pour eux !" 

Aux côtés des patrons et de leurs salariés il y avait également des clients ce mercredi après-midi. Un geste fort souligne Eric Moutard. Céline et Edwige sont venues pour soutenir leur salle de sport. Pour les deux jeunes femmes c'est l'incompréhension "On s'inquiète pour eux ! " assure Céline, tandis qu'Edwige abonde : "Dans notre salle ils ont mis tous les protocoles en place dès le départ. Il y a une hygiène irréprochable à la base mais ce protocole a rajouté un coup financier supplémentaire sans pour autant l'impacter sur nos adhésions et quand on voit ce qu'il se passe à la réouverture dans certains magasins, c'est rageant !" souligne Edwige. A l'issue de la manifestation une délégation a été reçue en préfecture. 

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